Le hackathon #HackRisques

Le Vendredi 18 novembre 2016
Comment mieux prévenir les risques naturels. Inondations, submersions marines, orages, tempêtes, feux de forêt, séismes, cyclones, éruptions volcaniques… Chaque année ces événements ponctuent l’actualité, amenant avec eux leurs lots de décès, de blessés et de destruction de biens collectifs et individuels. Si les procédures sont nombreuses pour palier à ces risques, leur prévention et leur gestion doivent sans cesse s’améliorer, en s’appuyant notamment sur les évolutions technologiques et les nombreuses données recueillies.

Cette démarche, qui s’inscrit dans le cadre de la communauté Greentech verte, vise ainsi à rassembler scientifiques, organismes publics, acteurs privés, citoyens, associations, jeunes pousses et étudiants pour un week-end d’innovation.

Les lauréats #HackRisques

Le premier prix a été décerné à Wintdo (What I need to do ?). Wintdo est un service intégrable dans des applications déjà installées pour prévenir la population des risques imminents. Il intègre une analyse fine du territoire et de sa population pour communiquer, via des SMS, notifications, réseaux sociaux, objets connectés, la conduite à tenir en cas de risques majeurs.

Le deuxième prix a été décerné à GreenRisk. Il s’agit d’un outil d’évaluation de la résilience des entreprises, collectivités territoriales en cas d’aléa naturel majeur. Il permet de documenter, auto-évaluer et faire certifier leur niveau de management de la résilience aux risques naturels.

Le troisième prix a été décerné à Be waste resilient. Be waste donne aux décideurs une vision claire et précise des coûts financiers et temporels liés à la gestion des déchets post catastrophe.

Par ailleurs, le jury a décerné une mention spéciale pour le projet Safer. Dans l’urgence d’une crise, Safer aide les décideurs à prendre les bonnes décisions. La plateforme les alerte et centralise les informations sur le risque en temps réel. Ils peuvent alors prendre les bonnes décisions, prévenir les citoyens et organiser les secours.

Enfin, au vu de la qualité des projets, le jury a souhaité encourager également deux équipes.

Spectre qui propose un outil qui se présente sous forme d’extension sur votre navigateur et sous forme d’application mobile qui se met automatiquement en alerte lors des catastrophes (tremblements de terre, canicules, séismes, inondations...). Les populations les moins touchées peuvent ainsi visualiser sur une carte ceux qui ont été les plus touchés, et leur venir en aide.

Biorisques qui a présenté une application accessible à tous les publics en lien avec les sites GéoRisques, Météo-France, les PLU et Géoportail. Elle propose des outils de visuels pédagogiques adaptés à différents publics, y compris scolaires.

Les défis #HackRisques

Le barcamp #HackRisques

Lors d’un rendez-vous de travail collaboratif, le ministère a réuni acteurs privés, associations, citoyens, organismes publics, jeunes pousses et étudiants. Neuf défis ont été collectivement identifiés. Ils ont guidé les travaux des participants au hackathon. Ces défis ne sont pas limitatifs : les développeurs peuvaient proposer d’autres innovations, pour autant qu’elles restaient en rapport avec la prévention et la gestion des risques naturels.

Défi 1 - Quelles informations extraire des mouvements de populations ?

L’identification de ces mouvements et leur exploitation pour améliorer la sécurité des personnes en cas de situation à risque

Problématique

La connaissance des mouvements de population en situation de crise permet d’identifier des zones à risques (combinaison des risques naturels et des risques technologiques et humains qui en résultent) et de proposer des itinéraires d’évitement. Il conviendra avertir individuellement toutes les personnes concernées par les situations de danger.

 

Défi à relever

Il convient de travailler à plusieurs niveaux :

  • La prévention qui nécessite de travailler sur la résilience des territoires, y compris la mémoire des événements passés, l’analyse des sinistres, l’urbanisation des zones à risques au regard des mouvements de population.
  • La prévision qui nécessite de localiser les populations situées ou se dirigeant vers des zones de danger. En amont, une compréhension fine des habitudes comportementales des personnes en cas de risques.
  • La gestion des secours avec des outils et des intervenants spécifiques (zones de défense, élus, pompiers...)

Données

  • Les informations en provenance de capteurs permettent d’identifier les mouvements de population : comptages de véhicules, taux d’occupation des transports en commun, de co-voiturages, d’applications telles que Waze, d’images satellites, de drones, d’objets connectés...
  • La localisation des smartphones, des échanges sur les réseaux sociaux ainsi que les réseaux de caméras de surveillance et webcam.
  • Les antennes de téléphones mobiles fournissent également des données de flux.

Idées de projets

  • Déterminer les flux de populations par intégration des informations en provenance des antennes des opérateurs téléphoniques.
  • Envoyer individuellement aux détenteurs de smartphones des messages individualisés sur la survenue d’un risque.
  • Travailler sur l’information préventive en exploitant les données de positionnement, de mouvement de population face à des types de dangers dans le cadre d’une approche multi-risques (intersection entre inondation, surcote marine).
  • Développer une application de services d’individu à individu en période de crise pour échanger des conseils, des infos, des demandes d’entre-aide.
  • Engager les individus à échanger des informations localisées également à destination des services de prévision et de gestion de crise (envoi de photos, de vidéos...).
  • Développer des outils de cartographie des mouvements de population en temps réel.
  • Croiser les données sur localisation des services publics (écoles, hôpitaux...) avec les zones de prévisions d’aléas pour évaluer des risques et informer les établissements.
  • Croiser les données de trafic routier avec les plans communaux de sauvegarde dans les zones à risques pour adapter la signalisation ou prendre des mesures (préventives...).

Défi 2 - Comment rendre accessible au plus grand nombre la connaissance de l’aléa et les moyens de prévention ?

Problématique

Les citoyens, tout particulièrement les populations vulnérables (enfants, touristes, nouveaux arrivants...), ont aujourd’hui une méconnaissance des aléas et enjeux/conséquences qui en découlent.

Ceux qui ont déjà la connaissance des mesures de prévention et de sécurité doivent faire face au facteur comportemental qui surgit au moment de l’événement et qui affecte leur perception du risque (par exemple, lors d’une inondation, ils savent qu’ils doivent s’abriter mais vont descendre dans leur garage afin de sauver leur voiture).

Par ailleurs, n’a-t-on jamais entendu : «ce n’est pas mon problème !» ? Le «risque» n’est pas une problématique porteuse : il génère plus un rejet qu’une adhésion au regard de son caractère anxiogène et éloigné du quotidien. Toutefois, lors de la survenue d’un événement majeur, les personnes deviennent concernées et sont à la recherche d’informations auprès de relais, comme les institutions proches : maire, associations locales, médias locaux, structures locales...

 

Défi à relever

  • Comment constituer une base de connaissance compréhensible par tous et adaptée aux spécificités de chaque territoire en amont puis exploitable au moment de la survenue d’un événement ?
  • Quels types d’événements, d’outils, de campagnes de sensibilisation mettre en place, sur quel support ?
  • Comment diffuser une culture du risque sans être trop anxiogène ?

Données

  • Ensemble des données aléas sur les risques : BDHI, données historiques des cartes et bulletins de vigilance (MétéoFrance, Vigicrues), SisFrance (BRGM, EDF, IRSN).
  • Données sur les territoires : cartes IGN, traits de côtes.
  • Bluemix (Watson IBM)
  • Plans de prévention des risques propres à chaque territoire (PPRN, PLU...)

Idées de projets

  • Fédérer l’ensemble des acteurs locaux (mairies, écoles, associations, presses locales) autour d’un projet de bases de connaissance afin de les associer à la démarche d’information.
  • Outils de simulation ludiques (serious game) : vidéos, infographies sur les comportements à adopter ou à éviter en cas d’apparition d’un risque.
  • Outils de simulation de réalité virtuelle ou augmentée simulant une situation de catastrophe.
  • Site web sur l’histoire des risques dans une région, quiz sur les risques.
  • Application qui explique les gestes qui sauvent par aléa et utilisable au moment nécessaire.
  • Application sur smartphone qui prévient les personnes suivant leur localisation, et l’intensité de l’aléa du phénomène.
  • Mise en place d’outils d’intelligence artificielle pour aider à la prise de décision pour les élus, les autorités publiques...
  • Développer et rendre plus accessible l’information préventive.

Défi 3 - Quels outils de gestion des risques pour les décideurs ?

Problématique

Il existe sur le marché des outils de gestion des risques, mais ces outils ne sont pas satisfaisants car multiples, non dynamiques, non évolutifs et peu partagés. Les diagnostics sont imparfaits, car les modèles sont figés et n’intègrent pas les évolutions des territoires et des risques. En termes de management du risque, la prise de décision est rendue difficile du fait du fonctionnement en silo avec un manque d’interopérabilité entre les différents acteurs, du contexte d’incertitude, et en regard de la pression économique.

Les élus et représentants de l’État disposent de niveaux d’informations hétérogènes sur les risques naturels. De plus, ils interviennent tous à des niveaux de décision variés quant à la gestion et à la prévention de ces risques. Il est aujourd’hui nécessaire de structurer les informations afin de faciliter leur remontée et leur traitement. Plus largement, tous les acteurs de la société civile devraient être impliqués dans la gestion et la diffusion des informations.

 

Défi à relever

  • Comment structurer la gestion des données entre les différents acteurs ? Comment normaliser et harmoniser l’ensemble des bases de données ?
  • Comment anticiper et identifier les crises à venir et apprécier leurs évolutions tendancielles ?
  • Comment diffuser des alertes en cas d’anomalie détectée sur les hypothèses qui ont servi à une décision, par rapport à des tendances ou à des changements détectés par des outils d’observation ?
  • Comment cartographier le risque heure par heure en chiffrant les impacts (sur population, économie, coûts...) avec évaluation de la criticité et de son évolution ?
  • Comment répercuter les décisions prises pour améliorer leur mise en œuvre à tous les niveaux nécessaires ?
  • Comment mieux diffuser l’information afin que l’ensemble des acteurs disposent du même niveau d’information ?
  • Quelle contribution du citoyen ?

Données

  • Ensemble des données structurées métier : BDHI, données historiques des cartes et bulletins de vigilance (MétéoFrance), SisFrance (BRGM, EDF, IRSN).
  • Plans de prévention des risques propres à chaque territoire (PPRN, PLU, PPRI...).
  • Ensemble des données structurées sur les territoires : Vigicrues, traits de côtes, référentiels géographiques RGE...
  • Données non structurées issues des réseaux sociaux ou autres collaboratives.
  • Bluemix (Watson IBM).

Idées de projets

  • Développer des conceptions intégrées de systèmes de gestion des risques (incluant les flux d’infos).
  • Créer un «BIM de la gestion des risques», c’est-à-dire la création d’un modèle/outil/processus intelligent pour aider à prendre les meilleures décisions concernant la gestion des risques et les communiquer. Une solution qui permet aux différents acteurs de modéliser, visualiser, simuler et collaborer plus facilement tout au long de la gestion du risque (avant, pendant et après). Algorithme d’intelligence artificielle pour évaluer et alerter les acteurs publics, mairies, citoyens...
  • Développer un outil systémique, dynamique, transposable sur tout territoire, évolutif, comprenant : un système d’observation, d’acquisition de données ouvert multi-capteurs (y compris le citoyen) en mode collaboratif, un système de visualisation 4D permettant de plus de projeter les tendances, et un outil de synthèse permettant la décision avec des profils différents selon acteurs ou décideurs.
  • Un réquetteur unique de toutes les données existantes (structurées et non structurées) en mode évolutif temps réel avec une simplification du mode d’analyse et raccourcissement du circuit de décision. Plateforme en mode Saas, multi-sujets et maillée commune par commune.
  • Module en ligne d’éducation des décideurs / élus locaux / personnes exposées aux risques.
  • Wikipédia intelligent (consolidation des contenus PCS, PPRI, SLGR, PAPI).
  • Améliorer les outils d’aide à la réalisation des outils de préventions tels que les plans de préventions des risques naturels, plan communaux de sauvegarde et programmes d'action de prévention des inondations.

Défi 4 - Comment mobiliser la multitude au service de la prévention des risques naturels ?

Problématique

La politique publique de prévention des risques doit tirer parti des avancées technologiques dans le domaine du numérique. Les aires de progrès sont en effet nombreuses en matière de prévention des risques, et appellent notamment une démarche collaborative plus efficace entre les parties prenantes – individus, entreprises et services publics, locaux comme nationaux – avant, pendant et après la survenance d’une situation à enjeux.

Avant : développer une culture du risque et une posture «vigilante» est fondamental au niveau des personnes et des entreprises. Il faut trouver moyen d’éviter que les conséquences des aléas ne s’effacent de la mémoire collective.

Pendant : il faut pouvoir disposer des bonnes informations pour gérer les risques (exemple : capteurs qui restent opérationnels lors d’une crue rapide)

Après : le maire est le recours après crise. Il participe à la canalisation et coordination de la solidarité citoyenne.

Le numérique intervient dans chacune de ces phases.

 

Défi à relever

  • Comment faire adhérer les citoyens à un dispositif de prévention des risques ?
  • Comment inciter la souscription à un dispositif national ?
  • Comment renforcer le système d’information et d’observation ?
  • Comment consolider des informations multiples et hétérogènes, issues de sources diverses (radio, presse, réseaux sociaux...) ?
  • Comment pallier aux défaillances du système d’informations (rumeurs, mauvaises infos...) ? Comment lutter en particulier contre les rumeurs ?

Données

  • Schapi, Météo-France (base climatologique, flux vigilance, sorties de modèle,...), Orange/données flux vision, assureurs, données cartographiques IGN, zonage des PPRI.
  • Réseaux : PAPI, Twitter, Facebook, le portail de services en réseau social à construire entre toutes les parties prenantes pour la prévention des risques naturels, portail de services organisés en réseau social de l’ensemble des parties prenantes.
  • Savoir-faire : outil alerte attentat (retour d’expérience et code), Notico.
  • Technologies : capteurs sur les smartphones (humidité, pression), Big Data et technologies IOT, web services
  • Acteurs clefs : ministère, Météo-France, IGN, BRGM, Etalb, Orange, EDF, Enedis, Dreal, collectivités, RST, assureurs, ONRN, entreprises, observatoires régionaux ou par bassin.

Idées de projets

  • Mobilisation d’outils de type «réseau sociaux».
  • Tisser un lien avec les personnes concernées par un risque en amont de la survenue des aléas, via les médias, des applications pour smartphones...

Défi 5 - Gérer le multirisque

Problématique

Les territoires présentent une grande diversité des aléas. La présentation par risque ou par thématique perpétue un contexte de «silos» qui empêche la gestion du multirisque par l'habitant ou le responsable. Le croisement des informations n’est pas systématisé.  On peut perdre des informations telles que les prévisions de défaillances de réseaux de communication, électriques, alimentation en eau. A contrario, l'information multi-risque non hiérarchisée peut saturer les décideurs et retarder ainsi le déclenchement d’actions correctives pour réduire les effets des aléas.

 

Défi à relever

  • Comment mieux intégrer l’ensemble des risques dans leur multitude pour prendre une meilleure décision, notamment à des fins d’aménagement du territoire ? Information de l'usager en matière de multi-risques ?
  • Comment rendre intelligible l’ensemble des données disponibles en vue de l’assistance à la prise de décision sans submerger l’usager ? Le décideur est défini ici comme étant tout un chacun.

Données

  • Données de description du territoire (habitations, routes, services publics à enjeux (hôpitaux...).
  • Cartographies des aléas connus : inondation, séisme, mouvements de terrain, feux de forêt, cyclones, volcanisme.
  • Planification des mesures de prévention des différents aléas.
  • Données démographiques.

Idées de projets

  • Sélectionner les informations pertinentes, adaptées aux risques présents, tout en les rendant intelligibles et rapidement utilisables.
  • Envoyer une notification en cas de catastrophe naturelle à l'usager présent dans une zone à risques tout en conservant l'objectif de ne pas le saturer.
  • Mobiliser de nouvelles technologies, notamment de visualisation (réalité virtuelle ou augmentée), pour permettre une meilleure prise de conscience de la superposition spatiale de dangers et de leurs possibles interactions.
  • Valoriser ces développements à des fins d’éducation sur les risques et notamment le multi-risque.
  • Mettre à profit les différentes bases de données dynamiques «silotées par risques (tempêtes, crues...)» pour envoyer une/des notification(s) en cas d’apparition de risque(s) à proximité de l’usager ou en certains points d’intérêt prédéfinis par lui.
  • Intégrer le flux de données dynamiques pour envoyer des notifications au moment approprié (où et quand envoyer une notification ?).
  • Enrichir cette information «centralisée» par la collecte et diffusion d’information partageables entre utilisateurs au contact direct des effets des risques considérés.
  • Mobiliser les nouvelles technologies pour conserver la mémoire des événements passés en vue d’une meilleure préparation.
  • Permettre un fonctionnement hors-réseau, indispensable pour certaines catastrophes telles qu’avalanches, effondrements d’immeubles ou, plus généralement, dysfonctionnement des réseaux de communication.

Défi 6 - Comment mobiliser l’entraide entre les habitants ?

Problématique

L’entraide entre habitants est un levier efficace et valorisant pour tous. Cette entraide solidaire doit cibler les habitants permanents ainsi que les gens de passage (touristes, travailleurs). Les établissements publics ainsi que toutes les associations et commerce de proximité doivent être les relais de l’entraide.

Les enjeux concernent tous les risques. L’entraide doit permettre de sauvegarder les personnes (risque vital et psychologique), leurs biens matériels et couvre toute la temporalité du traumatisme jusqu’à retour à la vie normale. On constate souvent des moyens humains publics insuffisants avant, pendant et après la catastrophe (soutien psychologique). Les moyens physiques (logements de secours) sont la plupart du temps saturés, et la vitesse de mise en œuvre des moyens est généralement insuffisante.

 

Défi à relever

  • Comment disposer de relais locaux efficaces pour former, informer et sensibiliser ?
  • Comment inventorier localement les compétences (secouristes, médecins, formateurs...) ainsi que les moyens privés des populations elles-mêmes (logements, véhicules...) ?
  • Comment préparer, animer et mettre en œuvre ces compétences et ces moyens en cas d’alerte ?

Données

  • Données cartographiques IGN, météorologiques (alertes fortes ou moyennes).
  • Données de simulations locales pour faire comprendre les impacts sur zones.
  • Données historiques.
  • Données d’analyses mots-clés réseaux sociaux, signaux faibles sur réseaux sociaux...
  •  

Idées de projet

  • Se donner les moyens de construire et mettre à jour la base de données «engagement solidaire citoyen».
  • Création de la plateforme nationale d’entraide plurielle.
  • Développer l’engagement individuel civique.
  • Fédérer l’existant : associations voisinage, formation, entraînement (serious game, brevets secourisme...)
  • Créer une animation régulière en période «normale». Mobiliser l’offre et la demande (services à la personne). Source d’auto-financement : publication des offres de service à la personne des fournisseurs.
  • Mettre sous tension les initiatives locales en cas d’alerte. Relais de communication locale. Mise œuvre des dispositifs citoyens (assistance premiers secours aux personnes, propositions de logements, véhicules...). Mesure de l’intensité de la crise : remontée d’informations en temps réel aux cellules officielles.

Défi 7 - Produire et diffuser une alerte tenant compte de la vulnérabilité de chaque citoyen. Le recours aux outils et services cartographiques ?

Problématique

En cas d’inondation ou tout autre événement météorologique, que cela soit sur le vif ou dans l’après, le système d’urgence et d’alerte est souvent insatisfaisant, car trop déconnecté d’une réalité de terrain. La prise de conscience vis-à-vis risque n’est pas toujours effective et l’information ne tient pas suffisamment compte du contexte géographique de chacun.

Cette absence de parallèle entre contexte météorologique et contexte géographique empêche toute avancée significative, alors même qu’un tel croisement permettrait de pousser des informations très précises et fines aux populations à alerter.

La cartographie fait partie des outils de data-visualisation incontournable pour expliquer aux publics des informations attachées aux territoires, et en même temps cette donnée présente une complexité forte pour être correctement comprise : un individu qui n’a pas les connaissances nécessaires pour interpréter ces outils cartographiques est en difficulté pour extraire les informations utiles et pertinentes. Il apparaît indispensable de pouvoir traduire l’information cartographique en un message clair interprétable par tout individu.

 

Défi à relever

  • Comment accéder rapidement à des informations sur l’évolution en temps réel d’un risque en cours ou imminent, qui soient fiables, facilement interprétables et personnalisées en fonction de la position d’un individu (et de ses déplacements) ou de celle d’une tierce personne ?
  • Comment transmettre aux individus un message simple, facilement et rapidement interprétable sur le comportement à adopter face à un risque naturel imminent ou en cours (en particulier les risques à cinétique lente qui permettent d’avoir le temps de traiter toutes les informations disponibles), à partir de l’analyse d’une multitude de données cartographiques ou non (données de capteurs) de sources hétérogènes ?
  • Comment mieux tenir compte du contexte de chacun ?
  • Comment mieux faire dialoguer les riverains et les décideurs ?
  • Comment normaliser la diffusion d’une alerte ?
  • Comment s’adresser directement au citoyen ?

Données

  • Données des assureurs.
  • Paramètres physiques en temps réel sur l’aléa en cours (Météo France, SCHAPI, BRGM...)
  • Données des opérateurs téléphoniques pour une géolocalisation automatique des individus de la zone impactée par l’aléa.
  • Modèles prédictifs de prévention à partir des modèles sur l’aléa et alimentation en continu de ces derniers.
  • Les données relatives à la disponibilité des réseaux de transports.
  • Les cartes de vulnérabilité et d’aléa.
  • La localisation des personnes.
  • Les cartes d’enjeux.

Idées de projet

  • Créer un système d’alerte personnalisé.
  • Proposer des conseils sécurité.
  • Acturisques, l’information sur les risques en temps réel : solution mobile en temps réel avec envoi de messages personnalisés, en fonction de la géolocalisation d’une personne (position et/ou déplacement(s)), apportant des informations en temps réel sur le risque (sous forme d’un géo-rapport qui contextualise le risque) et sur le comportement à adopter (sous forme de fiches réflexes).
  • Réseau participatif d’alerte et de co-production de l’information préventive se fondant sur les technologies SIG
  • Créer une plateforme d’avertissement par messagerie : inscription et réception de messages en cas de crise dans la zone.

Défi 8 - Quels outils pour améliorer la résilience des territoires ?

Problématique

Les grands opérateurs publics et privés des territoires (énergies, télécommunication, transport, services publics) disposent de données concernant leur vulnérabilité. Néanmoins, ces données ne sont pas partagées et ne permettent pas d’évaluer l’effet domino en cas de crise (ici une crue). Les interdépendances ne sont pas connues, ce qui peut biaiser la gestion de crise des opérateurs.

 

Défi à relever

  • Sous quelle forme pourraient être mises en commun les données ?
  • Quel est le niveau de connaissance de chaque opérateur pour sa propre vulnérabilité ? Chaque opérateur est-il capable d’estimer le délai de retour à la normale de ses opérations ?
  • Comment croiser les données pour estimer les interdépendances de chaque acteur ?

Données

  • Privilégier les données orientées vers l’interdépendance et la résistance à la vulnérabilité de chaque opérateur.
  • Croiser avec les données de crues disponibles.

Idées de projet

  • L’idée repose du la mise en place d’une plateforme collaborative entre opérateurs qui intègre des modélisations de défaillance de son réseau pour un phénomène donné ainsi que les interdépendances avec les autres opérateurs. Ainsi, chaque acteur pourrait renseigner à partir de quel niveau de crue son service est défaillant, et à partir de quel seuil il est capable d’offrir un service dégradé dans l’attente du retour à la normale.

Défi 9 - Sensibilisation des populations et élus aux conséquences d’événements naturels, en particulier dans la sphère du traitement des déchets

Problématique

Chaque aléa amène son lot de déchets plus ou moins dangereux et polluants (gravats, voitures, meubles, produits ménagers et autres polluants...). Au-delà du danger de ces déchets en cours de crise (pollution, errance sur les flots...), leur gestion représente après la crise une charge financière considérable pour les collectivités concernées (parfois l’équivalent de plusieurs années d’investissements).

Ces déchets peuvent perturber le fonctionnement de la circulation des personnes et des informations (capteurs et réseaux défaillants ou non disponibles).

Les élus et les collectivités se retrouvent souvent pris au dépourvu face à des situations d’urgence : les déchets passent donc au second plan alors que leur traitement est essentiel à la résilience des territoires. Quant aux citoyens, ils ne sont pas forcément familiers des bonnes pratiques à avoir en termes de gestion des déchets dans ces situations qui sortent de l’ordinaire.

 

Défi à relever

  • Comment mieux anticiper les volumes de déchets à collecter ?
  • Comment mieux sensibiliser en amont les citoyens et les décideurs sur le traitement des déchets ?
  • Comment mieux évaluer les coûts pour la collectivité ?
  • Comment sensibiliser les habitants et acteurs du territoire concerné pour limiter les volumes de déchet en cas d’aléa, notamment en période de crues ou fortes pluies ?
  • Comment, pour les décideurs locaux, anticiper les volumes, poids et coûts d’élimination auxquels il faut s’attendre lors de ces événements ?
  • Comment offrir à ces décideurs un outil qui leur permette de mettre en place un plan ou une stratégie de gestion de la crise et de l’après crise sur ce sujet ?

Données

  • Corine Land Cover.
  • Sitadel.
  • Repères de crue.
  • Localisation et capacité des centres de traitement ou d’enfouissement de déchets.
  • Nombre, capacités et coût d'opération des camions de collecte des municipalités et des acteurs privés.
  • Cartographie des routes voies de communication pour relier les points de collecte.
  • Abaques et informations sur les coûts types des infrastructures en place.

Idées de projet

  • Créer un outil qui donne aux décideurs des évaluations de volumes de déchets et des coûts associés pour leur gestion (coût de l’inaction face au coût des investissements en amont possibles), selon les territoires et les circonstances et dans lequel ils peuvent imaginer des scénarios pour coordonner la gestion de ces déchets (organigrammes, réactions différentes selon des scénarios...).
  • Lexique à destination des responsables de collectivités et entreprises sur les types de déchet dont il faut s’occuper lorsque la crise est imminente : recensement et identification de certaines catégories de déchets/produits à mettre en sécurité.

Le hackathon #HackRisques

Inondations, submersions marines, orages, tempêtes, feux de forêt, séismes, cyclones, éruptions volcaniques… Chaque année ces événements ponctuent l’actualité, amenant avec eux leurs lots de décès, de blessés et de destruction de biens collectifs et individuels. Si les procédures sont nombreuses pour palier à ces risques, leur prévention et leur gestion doivent sans cesse s’améliorer, en s’appuyant notamment sur les évolutions technologiques et les nombreuses données recueillies.

Cette démarche, qui s’inscrit dans le cadre de la communauté Greentech verte, vise ainsi à rassembler scientifiques, organismes publics, acteurs privés, citoyens, associations, jeunes pousses et étudiants pour un week-end d’innovation.

L’objectif ? Tirer parti des données ouvertes à l’occasion de ce hackathon par le ministère et ses partenaires pour développer des dispositifs de prévention et de gestion des risques à même d’améliorer la diffusion de l’information avant, pendant et après la survenue d’une catastrophe naturelle et, in fine, faire en sorte que les citoyens adoptent les bons comportements face aux risques.

Une attention toute particulière a été portée par le jury au caractère innovant et original des projets. Tous les projets et plus précisément ceux préexistants au hackathon devront être en mesure de démontrer l’apport concret des données ouvertes par le ministère et ses partenaires. 

S’appuyant sur l’expertise et les ressources des partenaires du ministère (BRGM, CCR, EPTB, IBM, IFF-ORME, IGN, INERIS, Météo-France, Ministère de l’intérieur, MRN ONRN, Orange, Enedis), de nombreux jeux de données originaux ont été rendus accessibles pour l’occasion avec l’appui d’Etalab. Les participants auront notamment à disposition :

  • Plus de 100 jeux de données et bases de données permettant une approche véritablement multirisque : Vigicrues, Géorisques, occupation des sols, données météorologiques de Météo France...
  • Un accès gratuit à la plateforme Bluemix d’IBM qui utilise la puissance de l’intelligence artificielle Watson pour par exemple croiser des jeux de données ou encore effectuer des calculs gourmands en ressource.

Pour plus d’informations sur l’ensemble de ces données, vous pouvez visionner librement les data sessions sur la vulnérabilité des territoires et les nouveaux outils de prévention des risques temps réel ou vous rendre sur la plateforme GitHub afin de découvrir les premiers jeux de données ouverts.

    Des dotations en numéraire ont été attribuées aux 3 lauréats par le ministère :

    • 1er prix : 3000 euros.
    • 2ème prix : 2000 euros.
    • 3ème prix : 1000 euros.

    Les lauréats ont bénéficié également d’une valorisation de leurs projets au travers :

    • D’une communication portée par le ministère et ses partenaires
    • D’un accès privilégié à l’incubateur du ministère dépendant du type de données traitées et de la nature du projet.

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