Centrale à charbon du Havre : le Gouvernement accompagne la fermeture de la centrale en implantant des filières d’énergies renouvelables

Le Mardi 14 janvier 2020
Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, s’est rendue hier au Havre (Seine-Maritime) pour signer le Pacte de transition écologique et industrielle du Havre qui accompagne la fermeture de sa centrale à charbon, prévue par EDF pour le 1er avril 2021.

Depuis un an, le Gouvernement a réuni toutes les parties (État, collectivités locales, acteurs économiques et associatifs, syndicats) pour élaborer ce Pacte territorial tout à la fois ambitieux, ancré dans le territoire, tourné vers l’avenir, afin de faire sortir la région de l’utilisation d’énergies fossiles pour son électricité et qui apporte une grande attention à tous les salariés concernés.
La volonté de l’État est de garantir aux Havrais et à tous les Normands un avenir plus sûr. Fermer cette centrale à charbon, c’est tourner la page des énergies fossiles pour aller vers une nouvelle économie plus forte, plus propre et plus indépendante. J’apporterai une vigilance toute particulière aux salariés concernés par la fermeture de cette centrale, qui seront accompagnés dans leur avenir professionnel.

La zone du port du Havre, qui est le poumon économique et industriel de la ville, portera ce projet de conversion vers une énergie plus durable puisque plusieurs projets industriels de construction d’éoliennes, en mer et sur terre, y seront développés.
Emmanuelle Wargon

Le Pacte territorial du Havre repose sur une ambition forte : devenir un territoire de référence en matière d’économie verte et de transition industrielle, reposant sur des filières d’excellence et d’innovation, créatrices d’emploi et de valeur ajoutée.

 

Industrie et énergie

Sortir du charbon, c’est repenser le modèle énergétique et industriel de la région en activant plusieurs leviers, à savoir :

  • La création d’un parc éolien offshore et la structuration d’une filière éolienne locale. L’actuelle zone industrialo-portuaire accueillera ainsi deux sites dédiés à l’approvisionnement des futurs champs d’éoliennes offshore (une usine d’assemblage de nacelles et de fabrication de pales et un site de construction temporaire pour les fondations) ;
  • Le développement des activités de déconstruction et démantèlement de transports, avec les projets de gestion entre autres de la fin de vie de grands équipements comme les trains, les métros et les bateaux ;
  • La consolidation d’un écosystème favorable à l’innovation pour l’industrie avec le développement de la chimie biosourcée pour diversifier les activités y ayant recours et implanter de nouvelles activités ;
  • La création d’un vaste réseau de chaleur, desservant la ville et le port.

 

Agriculture et économie circulaire

Le Pacte a également été conçu pour repenser le territoire du Havre et notamment son agriculture. Le secteur fait en effet face à un paradoxe : la production agricole de la région est importante (les surfaces agricoles représentent 66 % du territoire), mais elle bénéficie très peu aux consommateurs locaux.

L’objectif est donc d’agir à différents niveaux pour renforcer la logique d’une alimentation plus locale (diversification de l’offre, préservation de la biodiversité et des ressources en eau, développement d’outils de transformation comme les conserveries ou légumeries, juste rémunération des agriculteurs, production maraîchère en milieu urbain…).

Le territoire du Havre se tournera encore vers la diminution des volumes de déchets stockés en vue de leur recyclage et de leur réemploi ou encore de leur revalorisation énergétique (boues de STEP et sédiments de dragage, méthanisation agricole, méthanol vert).

 

Mobilités

Le Pacte a aussi pour ambition de faciliter les déplacements des usagers, aussi bien dans les déplacements domicile-travail (élargissement du service Flexi’LiA) que dans les déplacements des salariés et des marchandises (plans de mobilité et travaux ferroviaires) ou encore des touristes.

L’idée est de déployer la mobilité en énergie propre à la fois au sein de la communauté urbaine du Havre qu’au sein de son port industriel.

 

Biodiversité et patrimoine

La mise en valeur des sites d’exception, tels que les falaises d’Étretat, et leur accessibilité dans le respect de l’environnement est un des éléments-clés de la réussite de ce Pacte.

Cela se matérialisera par la mise en valeur du territoire (mise en place de cheminements doux le long du littoral), le renforcement du lien avec les acteurs du tourisme (aménagement raisonné d’équipements et de signalétiques) et l’inclusion d’une étude sur l’optimisation de la mobilité des visiteurs.

 

 

Le Gouvernement a eu à cœur de construire ce projet de Pacte territorial avec toutes les parties prenantes. Il inclut l’accompagnement des salariés touchés par ces mutations industrielles, qui fait l’objet d’un travail approfondi conduit par les employeurs et en particulier par EDF, avec l’appui de l’État et de l’ensemble des opérateurs mobilisés.

À travers ce Pacte, ce sont les acteurs du territoire qui se projettent ainsi dans l’avenir pour construire les compétences de demain.

 

 

Pourquoi fermer les centrales à charbon ?

Pour atteindre l’objectif de neutralité carbone inscrit dans la loi Énergie-Climat, la France doit réduire fortement ses émissions de gaz à effet de serre : cela passe par la diversification de son mix-énergétique et par la réduction significative de sa production d’électricité d’origine fossile.

Aujourd’hui, le charbon représente 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique français alors qu’il ne fournit que 2 % de la consommation nationale d’électricité.  C’est pourquoi le président de la République s’est engagé, dès sa campagne, à fermer les 4 centrales à charbon encore en activité en France métropolitaine (au Havre en Seine-Maritime, à Cordemais en Loire-Atlantique, à Saint-Avold en Moselle et à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône).

Les dernières centrales de production d’électricité à partir de fioul ont déjà fermé en 2018. Celles à base de charbon seront fermées d’ici 2022. Le charbon est en effet aujourd’hui la principale source d’émissions de CO2 sur la planète.