Communication air-sol Data-Link

Le Vendredi 18 novembre 2016
Data-Link est une nouvelle technologie de communication air-sol disponible pour fournir le service de transfert de fréquence dans l’ensemble de notre espace aérien supérieur.

Depuis le 3 mai 2016, les contrôleurs aériens des cinq centres en route peuvent communiquer par data-link une instruction de transfert de fréquence aux avions équipés, évoluant au-dessus du FL 195 (6 000 mètres). En métropole, les services initiaux data-link (connexion data-link, vérification de microphone bloqué et transfert de fréquence) du CPDLC (communications entre contrôleur et pilote par liaison de données) sont disponibles dans la totalité de son espace aérien supérieur.
Il s’agit d’une étape significative de mise en œuvre de la réglementation européenne. En effet, les échanges de données numériques "sol-bord" (data-link) constituent le socle des fonctions automatisées avancées, développées au sein du programme technologique européen SESAR. Avec le data-link, le système de gestion du trafic aérien devient plus sûr et plus performant grâce à une réduction du nombre de messages à répéter et à une réalisation du transfert de fréquence au moment le plus opportun ainsi qu’à une utilisation de messages pré formatés.

Communications pilotes/contrôleurs par liaison de données : sécurité et capacité en vue

Le CPDLC (Controller-Pilot Datalink Communications) est le terme générique pour parler de communication sol/air par liaison de données (Datalink).

Les fonctionnalités initiales du Datalink ont été mises en service dans les 5 centres de contrôle en route de la DSNA en 2015 et 2016.

Quelles sont ces fonctionnalités initiales, dites IOC (Initial Operating Capabilities)?

3 services Datalink différents seront proposés aux équipages :

  • DLIC : DataLink Initiation Capability, permet de se connecter aux différents autres services
  • AMC : ATC Microphone Check, permet d’avertir les équipages en cas d’émission permanente (micro bloqué) rendant les radiocommunications impossibles.
  • ACM : ATC Communications Management, permet les transferts de fréquence par Datalink.
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Crédits : Tous droits réservés - DGAC

Sur l’écran « radar » de la position de contrôle, un éclair à côté de l’indicatif du vol symbolise son éligibilité à un transfert de fréquence par Datalink. Par simple clic sur l’étiquette d’un vol, le contrôleur vérifie l’information du secteur suivant et de la fréquence associée. Il peut décider de valider l’envoi d’une instruction de transfert de fréquence par Datalink.

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Un message « CONTACT [atsUnit][frequency] » est alors envoyé à l’équipage et un « encadré » apparaît autour de l’éclair pour symboliser le transfert en cours.

Si toutefois au bout d’un certain temps la réponse confirmant la bonne prise en compte côté bord de la fréquence à contacter n’était pas reçue, une alerte « Revert To Voice », apparaitra. Le contrôleur entreprendrait alors immédiatement un retour à la voix pour clarifier la situation avec la phraséologie suivante : « DISREGARD CPDLC TRANSFER MESSAGE ; CONTACT [AtsUnit][Frequency] ».

L’utilisation du transfert de fréquence par Datalink sécurise la transmission de la bonne fréquence à contacter. La fréquence transmise est directement chargeables dans le Radio Management Panel à bord des avions.

Eligibilité pour la phase Datalink IOC

Les opérateurs aériens souhaitant utiliser le CPDLC dans les espaces français n’ont pas besoin de se faire connaître à l’avance.
A partir du mois du 10 août 2017, les services CPDLC IOC sont déclarés opérationnels pour les avions disposant de l’équipement ARINC. Depuis 2016, le réseau ARINC VDL 2 en France a été mis à jour de manière continue afin de répondre aux exigences techniques CPDLC.

Une procédure simple et cohérente

 

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Prochaine étape: le Datalink FOC (Full Operating Capabilities)

Les instructions de contrôle pourront elles aussi être transmises par liaison de donnée. Ce service supplémentaire permettra aux contrôleurs de transmettre des clairances de route (mise en directe sur un point, etc), de manœuvre (cap), d’ajustement de vitesse et de profil de vol (niveau de vol) par CPDLC. Il permettra également aux équipages d’émettre des demandes de modification de route ou de profil de vol auprès du contrôle aérien.

Bénéfices pour les équipages et les opérateurs aériens

Sécurité

  • Réduit les situations de fréquence surchargée
  • Recentre les contrôleurs aériens sur leurs tâches prioritaires : garantir des séparations sûres et efficaces, des séquences d’arrivées fluides
  • Réduit le nombre d’incompréhensions.

Des communications plus efficaces

  • Réduit le nombre de messages à répéter,
  • Le transfert de fréquence est réalisé au meilleur moment,
  • Simplifie les communications pilotes/contrôleurs grâce à l’utilisation de messages pré formatés

Capacité

  • Des communications plus précises et plus rapides avec le contrôle aérien
  • L’augmentation de capacité des espaces aériens français est estimée entre 3% (avec les systèmes de gestion du trafic aérien actuels) et 15% (avec 4-flight, le futur système de gestion du trafic en route de la DSNA)

Déploiement dans les centres en routes de la DSNA

 

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Pourquoi une phase intermédiaire CPDLC FOC uniquement à Bordeaux et Brest ?

Dans les espaces gérés par les centres en route de Bordeaux et de Brest, le trafic a particulièrement augmenté durant les derniers étés et principalement le long des axes sud-ouest (routes de vacances du nord de l’Europe vers les Canaries et l’Espagne). Ces routes sont de plus en plus empruntées (+24% entre le Royaume Uni et les Iles Canaries en une année, +11% pour le trafic de Brest depuis janvier 2017). Si l’on ajoute tous les autres axes de vacances traversant les espaces de Bordeaux et de Brest, la hausse de trafic explique en grande partie les problèmes de capacité rencontrés par ces deux centres et les délais qui en résultent. Il est donc nécessaire d’agir de manière anticipée pour répondre au besoin en capacité des secteurs en question. La DSNA a accéléré le déploiement de toutes les fonctionnalités du Datalink dans les espaces de Bordeaux et Brest pour répondre à ce besoin. Le Datalink FOC est en effet un moyen concret d’y améliorer la capacité.

Quelle place pour l’humain?

La voix reste dans tous les cas, le moyen primaire de communication pilotes-contrôleurs est prioritaire sur tout dialogue CPDL, pour lever un doute par exemple ou apporter une correction.
Les acteurs de première ligne (pilotes & contrôleurs) sont les seuls à pouvoir estimer quand il devient nécessaire de revenir aux radiocommunications et les moments ou l’environnement électronique fournit son plein potentiel.
Le service ACM (transfert de fréquence par liaison de données) doit être utilisé en l’absence de pression temporelle, dans des situations tout à fait normales et lorsque le secteur suivant prévu par le système est bien celui vers lequel le contrôleur souhaite transférer le vol.