Aviation et changement climatique

Le Jeudi 6 février 2020
Si l’aviation ne contribue qu’à hauteur de 2% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale, cette proportion a vocation à s’accroître si rien n’est fait pour la limiter. Elle pourrait atteindre 3% à l’horizon 2050 selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). C’est dans ce contexte que le secteur aérien s’est engagé dès 2009 sur des objectifs chiffrés, à court, moyen et long terme pour réduire ses émissions. L’aviation a ainsi été le premier secteur à formaliser un plan d’actions à long terme pour traiter les questions d’impact sur le changement climatique.

C’est même toute une stratégie qui est mise en œuvre au service d’un objectif : stabiliser les émissions de CO2 au niveau qu’elles atteindront en 2020.
C’est ce que l’on appelle l’objectif de « croissance neutre en carbone 2020 ».

Un panier de mesures

Pour limiter l’impact de l’aviation sur le changement climatique, l’OACI a développé un concept : le panier de mesures.

En effet, l’objectif de stabilisation des émissions ne peut être atteint qu’en actionnant plusieurs leviers : l’amélioration de la performance environnementale des avions, des procédures opérationnelles conduisant à réduire la consommation de carburant, le développement des biocarburants aéronautiques et les mesures économiques.

La brochure Aviation & changement climatique fait le point sur l’engagement de l’aviation.

Les biocarburants aéronautiques durables

Les ministères de la transition écologique et solidaire, de l’économie et de l’agriculture, ont défini une feuille de route qui précise l’ambition et la stratégie que la France pourrait développer en matière de biocarburants aéronautiques durables dès 2025. Cette feuille de route prévoit notamment une trajectoire de substitution à court-terme du kérosène fossile par des biocarburants durables de 2% en 2025 et de 5% en 2030. Amorcer le déploiement de ces produits à court-terme s’inscrit en cohérence avec la Stratégie nationale bas-carbone qui fixe un objectif de long terme de 50% en 2050.

Dans la continuité de la feuille de route, un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été lancé par l’État. Il vise à déterminer les meilleurs outils d’incitation au développement d'une filière de production française et à identifier les acteurs privés et leurs projets d’investissement dans des unités de production de biocarburants avancés, en particulier à destination de l’aéronautique. Cet AMI est ouvert jusqu'au 30 juin 2019 et s’adresse à toute personne morale se positionnant comme maître d’ouvrage et susceptible de supporter tout ou partie d’un investissement en France de production  de biocarburants avancés pouvant trouver un débouché dans l’aéronautique.

Naissance d’un mécanisme mondial

Le 6 octobre 2016, après 3 ans de négociation, l’assemblée de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a adopté une résolution en vue de la mise en œuvre à partir de 2020 d’un mécanisme mondial de compensation des émissions de CO2 de l’aviation internationale. L’aviation est le premier secteur à se doter d’un tel dispositif.

Quelques chiffres sur l'aviation

2%

Part du transport aérien dans les émissions mondiales de CO2