Déclaration de Sébastien Lecornu au point presse à la préfecture de la Meuse

Le Jeudi 22 février 2018

Seul le prononcé fait foi

Sur le volet « Ordre public »

L’opération d’évacuation qui a eu lieu ce matin s’inscrit dans la volonté du gouvernement de mettre fin aux occupations illégales sur les différents sites de contestation du territoire français.

L’Etat de droit est en effet la condition absolue de la concertation et le préalable à une discussion sur le projet. Il ne pourrait en être autrement.

Le Gouvernement applique une décision de Justice (ordonnance d’expulsion) pour mettre fin à l’occupation du Bois Lejuc par des occupants illégaux et ce pour permettre à l’ANDRA de se conformer à ses obligations légales.

Ces occupants illégaux ne bénéficient pas de la trêve hivernale puisqu’aucun occupant illégal n’était installé à temps plein sur le site. Il s’agissait de relais organisés par les squatteurs dans des bivouacs précaires.

Tout est fait pour empêcher la constitution d’une ZAD, c’est-à-dire des constructions en dur et je le dis clairement, l’Etat reviendra autant de fois qu’il le faudra.

Environ 500 gendarmes ont été mobilisés sur cette opération. 5 escadrons de gendarmerie mobile et des effectifs de la gendarmerie départementale. Un dispositif volontairement efficace et dissuasif sous l’autorité de la Préfète de la Meuse et supervisé par le DGGN ici présent.

Les occupants illégaux du Bois-Lejuc appartiennent en partie à la mouvance d’extrême gauche anarchiste. Ils se sont distingués à plusieurs reprises par leur grande violence :
-    En juin 2017, une quarantaine de personnes saccageait un hôtel-restaurant de Bure, cantine de nombreux employés de l’ANDRA. Ils avaient même tenté de l’incendier.
-    Chaque semaine, des dégradations et des caillassage sur les forces de l’ordre sont constatés. Plusieurs procédures sont d’ailleurs en cours.

A 6h15, la Gendarmerie nationale a donc procédé à l’encerclement et à l’évacuation du Bois-Lejuc.

Gérard COLLOMB, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, a salué l’engagement des gendarmes et le travail de préparation, menée conjointement par la Gendarmerie et la Préfecture de la Meuse, qui a permis à cette opération de se dérouler très rapidement, et sans violence.

Une perquisition a été commandée par les évènements de la matinée, des violences sur les gendarmes et la mise en place d’obstacles sur la voie publique sur réquisition du Procureur de la République de Bar-le-Duc. Elle a donné lieu à 4 gardes à vue à laquelle s’ajoute une garde à vue lors de l’évacuation du bois Lejuc ce matin. A cette heure, cette perquisition n’est pas terminée.

Le Gouvernement tient à assurer le Maire de Bure qu’il sera accompagné dans la réhabilitation de sa Mairie où une quinzaine de vitres ont été brisées le matin.

Cette évacuation était une condition préalable pour rétablir d’une part des conditions sereines de travail et d’autre part des conditions de vie normale pour les habitants de Haute-Marne et de la Meuse dans le projet Cigéo.

 

Sur le volet concertation et sur le fond du projet

Je veux redire qu’on soit opposé ou favorable au nucléaire, on sait que les déchets existent et qu’il faut trouver une solution responsable.

La sûreté et sécurité du stockage nucléaire sont donc la priorité du gouvernement :

Le stockage géologique à grande profondeur tel que le prévoit le projet Cigéo a été reconnu par la loi comme la meilleure solution pour le stockage de déchets à très longue durée de vie qui ne peuvent être stockés en surface.

C’est la moins mauvaise des solutions à ce jour, qui ne reporte pas la charge de la gestion des déchets pour les générations futures. Pour l’ASN, l’enfouissement est la solution la plus responsable, en l’état actuel de nos connaissances scientifiques et techniques. La loi de 2016 prévoit que le stockage géologique soit réversible pendant au moins cent ans.

Le projet Cigéo sera une installation hors normes :
-    par sa nature et son volume : le stockage des déchets radioactifs les plus dangereux
-    par son échelle de temps : exploitation sur 150 ans, déchets actifs sur des centaines de milliers d’années
-    et par son coût : estimé à 25 milliards d’euros au moins.

Il s’agit d’un projet d’intérêt national que la Meuse et la Haute-Marne accueillent. Cela oblige l’Etat et la Nation. Nous accompagnerons les habitants, les élus, les acteurs économiques sur la durée. Il y a eu 3 lois et des procédures sont prévues dans ce pays pour organiser la concertation.

Ce matin, le Gouvernement a rétablit l’ordre pour que la concertation qui dure depuis 1990 puisse reprendre.
-    On redonne ainsi son bien au propriétaire (l’ANDRA) pour qu’il fasse son travail.
-    Notre responsabilité est de faire en sorte que ce projet continue d’avancer vers sa phase pilote industrielle en veillant à son acceptation locale et nationale tout en interrogeant en permanence le modèle retenu au regard des connaissances techniques et scientifiques qui sont en notre possession.
-    Cela exige de réinventer en permanence un modèle de concertation puisqu’il s’agit d’un projet hors normes. C’est sur cette dimension que m’ont missionné le Président de la République et le Premier ministre. Nicolas Hulot y est très attaché dans ce dossier comme dans tous les dossiers d’infrastructures ou grands projets.

Lors de mon déplacement le 29 janvier dernier, je m’étais engagé à revenir en Haute-Marne et dans la Meuse avant le comité de haut niveau du 7 mars prochain pour m’entretenir avec toutes les parties prenantes, favorables et opposés au projet Cigéo.

L’Etat revient donc dans le pilotage de la concertation sur le projet de CIGEO.

Dès aujourd’hui, je suis donc sur le terrain à la rencontre des porteurs de projets de développement économique sur le territoire et des élus locaux de Haute-Marne et de la Meuse.

Je rencontrerai ce soir et demain les élus et les associations opposées au projet Cigéo. Le Gouvernement veillera à élargir l’espace de concertation avec l’opposition qui a fait le choix de s’exprimer de manière démocratique.

A ce titre, je ferai des propositions lors du comité de haut niveau du 7 mars pour que l’ANDRA dépose concomitamment un dossier de demande de déclaration d’utilité publique et un plan de concertation permettant notamment aux acteurs scientifiques de pouvoir s’exprimer tout au long de l’avancement du projet.

Vous l’avez compris, comme dans tous les dossiers sensibles, le Gouvernement poursuit la même méthode faite de dialogue avec toutes les parties-prenantes et de fermeté avec ceux qui se sont eux-mêmes exclus en ne respectant pas les principes de l’Etat de droit.