François de Rugy lance le deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique

Le Jeudi 20 décembre 2018
François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, a lancé aujourd’hui le deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) pour la période 2018-2022. Son objectif : mieux préparer la société française au changement climatique, en impliquant les principaux secteurs de l'économie (agriculture, industrie, tourisme…) et les territoires.

Hausse des températures plus forte que la moyenne mondiale, vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, précipitations et sécheresses extrêmes, hausse du niveau de la mer, intensification des cyclones : tels sont les impacts du changement climatique que les émissions de gaz à effet de serre passées rendent désormais inéluctables et auxquels la France doit se préparer.

L’action climatique de la France s’appuie sur deux piliers complémentaires : l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Pour l’atténuation, le Gouvernement a présenté il y a deux semaines une stratégie afin de limiter l’ampleur du changement climatique avec la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la nouvelle Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Pour l’adaptation, la France se dote d’un deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique que nous dévoilons ce jour afin de faire face aux impacts du changement climatique.
François de Rugy

La France s’est très tôt dotée d’une stratégie de planification de l’adaptation au changement climatique. Dès 2011, elle a publié le premier PNACC pour une période de cinq ans, avec l’objectif d’intégrer l’adaptation à l’ensemble des politiques publiques.

En s’appuyant sur les recommandations issues de l’évaluation du premier PNACC, et pour mettre nos politiques publiques en cohérence avec l’Accord de Paris, l’élaboration du deuxième PNACC s’est appuyée sur une large concertation qui a mobilisé pendant près de deux ans 300 représentants de la société civile, des experts et des représentants des collectivités territoriales et des ministères concernés.

Les travaux ont été organisés selon six domaines d’action, qui structurent les priorités du nouveau Plan : Gouvernance et pilotage ; Connaissance et information ; Prévention et résilience ; Adaptation et préservation des milieux ; Vulnérabilité de filières économiques ; Renforcement de l’action internationale.

Le PNACC2 se distingue ainsi par une plus grande implication des acteurs territoriaux, une attention forte portée à l’outre-mer, l’implication des grandes filières économiques et la priorité donnée aux solutions fondées sur la nature partout où cela a du sens.

Le PNACC2 en 10 actions concrètes :

  • Lutter contre les feux de forêt avec l’acquisition de 6 avions bombardier d'eau pour conforter le dispositif du ministère de l'Intérieur : d'ici 2050, 50% des espaces naturels français seront soumis au risque incendie.
  • Renforcer la vigilance météo avec le déploiement de 5 nouveaux radars à horizon 2021, et l’extension du système d'alerte et d'information des populations en outre-mer avec un premier dispositif de 15 sirènes déployé dès 2019 aux Antilles.
  • Faire un point complet des normes et référentiels techniques pour prendre en compte le climat futur.
Focus sur le bâti
Les projections climatiques, selon le scénario pessimiste, mais qui correspond à la trajectoire actuelle d'émissions de gaz à effet de serre, prévoient des canicules de 90 jours tous les ans. Sans amélioration du bâti, le taux d'équipement des logements français en climatisation passerait de 4 à 30% d'ici 2050.
La Réglementation Thermique 2012 (RT2012) impose une température intérieure à ne pas dépasser lors d'une période de 5 jours très chauds. 
Focus sur les infrastructures de transport
La hausse du niveau de la mer pourrait atteindre 1 mètre d'ici la fin du siècle en France : 19 800 km de routes et 2 000 km de voies ferrées seraient alors régulièrement inondés. Les températures élevées engendrent également des problèmes de dilatation des rails et d'inconfort pour les voyageurs.
  • Identifier les territoires et milieux à risque en publiant un ouvrage de référence sur les impacts du changement climatique attendus en France.
  • Développer un centre de ressources sur l'adaptation pour faciliter le partage de bonnes pratiques et mesurer les progrès de la France pour s'adapter au changement climatique (Cerema).
  • Diffuser des messages de prévention par le service sanitaire des étudiants en médecine (selon une enquête menée en 2015, seuls 4% des personnes âgées pensent être à risque en période de canicule et seuls 4% d'entre eux se sont inscrits sur les registres municipaux).
  • Intégrer la thématique du changement climatique et de l'adaptation dans les cursus scolaires, de l'école à l'enseignement supérieur, en commençant par les 12 écoles du Ministère de la Transition écologique et solidaire qui forment 7 000 étudiants dont 1 000 futurs fonctionnaires par an.
  • Effectuer une étude sur les freins à la mobilisation locale des fonds européens (36% des 298 M€ dédiés à l'adaptation programmés, 2% dépensés).
  • Etablir des prospectives économiques pour identifier les filières à risque et les mesures d'accompagnement (notamment tourisme en métropole et en outre-mer).
  • Créer de nouveaux outils d'aide à la décision dans le secteur forestier (quelles essences planter aujourd’hui ?).
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