Les autoroutes ferroviaires

Le Mardi 10 avril 2018
Les autoroutes ferroviaires sont des services de transport de semi-remorques par le train sur les lignes existantes. Ces services de transport trouvent particulièrement leur pertinence sur les longues distances (plus de 600 km) ou le franchissement d’obstacles (Alpes, Manche …).

Appel à manifestation d'intérêt des acteurs intéressés par l’exploitation de services d’autoroute ferroviaire (ferroutage) sur les axes Atlantique et Méditerranée

Deux consultations sont réalisées dans le cadre de la coopération entre la France et l’Espagne pour le développement des services d’autoroute ferroviaire/ferroutage. Elles s’adressent aux acteurs intéressés par la mise en place de services d’autoroute ferroviaire (ferroutage).

Elles concernent des itinéraires du Nord-Ouest (Vitoria) et de l’Est de l’Espagne (Valence-Murcie) vers le Nord et l’Est de la France (Calais/Lille/Metz) voire au-delà :

  • via Irun, Bordeaux et Paris pour l’axe Atlantique d’une part ;
  • via Barcelone, Avignon et Lyon pour l’axe Méditerranée d’autre part.

Les deux axes peuvent permettre une desserte de l’Ile de France.

Ces consultations font suite à l’appel à manifestation d’intérêt réalisé en 2017 en direction des constructeurs de matériel roulant et dont le rapport est publié par les États.

Ces consultations ont pour objectif de susciter les initiatives des acteurs industriels en apportant des réponses et des solutions opérationnelles.

Les consultations, sont menées sur la base des documents ci-dessous.

Informations complémentaires suite aux questions des acteurs.

Le délai de remise des dossiers en réponse a été allongé. La nouvelle date limite - qui se substitue à celle indiquée au 3.b des documents de consultation - est le 27 juillet 2018.  En conséquence, les dossiers en réponse sont à transmettre selon les modalités précisées dans les documents de consultation et avant le 27 juillet 2018 à 24 :00.

Appel à manifestation d'intérêt des concepteurs et constructeurs de matériels roulants pour services de ferroutage

La consultation conduite par la France et l’Espagne en 2017 s'est adressée aux différents concepteurs et constructeurs de matériels roulants susceptibles d'être intéressés par la mise à disposition de matériels roulants (wagons) pour des services d'autoroute ferroviaire (ferroutage).

Son objet principal est de contribuer à la définition et aux orientations des politiques des États en matière d'infrastructure ainsi qu’à la préparation des appels à manifestation d'intérêt concernant la mise en place de services d'autoroute ferroviaire (ferroutage).

Le rapport final est accessible ci-dessous.

Ferroutage : une ambition concrète pour l’environnement et la transition énergétique

Le développement des autoroutes ferroviaires s’inscrit dans la politique globale des transports du Gouvernement avec une diversité de solutions pour promouvoir le transport multimodal et participer à la relance le fret ferroviaire.

Les autoroutes ferroviaires sont des services de fret ferroviaire acheminant sur des wagons spécialisés des ensembles routiers ou des semi-remorques. Elles constituent un segment du transport combiné rail-route complémentaire du transport des conteneurs maritimes et caisses mobiles. Ces services sont en concurrence directe avec le transport routier de marchandises sur l’essentiel du parcours.

Ces services empruntent le réseau ferré existant, donc sans création de nouvelles lignes, qui nécessite parfois des adaptations de gabarit, notamment au niveau de certains tunnels. En raison de son histoire, le réseau se caractérise par des itinéraires aux performances parfois différentes qui peuvent justifier des aménagements afin de tendre vers une homogénéité des caractéristiques des grands corridors.

En France, plusieurs services, de franchissement d’obstacle et de longue distance, sont d’ores et déjà opérationnels :

  • Le service transmanche entre Coquelles et Folkestone, mis en exploitation en 1994 pour une distance d’environ 50 km ;
  • Le service alpin entre Bourgneuf - Aiton, près de Chambéry, et Orbassano, à proximité de Turin en Italie, mis en exploitation en 2003 sur une distance de 175 km ;
  • Le service Perpignan (Le Boulou)– Luxembourg (Bettembourg), mis en exploitation en 2007 sur une distance d’environ 1050 km ;
  • Le service Calais – Le Boulou, sur une distance d’environ 1500 km, mis en exploitation en 2016 .
Fret ferroviaire
Crédits : MEEM

L’article 36 de la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit un soutien de l’État au développement des trafics de fret fluvial et ferroviaire, encourageant ainsi le report modal nécessaire pour réduire le trafic routier. La loi prévoit par ailleurs la mise en place d’un réseau interconnecté d’autoroutes ferroviaires en France, sur les grands axes, notamment pour les trafics de transit, afin :

  • de favoriser la mise en place et le développement de solutions sobres en énergies,
  • de participer au report des trafics de transit sur le rail,
  • de permettre l’ouverture vers les marchés d’Europe du Nord,
  • de contribuer au développement des corridors de fret européens.
Porte conteneur ferroviaire
Crédits : MEEM

L’action menée par l’Etat au cours des dernières années sur ce sujet a permis de maintenir et de développer les services existants et favoriser l’émergence de nouveaux services de longue distance en optimisant l’exploitation du réseau et des investissements déjà réalisés, notamment en :

  • contribuant au développement de l'autoroute ferroviaire alpine Aiton-Orbassano,
  • facilitant la mise au gabarit des itinéraires ferroviaires Aiton-Orbassano et Perpignan-Luxembourg afin de permettre la circulation des wagons  spécialisés utilisés,
  • accompagner la réalisation des deux plates-formes d’autoroute ferroviaire françaises : Aiton (Savoie) et Le Boulou (Perpignan).

L’État a contribué à la réalisation d’innovations industrielles en France et plus largement en Europe. Si la part modale captée est actuellement modeste, l’objectif est de l’augmenter progressivement en amenant les transporteurs et chargeurs à développer une culture du transport ferroviaire de marchandises, capable de renforcer l’usage de ce mode par des solutions innovantes adaptées à leur besoins. A cet égard, les attentes des clients pour de tels services ont aussi vocation à améliorer la performance du système ferroviaire pour le fret (trains longs, cadencement,...)

L’État poursuit pour l’avenir la mise en œuvre de la stratégie prévue par la loi. Il travaille ainsi au développement d’un réseau d'autoroutes ferroviaires cadencées en concentrant sont action sur :

  • la pérennisation de l’autoroute ferroviaire alpine, son extension si possible à la région lyonnaise ainsi que le raccordement de ce barreau alpin à l’axe Méditerranée (Thionville – Avignon – Perpignan). La France et l’Italie restent mobilisées en faveur de ce projet. L’ouverture du service aux remorques de dimension standard après la mise au gabarit du tunnel ferroviaire du Fréjus a permis de développer les trafics.
  • la capitalisation des investissements pour la circulation de trains longs et de mise au gabarit d’itinéraires y compris de secours sur l’axe Méditerranée. Sur cet axe, l’Etat entend accompagner, pour des coûts limités, la création de services d’autoroute ferroviaire s’appuyant sur l’itinéraire existant. Ainsi, des travaux délimités (segment Calais-Longuyon) ont permis la mise en service de l’autoroute ferroviaire Calais-Perpignan (1500 km) et l’ouverture à venir d’un service Calais-Orbassano (Turin). Parallèlement, la coopération avec l’Espagne s’est engagée pour développer les services à partir de la façade méditerranéenne,
  • l’amélioration des performances de l’axe Atlantique, entre la frontière espagnole et le nord-est de la France dans le cadre de la coopération engagée avec les autorités espagnoles.

Les initiatives des opérateurs pour de nouveaux services sont ainsi encouragées.

Carte des autoroutes ferroviaires en France
Crédits : Ministère chargé des transports

L’autoroute ferroviaire Alpine (AFA) : une alternative au transport routier dans un environnement particulièrement sensible

Un service hors normes pour un cadre environnemental délicat

L’autoroute ferroviaire alpine offre aujourd’hui trois à cinq des navettes quotidiennes entre le terminal ferroviaire d’Aiton près de Chambéry en Savoie, et celui d’Orbassano dans le Piémont près de Turin.

Elle offre un service sûr de 175 km pour le transport de marchandises, notamment de produits dangereux à travers l’environnement sensible du massif alpin.

L’autoroute ferroviaire alpine est ainsi :

·         un service technique de franchissement d’un site d’exception, particulièrement sensible au plan environnemental, sur une ligne historique aux fortes pentes traversant le massif alpin.

·         un service innovant d’expérimentation de la technologie de wagons surbaissés développée par le groupe Lohr permettant un transfert rapide et efficace des camions standard de la route sur les rails.

un service complexe mené dans le cadre d’une coopération bilatérale étroite, qui préfigure et s’accompagne à celle du projet de nouvelle ligne ferroviaire entre Lyon et Turin.

L'autoroute ferroviaire Alpine
Crédits : Luca Xavier Bozzo

L’autoroute ferroviaire alpine en quelques données

En service depuis 2003, l’autoroute ferroviaire alpine a permis de tester les potentialités
commerciales des autoroutes ferroviaires en France.

La mise à gabarit supérieur (B1) en 2012 du tunnel du Mont-Cenis (Fréjus), a permis le report modal d’environ 30 000 poids-lourds par an (moyenne entre 2013 et 2016). L’autoroute ferroviaire alpine a franchi en mai 2016 le seuil des 300 000 poids lourds transportés depuis sa création.

L’autoroute ferroviaire alpine est également une solution efficace pour le transport de matières dangereuses entre la France et l’Italie. Celles-ci représentent environ un tiers de son trafic. Par ailleurs, les poids lourds de 44 tonnes peuvent emprunter l’autoroute ferroviaire alpine. Ils représentent aujourd’hui 40 à 50 % des chargements transportés.

Mais le succès de l’autoroute ferroviaire alpine repose aussi sur un soutien financier important des États, résultat de leurs politiques volontaristes de développement du report modal vers les modes de transport les plus respectueux de l’environnement. L’autoroute ferroviaire alpine reçoit ainsi de chaque État un peu moins de 4,5 M€ par an. La Commission européenne a autorisé, en mai 2015, la continuation de la politique d’aide à l’exploitation du service d’autoroute ferroviaire alpine, en reconnaissant l’importance environnementale et économique du projet.

Avec plus de 500 000 tonnes de marchandises transportées par an, elle permet une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 5.000 tonnes par an.

Perspectives

Ayant fait la preuve de son attractivité et de son efficacité en matière de report modal, un service pérenne et plus fréquent devrait être mis en place par le biais d’une concession d’ici 2018 à l’issue d’une consultation internationale menée par les deux États.

Une extension du service en région lyonnaise pourrait permettre, à terme, une interconnexion des itinéraires sur les grands axes de trafics.

Les autoroutes ferroviaires sur l’axe Méditerranée : Les premiers services de longue distance

L’autoroute ferroviaire Perpignan – Luxembourg , un projet binational ambitieux

L’autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg est le premier service de longue distance d’autoroute ferroviaire en France. Depuis sa mise en service en septembre 2007, il parcourt un itinéraire de plus de 1000 kilomètres entre Bettembourg, au Luxembourg, et Le Boulou, dans les Pyrénées Atlantiques.

L’autoroute ferroviaire Perpignan – Luxembourg
Crédits : MEEM

L’autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg utilise la technique de deuxième génération développée par le groupe Lohr permettant le transport d’ensembles routiers complets. Elle était, à sa mise en service, la plus longue autoroute ferroviaire d’Europe.

Après des débuts modestes avec un seul aller-retour par jour, le service s’est étoffé pour offrir trois à quatre navettes par jour.

L’augmentation progressive de sa fréquence et la mise en place de trains mixtes combinant le transport de semi-remorques et de caisses mobiles ont permis au service de poursuivre son développement avec la possibilité donnée en 2012 aux trains de transport combiné (caisses et semi-remorques) de circuler à 850 mètres.

L’autoroute ferroviaire Perpignan – Calais, interconnexion fer/mer avec le Royaume-Uni

Le service d’autoroute ferroviaire Calais-Le Boulou, dont les premiers trains ont circulé au printemps 2016, reliera à terme par deux allers-retours quotidiens le port de Calais, où un terminal a été créé, au terminal existant du Boulou.

Le potentiel de transport annuel de ce nouveau service est d’environ 40.000 semi-remorques. Ce service constitue aujourd’hui, avec 1500 km, le plus long service d’autoroute ferroviaire d’Europe. Il utilise la technologie de troisième génération développée par Lohr Industrie.

Il offre ainsi une solution intermodale de longue distance, alternative et complémentaire à la route, pour les trafics de transit venant d’Europe du Nord et du Royaume-Uni vers l’Espagne, mais aussi pour les échanges générés par les acteurs économiques locaux avec la péninsule ibérique.

Carte de l'autoroute ferroviaire Perpignan-Calais
Crédits : MEEM

Ce service s’inscrit pleinement dans la stratégie portuaire de l’Etat de voir se développer les dessertes non routières de l’ensemble des ports français.

Ces services d’autoroute ferroviaire de longue distance permettent d’économiser environ 1 tonne de CO2 par semi-remorque transportée.