La caractérisation des risques sanitaires à l'échelle d'un territoire

Le Vendredi 16 février 2018
Certaines zones géographiques ont un environnement particulièrement impacté par des activités humaines actuelles ou passées. Ces zones où se concentre une surexposition à des pollutions environnementales sont parfois qualifiées de « points noirs environnementaux » et leur gestion est prioritaire.

L’étude de zone

En France, la démarche d'évaluation du risque sanitaire (ERS) est appliquée dans un cadre réglementaire, pour les installations ou aménagements faisant l'objet d'une demande d'autorisation d'exploiter à titre individuel. Cette démarche mono-site ne considère pas habituellement les autres sources d’émissions polluantes (transports, autres sources industrielles, agricoles, etc.) présentes aux alentours de l'installation.

 

Depuis quelques années, les services de l'État ont souhaité que les évaluations des risques sanitaires puissent prendre en compte, sur l’ensemble d’une zone d’activité économique, les cumuls d’émissions dues aux différentes activités qui s’y déroulent afin de mieux refléter l’exposition de la population riveraine de la zone d'activité. Concrètement, près d’une vingtaine d’études de zones ont été menées ou sont menées actuellement en France.

 

La démarche d’évaluation des risques sanitaires permet de hiérarchiser les différentes substances, leurs sources et les voies d’exposition, afin de définir des stratégies de prévention et de gestion spécifiques à chaque installation. Il s’agit d’un outil de gestion prospectif et d’aide à la décision. Il ne peut en aucun cas renseigner sur l’état de santé des populations.

 

Lorsqu’il est fait le choix d'étudier les inégalités environnementales vis-à-vis de l'exposition à la fois à des substances polluantes et des agents physiques, il est nécessaire de recourir à des méthodologies plus complexes (voir le rapport du 29/02/2016 de l’INERIS - Retour d'expérience des travaux de caractérisation des inégalités environnementales réalisés en région).

 

L’étude épidémiologique

L'étude épidémiologique n'est pas conçue comme un outil de prédiction des risques. Elle ne peut être utilisée que dans le cas d'effets déjà existants pour les relier avec des facteurs de risque.

L’épidémiologie cherche à la fois à :

  • quantifier la fréquence d’un événement de santé dans une population ;

  • déterminer ses causes biologiques et environnementales.

L’objectif final est d’identifier, pour pouvoir les limiter ou les éliminer, les facteurs (polluants atmosphériques, alimentation) en cause dans la survenue de l’événement de santé. Pour cela, les épidémiologistes recueillent les données, fondées sur l’observation de populations d’individus, sains ou malades, qui leur permettent d’estimer les différents niveaux d’exposition aux facteurs suspectés.

 

L’étude d’imprégnation

Il s’agit d’une étude descriptive qui permet de surveiller la présence dans l’organisme de substances chimiques de l’environnement ou de leurs produits de dégradation. Elle permet de quantifier la dose interne ou dose réellement absorbée, toutes voies d’exposition confondues. Les dosages peuvent être faits dans le sang, l’urine, les cheveux, le lait maternel.

 

Plusieurs études ont été ciblées sur l'exposition au plomb de la population nationale par dosage de la plombémie : chez les enfants de 1 à 6 ans et les appelés du contingent en 1996 (Huel et al. 1996), chez les enfants de 6 mois à 6 ans dans l'enquête Saturninf (Etchevers et al. 2010). La plombémie a aussi été dosée parmi d’autres biomarqueurs dans l'enquête « Dioxines et incinérateurs » pour mesurer l'exposition chez des riverains d'incinérateurs. Enfin, l'exposition des pêcheurs de rivière aux PCB (polychlorobiphényles) a fait l’objet d’une étude en 2010 (Anses 2010).

 

 

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