Baisse de 4,2 % des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2018

Le Mardi 18 juin 2019
Le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA) a publié le 18 juin 2019 une estimation des émissions de gaz à effet de serre de la France pour 2018. Selon cette estimation, les émissions françaises en 2018 seraient de 445 Mt CO2 (ou équivalents, hors secteur des terres et des forêts) soit une baisse de 4,2 % par rapport à 2017.
« Si beaucoup reste à faire, cette excellente nouvelle montre que notre action produit des premiers résultats. Elle confirme également que notre engagement pour une politique forte et ambitieuse en matière de lutte contre le changement climatique n’est pas vain, et que nous pourrons gagner la bataille du climat en sonnant ici et maintenant la mobilisation générale : toute la société doit entrer dans la guerre à l’effet de serre ».
François de Rugy

Cette évolution à la baisse est notamment le résultat d’une diminution des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, une première depuis 2013, d’autant plus remarquable qu’elle intervient en période de croissance. Elle a également été favorisée par différents facteurs conjoncturels tels qu’un hiver plus doux et une bonne disponibilité du parc électrique d’EDF.

Ce bon résultat confirme par ailleurs la dynamique positive de la France en matière de lutte contre le changement climatique :

  • Ses émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 16 % par rapport à 1990, tandis que notre population a augmenté de 15 % et notre PIB de près de 49 % ;
  • En juin 2018, les ONG européennes réunies au sein du Réseau action climat Europe (CAN-E) ont publié un classement des politiques climatiques des différents Etats membres de l’UE dans lequel la France occupe la 3e place ;
  • En mai dernier, l’Université américaine Yale a elle classé à la France 2e pays sur 180 en matières de performances environnementales, devant le Danemark et la Suède.

Depuis le début du quinquennat, le Gouvernement est par ailleurs pleinement mobilisé dans la lutte contre le changement climatique :

  • Il a mis fin à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures sur le territoire ;
  • Il s’est engagé à mettre à l’arrêt les quatre dernières centrales au charbon de France métropolitaine d’ici la fin du quinquennat ;
  • Il a mis en place des aides financières parmi les plus élevées d’Europe pour accélérer la conversion du parc automobile de la France : jusqu’à 11 000€ de soutien de l’Etat en cumulant la prime à la conversion et le bonus écologique, qui ont d’ores-et-déjà permis à plus de 300 000 Français en 2018 de changer de véhicule ;
  • Il a été moteur de l’adoption au niveau européen de la baisse de 37,5% des émissions de gaz à effet de serre des véhicules d’ici 2030 ;
  • Il a engagé la sortie des chaudières fioul en accompagnant les Français dans l’acquisition de nouveaux modes de chauffage plus propres à travers la prime à la conversion des chaudières qui permet notamment à certains ménages de bénéficier d’une nouvelle chaudière plus propre pour 1€ seulement.

Cette politique ambitieuse représente d’ailleurs des investissements substantiels :

  • 5,5 milliards d’euros par an pour le développement des énergies renouvelables ;
  • 1,2 milliards d’euros par an pour le Crédit d’impôt transition énergétique ;
  • Plus de 400 millions d’euros par an pour les aides à la rénovation de l’Agence nationale de l’Habitat ;
  • Plus de 800 millions d’euros par an pour les aides à l’acquisition de véhicules propres ;
  • Plus de 300 millions d’euros par an de soutien à la chaleur renouvelable ;
  • 4 milliards d’euros pour le transport ferroviaire et plus de 13 milliards (Etat et collectivités) pour le transport urbain et interurbain.

Cette conjoncture favorable des émissions de gaz à effet de serre de la France intervient dans un moment où le Gouvernement accélère par ailleurs sa politique de lutte contre le changement climatique :

  • Avec le projet de loi d’orientation des mobilités, actuellement débattu à l’Assemblée nationale, il soutient le développement de transports propres à travers le forfait mobilité durable (qui permet de financer le recours au covoiturage et la pratique du vélo), consacre ¾ de ses investissements dans les transports au ferroviaire, déploie des nouvelles bornes de recharge électriques, ainsi que des zones à faible émissions dans les grandes métropoles françaises, … ;
  • Avec le projet de loi Energie-climat qui sera prochainement examiné au Parlement, il inscrira dans le marbre de la loi l’objectif d’atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050, standard le plus élevé en matière de politique climatique, celui de l’Accord de Paris ; il rehaussera notre ambition de baisse de consommation des énergies fossiles à -40% d’ici 2030 ; et il prendra des mesures pour accélérer le déploiement de projets d’énergies renouvelables ;
  • Avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie, le Gouvernement se dotera de leviers pour mettre en œuvre sa stratégie en matière d’énergie et de climat : investissements massifs dans le développement des énergies renouvelables (71 milliards d’euros sur 10 ans), baisse de la consommation d’énergie (-20% d’ici 2030), et réduction de la dépendance au nucléaire (fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035) ;
  • Avec le lancement de la Convention citoyenne pour le climat, qui réunira prochainement 150 citoyens tirés au sort chargés d’évaluer et améliorer les dispositifs d’aide à la transition écologique, voire d’en proposer de nouveaux, avec pour objectif de s’inscrire dans l’objectif d’atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Le CITEPA réalise pour le compte du ministère de la Transition écologique et solidaire l’inventaire national des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre.
Ces résultats font partie de la publication de la nouvelle version de l’inventaire national au format dit « SECTEN », qui inclut les données finalisées pour l’année 2017. Les chiffres consolidés pour les émissions de gaz à effet de serre en 2018 seront transmis à la Convention des Nations Unies  sur le climat (CCNUCC).