G7 Environnement : quelle planète d’ici à 2050 ?

Le Lundi 6 mai 2019

Crédits : Ministère
Quelle vision du monde d’ici à 2050 ? C’est sur cette ambitieuse question que plusieurs acteurs sont venus échanger, présentant des constats, des pistes de réflexion et des initiatives durables. Des acteurs venus de milieux très différents (politique, culturel, économique, spatial…) mais partageant la même ambition.

« L’eau, la terre, les plantes et les animaux sont sacrés : ce sont les êtres qui nous donnent notre raison d’être ». C’est par ces mots que Benki Piyako, leader politique et spirituel autochtone Ashaninka au Brésil, a commencé son propos. Aujourd’hui maire de sa tribu, il œuvre depuis de nombreuses années en faveur de la protection de l’environnement : « Quand j’ai vu la rivière morte à Sao Paulo, je me suis donné la responsabilité de former les plus jeunes de mon peuple : je leur raconte ce que j’ai vu pour qu’ils protègent la nature ». Une action qui porte ses fruits puisque 2 millions d’arbres ont été plantés sur son territoire. En 10 ans de travail, 8000 personnes se sont engagées, une fierté pour l’homme politique pour qui la protection de la nature est un combat de tous les jours.

La nature était justement au cœur du propos d’Isabelle Delannoy, agronome et auteure de « L’économie symbiotique ». L’enjeu, selon elle, est aujourd’hui de régénérer les systèmes vivants : parcs au milieu de la ville, dépollution de l’eau grâce à des roseaux ou des nénuphars... Les solutions existent et elles sont créatrices de lien : « Les gens se rencontrent et ont envie de partager. Cela crée une économie vivante, globale et ces belles initiatives partent des territoires ». Cyril Dion, journaliste, auteur et réalisateur a ensuite rappelé la nécessité d’agir vite : « On parle de 2050 mais en réalité c’est ce qu’on va faire encore aujourd’hui et 2025 qui va être crucial ».

Quelle planète en 2050

A quoi ressemblera la planète en 2050 et quelles sont les pistes de travail nécessaires ? C’est sur ces aspects que Janez Potocnik, ancien commissaire européen économiste et président de l’International Ressources Panel (IRP) a développé son exposé. Soulignant les principaux défis à venir du siècle (9,5 millions d’habitants sur Terre en 2050), l’économiste a rappelé que « d’après le club de Rome, nous sommes passés d’un monde dit « vide » dominé par la nature, à un monde dit « plein » où les ressources et les critères environnementaux limitent le bien-être des hommes ». Parmi les pistes d’amélioration, l’économie circulaire, « un des instruments majeurs pour parvenir au changement nécessaire. C’est le concept économique le plus ancien qui existe car tout peut se réutiliser dans la nature ».

Un regard optimiste

La table ronde s’est ensuite poursuivie par la présentation de Nathalie Meusy, responsable développement durable à l’Agence spatiale européenne. L’espace est un outil d’inspiration permettant de dresser des diagnostics sur la santé de la Terre. Les satellites apportent des données très fines. Certaines sont disponibles en open source depuis deux ans auprès des citoyens et des entreprises. Des citoyens qui pourront se projeter dans une toute nouvelle société grâce au prochain projet artistique du groupe Symbiome. Yannick Monget, auteur, artiste et fondateur du Symbiome, un groupe sensibilisant le grand public aux problématiques environnementales et à la gouvernance éthique a notamment présenté quelques œuvres issues de son prochain ouvrage « ESPOIRS » à paraître fin 2019 et de l’exposition éponyme. Le projet présentera des photos de ce que pourrait être notre planète si « nous n’arrivons pas à définir un nouveau chemin à tracer ». Car comme le souligne Nathalie Meusy : « Il faut porter un regard optimiste sur l’avenir ».