Calendrier de réalisation du projet CDG Express

Le Mercredi 29 mai 2019
Intervention d’Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports ce mercredi 29 mai 2019

Mesdames, Messieurs,

Le 11 février dernier, dans cette même pièce, je signais avec les partenaires du projet le contrat de concession engageant la réalisation du CDG Express.

Cette étape importante, qui a permis la création de la société de projet et le démarrage des travaux, venait après une première concertation menée par M. le Préfet de région, que je remercie.

Nous avions en effet souhaité, avant toute décision, prendre le temps de dialoguer avec les acteurs du territoire, avec les citoyens, pour entendre leurs craintes sur ce projet, y répondre et en tenir compte.

Si nous avons décidé de nous engager, c’est parce que le CDG Express est indispensable pour Paris et l’Ile-de-France. Il sera donc réalisé et il sera mené à son terme.

Ce projet a trop longtemps souffert d’hésitations et de renoncements.

Pourtant, personne ne peut se satisfaire de la desserte de l’aéroport aujourd’hui, qui repose largement sur la route. Elle n’est pas à la hauteur de l’ambition que nous avons pour l’attractivité de notre pays et notre capitale.

Le projet CDG Express sera triplement positif :

  • Positif pour la qualité de la desserte de l’aéroport, qui concerne pas moins de 90 000 employés et 200 000 passagers par jour.
  • Positif pour le report du trafic vers des modes plus propres. Je rappelle que la route représente 56% de la desserte de l’aéroport. On ne peut pas en rester là.
  • Enfin, le projet sera positif pour alléger le RER B des nombreux voyageurs avec bagages qui se rendent à l’aéroport.

Contrairement à ce que j’entends parfois, ce projet ne s’oppose en rien au RER.

Tout d’abord, il n’y a pas de concurrence entre le CDG Express et les investissements pour les transports du quotidien :

  • Le CDG Express est un projet de 1,8Md€, intégralement financé par ses futurs clients, à hauteur de 60%, et par les passagers de l’aéroport, à 40%.
  • Pas un seul centime qui pourrait aller aux transports du quotidien ne sera pris pour le CDG Express.
  • Plus encore, 500M€ de travaux du CDG Express bénéficieront directement à l’amélioration du RER B.

Il n’y a pas non plus de concurrence dans l’exploitation. Le CDG Express a été conçu pour être parfaitement neutre sur le RER B. C’est une condition sine qua non du projet.

Car notre priorité n’a jamais changé depuis le début du quinquennat : elle va aux transports du quotidien et notamment à l’amélioration du RER B en Ile-de-France.

La réalité, c’est que la totalité des subventions de l’État pour les transports en Ile-de-France va à l’amélioration des transports du quotidien. C’est ma priorité ici comme partout en France, et c’est le cœur de mon combat dans le projet de loi d’orientation des mobilités.

L’effort que nous sommes en train d’accomplir en Ile-de-France est inédit :

  • Le volet transports de l’actuel contrat de plan État-Région prévoit 7,6 Md€ d'investissements, dont 1,4 Md€ pour l'État et 1,6 Md€ pour la Société du Grand Paris.
  • Ces investissements, ce sont les schémas directeurs des RER et des Transiliens, le prolongement d'Éole, le prolongement de 4 lignes de métro, de nouveaux tramways, de nouveaux tram-trains, ou encore des bus à haut niveau de service.
  • De même, le projet du Grand Paris Express dans lequel nous sommes engagés va en seulement quelques années multiplier par 2 l’étendue du réseau de métro, avec 200 km de lignes nouvelles construites représentant 35 Md€ d’investissements.

Au Nord de Paris, cet effort sans précédent va se traduire par de nombreux chantiers dans les prochaines années : que ce soit pour le schéma directeur du RER B, la livraison de nouveaux matériels, la régénération du réseau existant, la création d’interconnexions avec le Grand Paris Express, ou la mise en accessibilité des réseaux.

Ces travaux ont un impact certain pour les voyageurs, mais ils sont indispensables.

C’est dans ce contexte particulièrement dense que doit être réalisé le CDG Express dans cette zone. Et je le précise d’emblée : CDG Express ou non, ces travaux au service de l’amélioration du quotidien sont attendus, sont nécessaires et ils auront lieu. J’appelle donc chacun à ne pas céder à la tentation de faire du CDG Express un bouc-émissaire facile.

Lorsque nous avons confirmé en février la réalisation de ce projet, j’avais fixé une ligne rouge : que l’impact des travaux du CDG Express, cumulés aux nombreux autres chantiers dans la zone, ne soit pas trop pénalisant pour les voyageurs du quotidien.

J’avais donc indiqué que le Gouvernement serait prêt à ce que le projet et son calendrier de réalisation soit adapté pour respecter cette ligne rouge.

Pour en décider,  le Premier ministre avait chargé M. le préfet de région d’une mission de coordination de l’ensemble des travaux prévus sur l’axe ferroviaire Nord d’ici les JO de 2024, en lien avec les différents maîtres d’ouvrage.
    
Le rapport, qu’il nous a remis le 18 avril dernier, est clair : il conclut à l’extrême difficulté à conduire l’ensemble des travaux dans leur programmation actuelle, c’est-à-dire pour décembre 2023. Il propose deux scénarios :

  • Soit le respect de l’échéance des JO de 2024 pour le CDG Express, mais sans réaliser l’ensemble des opérations associées ;
  • Soit la réduction de l’impact pour les voyageurs du quotidien et du risque pour SNCF Réseau, en repoussant la mise en service du CDG Express à fin 2025.

Ce rapport est le fruit d’une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes du territoire : Régions Ile-de-France et Hauts de France, Ile-de-France Mobilités, Ville de Paris, Conseils départementaux de Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise, Plaine Commune, entreprises ferroviaire, etc.

Au terme de ce travail, le Gouvernement a décidé de retenir le 2nd scénario, à savoir un report de la mise en service du CDG Express à fin 2025 afin de limiter l’impact des travaux.

Nous avons donc fait primer l’intérêt des voyageurs durant cette période de chantier. C’était l’attente largement partagée par les collectivités, mais aussi des celle 900 000 usagers quotidiens du RER B.

La priorité aux transports du quotidien, ce n’est pas un slogan. Ce sont des décisions, parfois difficiles, qui doivent l’illustrer. Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. Cela permettra très concrètement d’assurer la réalisation de cette liaison, indispensable, mais sans avoir à passer par exemple par des fermetures de ligne anticipées dès 23h en semaine, qui serait particulièrement préjudiciable.

Le rapport de M. le Préfet, qui est public, détaille les paramètres de ce scénario.

S’agissant des conséquences de ce report sur les JO de 2024, nous avons demandé à la SNCF, conformément à la recommandation du rapport de mission, d’organiser en lien avec Ile-de-France Mobilités un service spécifique direct entre CDG et Paris sur le RER B durant les Jeux Olympiques. L’objectif est clair : que notre capitale dispose bien d’une liaison directe entre Paris et son aéroport durant cet événement exceptionnel que vont être les JO.

Cette décision n’est pas un blanc-seing. Nous resterons extrêmement vigilants pendant toute la durée des travaux. M. le Préfet de région sera chargé de mettre en place un observatoire de la qualité de service du RER B ainsi qu’un comité de suivi des travaux, en lien avec Ile-de-France Mobilités, afin de faire toute la transparence et d’ajuster les plannings et les dispositifs d’accompagnement (information, substitution) en temps réel.

Je sais pouvoir compter sur l’engagement de la région Ile-de-France, de la Ville de Paris, ainsi que de l’ensemble des collectivités, pour accompagner les voyageurs dans cette période de travaux mais aussi pour permettre la réussite de la réalisation de cette infrastructure.

Par les choix que nous faisons depuis plusieurs mois sur ce projet, le Gouvernement prend ses responsabilités :

  • Nous les prenons pour mener à bien, une bonne fois pour toute, la réalisation de cette liaison dont notre pays a besoin.
  • Nous les prenons aussi pour être à la hauteur de la priorité que nous avons d’améliorer les transports du quotidien, en Ile-de-France et partout ailleurs.

Etre à l’écoute de ce qui s’exprime localement, se donner un cap clair et s’engager de façon réaliste, c’est aussi notre méthode pour retrouver de la sincérité et de la crédibilité dans la parole publique vis-à-vis des territoires et de nos concitoyens.

Je vous remercie.