Avalanches

Le Mercredi 30 novembre 2016
Une avalanche correspond à un déplacement rapide d’une masse de neige sur une pente, provoqué par une rupture d’équilibre du manteau neigeux. Cette masse varie de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers de mètres cubes, pour des vitesses comprises entre 10 km/h et 400 km/h, selon la nature de la neige et les conditions d’écoulement. Une avalanche peut se produire spontanément (évolution du manteau neigeux, liée directement aux conditions météorologiques et nivologiques) ou être provoquée naturellement (surcharge du manteau neigeux suite à d'importantes chutes de neige, pluies, séismes…), accidentellement (passage d’un skieur,…) ou volontairement (déclenchement artificiel).

Les différents types d'avalanches

  • Les avalanches en aérosol : elles sont constituées d’un nuage turbulent de particules de neige en suspension dans l’air qui tend à aller, selon la ligne générale de la plus grande pente, en s’affranchissant souvent des variations topographiques locales. Elles peuvent remonter sur le versant opposé. Leur vitesse maximale est nettement supérieure à 50 m/s. À l’avant de ces avalanches se développent des ondes de choc qui peuvent être très destructrices.
  • Les avalanches coulantes ou denses : elles s’écoulent selon une trajectoire très dépendante du relief local. Elles peuvent s’étaler largement dans les secteurs à faible pente. Leur vitesse maximale est généralement inférieure à 30 m/s. Constituées de neige humide, elles peuvent ressembler à un écoulement lent de lave (vitesse de quelques m/s). Constituées de neige sèche et froide, elles peuvent garder une allure assez rapide.
  • Les avalanches mixtes. Elles comportent à la fois un aérosol important et un écoulement notable de type avalanche coulante. Sous nos latitudes, les avalanches de grande ampleur sont souvent des avalanches mixtes. 

La prévention du risque avalanche

La connaissance des phénomènes

  • L’enquête permanente sur les avalanches (EPA) : Il s’agit d’une chronique descriptive d’évènements d’avalanches sur près de 4000 sites sélectionnés sur le territoire national (11 départements dans les Alpes et les Pyrénées). Ses données permettent d’apprécier la variabilité des phénomènes. Elles sont collectées depuis l’hiver 1899-1900 par l’administration forestière puis, à sa création, par l’ONF en partenariat avec Irstea.
  • La Carte de localisation des phénomènes d’avalanches (CLPA) : Il s’agit d’une carte-inventaire des phénomènes d’avalanches, qui reporte l’emprise maximale actualisée des différents évènements survenus sur chacun des sites, en s'appuyant sur le recueil et l’analyse de témoignages sur les phénomènes constatés, complétés par une photo-interprétation des formes du relief et de la végétation. Ses données permettent de spatialiser les phénomènes. La CLPA est mise en œuvre depuis 1970, les opérateurs ayant été successivement le Centre National d'Etudes Techniques et de Recherches Technologiques pour l'Agriculture, les Forêts et de l'Equipement Rural (CERAFER), puis le Centre Technique du Génie Rural des Eaux et Forêts (CTGREF), devenu Centre National du Machinisme Agricole, du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (CEMAGREF) puis Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea), toujours en partenariat avec l’Office National des Forêts (ONF). La CLPA est un document informatif et non une cartographie réglementaire.

L'information du citoyen

La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l’article L 125.2 du Code de l’environnement. Elle s’applique à la prévention du risque avalanche touchant les lieux habités.

Établi sous l’autorité du préfet, le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département l’ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans la commune (DCS, dossiers communaux synthétiques) et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d’État mises en place. Le maire élabore un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Le DICRIM doit être accompagné d’une communication (au moins tous les deux ans si la commune est couverte par un plan de prévention des risques) et d’une campagne d’affichage. Ces documents sont disponibles en mairie. 

La maîtrise de l'urbanisation

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) est un outil institué par loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement et codifié dans les articles L.562-1 à L.562-9 et R.562-1 à R562-12 du code de l’environnement. Il vise, dans une perspective de développement durable, à éviter une aggravation de l’exposition des personnes et des biens aux risques naturels et à réduire leurs conséquences négatives sur les vies humaines, l'environnement, l'activité économique et le patrimoine culturel. Aussi le plan de prévention des risques avalanches (PPRa), mis en œuvre sur les territoires fortement concernés par l’aléa avalanche, contribue à ces objectifs en  :

  • délimitant des zones d'exposition aux risques à l'intérieur desquelles des constructions ou des aménagements sont interdits, tout en permettant sur d’autres zones un développement raisonné et sécurisé, là où l'intensité de l'aléa le permet,
  • définissant des mesures de prévention, de protection, de prévention et de sauvegarde ainsi que des mesures relatives à l'aménagement, à l'utilisation ou à l'exploitation de constructions, d'ouvrages ou d'espaces cultivés ou plantés existant à la date d’approbation du plan.

Ce plan, établi à l’échelle communale ou intercommunale, est opposable aux autorisations d’urbanisme. Il est consultable en mairie, en préfecture ou en s’adressant à la direction départementale des territoires (DDT ou DDTM). Le guide méthodologique « Plan de prévention des risques naturels Avalanches » d’août 2015 accompagne l’élaboration de ce document.

 

Les moyens de protection

Les moyens de protection temporaire consistent en :

  • des mesures d’interdiction d’accès au domaine skiable ou à des routes,
  • des mesures d’évacuation d’immeubles, de villages ;
  • un déclenchement artificiel et contrôlé des avalanches.

La loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile a instauré l’obligation pour le maire d’élaborer un plan communal de sauvegarde (PCS) dès lors que sa commune est soumise à un plan de prévention des risques.

Les moyens de protection permanents sont constitués d’ouvrages qui empêchent le départ des avalanches ou protègent contre leurs effets. Dans la zone de départ de l’avalanche, il peut s’agir de filets, claies, barrières à vent ou encore plantations, tandis que dans les zones d’écoulement et d’arrêt, ce sont des ouvrages de déviation, de freinage ou d’arrêt (paravalanches)

La vigilance et l’alerte

Au niveau départemental, les bulletins de risque d'avalanches (BRA) réalisés quotidiennement par Météo-France « estiment » le risque d'avalanche par massif en cherchant à évaluer la stabilité du manteau neigeux et ses ruptures potentielles. Cinq classes de risque y sont considérées : faible, limité, marqué, fort, très fort.

Au niveau local, et dans les secteurs à enjeux forts, une prévision localisée du risque d’avalanche (PRLA) peut être établie sous l’égide des communes ou des gestionnaires de stations de sports d’hiver afin d’affiner le BRA.

L’indemnisation

Les préjudices occasionnés par les avalanches sont couverts au titre de la garantie "catastrophes naturelles" des contrats d’assurance "dommages aux biens". Le processus d’indemnisation peut être engagé si un arrêté interministériel de déclaration de l’état de catastrophe naturelle est paru au Journal officiel pour la commune concernée.

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