Etude et recensement de la biodiversité sur les aéroports

Le Lundi 17 octobre 2016
Les aéroports sont des milieux naturels bien plus ouverts qu’on ne pourrait le penser et peuvent jouer un rôle positif sur leur environnement et le préserver. La compagnie aérienne HOP ! a créé à l’automne 2013 l'association, HOP ! Biodiversité, pour recenser et étudier la biodiversité sur plusieurs aéroports français.

Une démarche innovante et vertueuse

L’association HOP ! Biodiversité a vocation à fédérer les acteurs de l’aérien et la science, partout en France, autour des enjeux liés à la connaissance et à la valorisation de la biodiversité sur les plates-formes aéroportuaires.

Le nombre total d’aéroports en France, représente une surface importante de l’ordre de cinq fois celle de Paris. Or, ces aéroports abritent très majoritairement des espaces qui sont laissés dans leur état semi-naturel et constituent autant de prairies ou de steppes, qui s’avèrent être des espaces écologiques menacés en Europe. Les aéroports ont conscience qu’ils sont aussi des gestionnaires de zones réservées qui abritent une biodiversité ordinaire riche et bénéfique pour l’environnement.

Hop ! a initié ce projet pour connaître la biodiversité sur plusieurs aéroports desservis par la compagnie en partant d’une intuition simple : connaître la biodiversité sur ces espaces, c’est prendre conscience de notre environnement, le respecter et agir pour le préserver à l’avenir.

L’objectif est d’évaluer la biodiversité des aéroports, d’identifier les bonnes pratiques et de promouvoir une gestion des espèces plus naturelle et respectueuse de la biodiversité.

Cette démarche innovante et vertueuse porte un regard nouveau sur la manière dont les activités humaines peuvent coexister avec leur environnement et le préserver. Du point de vue de la biodiversité, les aéroports sont des milieux naturels bien plus ouverts qu’on ne pourrait l’imaginer et joue un rôle positif sur leur environnement. Cette démarche a vocation à sensibiliser le plus grand nombre et notamment le monde éducatif.

Les aéroports : terrain inattendu de la biodiversité

A contre-courant des idées reçues, ces espaces aéroportuaires sont naturellement protégés et appartiennent potentiellement aux dernières grandes prairies d’Europe. Ils abritent une faune et une flore constitutives des écosystèmes locaux et sont partie prenantes des trames vertes. En effet, ils sont un passage et non un obstacle à la dissémination des espèces. La sécurité des biens et des personnes reste prioritaire dans cette démarche.

La DGAC soutient ce projet car la protection de la nature n’est pas seulement une question d’espèces très rares : la biodiversité ordinaire est un enjeu important et essentiel. Valorisation du patrimoine public, sécurité de l’aviation et protection de la biodiversité vont de pair.

Une démarche fédératrice

Les fondateurs du programme sont l’aéroport de Castres Mazamet, l’aéroport Lorraine Airport, Groupe ADP (Aéroport d’Orly), l’aéroport de Perpignan Sud de France et la DGAC.

Cette association s’appuie sur un Comité scientifique réunissant les scientifiques du Muséum d’histoire naturelle et des universitaires. Ce comité est le garant de la méthodologie mise en œuvre et des résultats obtenus sur le terrain. A l’échelle nationale et via les programmes de sciences participatives mis en place, les zones aéroportuaires peuvent constituer un réseau de fournisseur de données biologiques.

Gilles Bœuf, président du Muséum d’histoire naturelle et François Bouvier, Président du Comité scientifique HOP ! Biodiversité apportent leur patronage à cette institution nouvelle.

Lors de la COP21, mercredi 9 décembre 2015, HOP ! Biodiversité a obtenu le label du ministère de la Transition écologique et solidaire pour son engagement dans la Stratégie nationale pour la biodiversité.

Le 17 décembre 2015, l’association HOP ! Biodiversité, a accueilli 6 nouveaux aéroports dans l’association :

  • Agen-La Garenne
  • Brive-Vallée de la Dordogne
  • Caen-Carpiquet
  • Montpellier-Méditerranée
  • Strasbourg-Entzheim
  • Toulouse-Blagnac

Le 25 avril 2016, la grande majorité du transport aérien corse a rejoint le programme avec l’adhésion :

  • d’Air Corsica
  • des Chambres du Commerce et d’Industrie de Haute Corse et de Corse du Sud qui représentent les aéroports d’Ajaccio, de Bastia et de Calvi.

Le 12 décembre 2016, l’association accueille :

  • l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle (Groupe ADP)

L’aéroport de Paris-Charles de Gaulle est le 1er aéroport français. Cette grande plaine du Nord du bassin parisien possède une surface de plus de 32 km2 et constitue un très grand espace vert non agricole.
Avec ce nouveau partenariat, HOP! BIODIVERSITÉ multiplie par deux la zone de prairies aéroportuaires concernées par son programme de préservation, comme chaque année depuis le début du projet en 2014.

 

Les travaux ont commencé

Dès le printemps 2016, les scientifiques de l’association ont commencé le travail de terrain sur les prairies aéroportuaires, dans des conditions optimales grâce à une météo très favorable. Ils évaluent avec les personnels volontaires des aéroports, la diversité biologique et la richesse naturelle des différents sites.

Les volontaires des aéroports ont découvert ainsi la vie sauvage qui prospère sur leurs terrains et dont ils n’avaient pas conscience.
La saison a démarré avec les aéroports de Paris-Orly, Brive-Vallée de la Dordogne, Agen-La Garenne, Castres-Mazamet, Perpignan-Sud de France et Montpellier-Méditerranée.

Fin 2016, outre les collectes de données, des protocoles de science participative ont été relancés. C’est aussi l’époque d’évaluation de la qualité des sols avec le programme « Test Bêche Vers de Terre de l’Université de Rennes 1 ».
Le ver de terre n’est pas l’animal le plus attrayant, mais il indique par sa variété et sa présence en quantité, l’état du sol sur lequel repose la dynamique naturelle. Certains volontaires se sont donc un peu forcés, ont surmonté leurs appréhensions, et finalement réussi à trier la terre pour en extraire les vers.
À Montpellier, le processus a été rapide avec le soutien d’une vingtaine d’assistants. À Perpignan, les échantillons de sol caillouteux ont été rendus possibles par la mise à disposition d’une pelleteuse. Pour l’ensemble des aéroports, la collecte a été bonne et tous attendent avec impatience l’analyse scientifique pour partager les résultats.
Cette démarche coordonnée et les particularités biologiques de l’Île de Beauté apportent une forte stimulation à la jeune association.

Début 2017, Franck Goldnadel, Directeur de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, accompagné de Lionel Guérin, Président de l’association HOP! Biodiversité, ont organisé le lancement de la campagne d’observation et d’évaluation de la biodiversité sur la plateforme aéroportuaire de Paris-Charles de Gaulle. À l’occasion d’une première visite terrain, Roland et Julia Seitre, docteurs vétérinaires et dirigeants de HOP! Biodiversité, ont présenté les programmes qui seront prochainement mis en place sur la plateforme aéroportuaire
Les scientifiques de l’association organiseront un travail de terrain sur la prairie de l’Aéroport de Paris-Charles de Gaulle avec la participation de personnels volontaires. À l’aide de protocoles de sciences participatives pilotés par le Muséum national d’Histoire naturelle, ils dresseront ensemble un inventaire des espèces et assureront des suivis réguliers afin d’évaluer la diversité biologique et la richesse naturelle des différents sites.

Les premiers résultats

  • + de 2500 données d’observations sur 2 ans
  • 1 000 espèces végétales et animales recensées (dont 120 espèces d’oiseaux) sur 5 plates-formes
  • 167 espèces d’oiseaux différentes par aéroport
  • 46 espèces de mammifères
  • 34 espèces différentes de chauves-souris
  • 33 taxons d'orchidées

Une biodiversité bien gérée, le risque animalier pour l’aviation minimisé

Outre la connaissance, une bonne gestion de la biodiversité aux abords des aéroports contribue à minimiser les risques animaliers. Concrètement, favoriser des écosystèmes équilibrés, sans prolifération de telle ou telle espèce sur les prairies est une manière de renforcer la sécurité sur les aéroports. Tous les aérodromes d'intérêt national ont fait l'objet d'études spécifiques. Depuis 2009, ils ont été dotés d'un service de prévention du péril animalier chargé de mettre en œuvre les méthodes d'effarouchement. L'effarouchement consiste à éloigner les oiseaux des sites aéroportuaires en utilisant différents moyens : sonores, visuel (rayon laser), pyrotechniques.