Généralités sur le risque inondation en France

Le Jeudi 30 avril 2020
Les inondations représentent le premier risque naturel en France : elles menacent des vies, des habitations, des emplois, et tous les territoires sont concernés.

Les chiffres-clés du risque inondation en France

 

  • 17,1 millions d'habitants permanents exposés aux différentes conséquences des inondations par débordement de cours d’eau, dont 16,8 millions en métropole.
  • 1,4 million d’habitants exposés au risque de submersion marine.
  • Plus de 9 millions d’emplois exposés aux débordements de cours d’eau et plus de 850 000 emplois exposés aux submersions marines.
  • 20% des habitations exposées aux submersions marines sont de plain-pied.

Les différents types d’inondation

 

On distingue différents types d’inondation :

  • crue ou débordement de cours d’eau
  • ruissellement
  • submersion marine
  • remontée de nappe phréatique
  • rupture d’ouvrage
  • autre : débordement de lac, rupture de poche glaciaire, débordement de réseaux d’eaux pluviales, etc.

Ces différents types d’inondation peuvent être liés entre eux, par exemple le ruissellement contribue au débordement des cours d’eau, une submersion marine peut causer ou aggraver un débordement de cours d’eau, un débordement de cours d’eau peut causer une remontée de nappe phréatique (nappe alluviale), une rupture d’ouvrage peut causer ou aggraver un débordement de cours d’eau ou une submersion marine, et à l’inverse un débordement de cours d’eau d’un niveau dépassant le niveau de protection de l’ouvrage peut causer sa rupture partielle ou totale.

A l’origine de ces phénomènes, sauf cas de rupture d’ouvrage, se trouve un aléa météorologique : fortes pluies en intensité ou en durée pour le ruissellement et pour les crues, ainsi que pour les remontées de nappes, houle de forte intensité et/ou niveau marin élevé pour la submersion marine, orages, tempêtes, cyclones en Outre-mer. Les submersions marines peuvent avoir également une autre origine : un séisme sous-marin dans le cas des tsunamis.

Les inondations peuvent être très variables en extension, allant d’une commune à l’ensemble d’un grand bassin hydrographique voire de plusieurs grands bassins, et en durée : de quelques heures à plusieurs mois. Les crues peuvent être rapides dans les territoires de montagne ou méditerranéens, ou lentes dans les plaines.

Les inondations peuvent faire l’objet d’effets aggravants : l’état des sols peut aggraver le phénomène de ruissellement : sols gelés, très secs ou à l’inverse saturés en eau. Les crues peuvent être aggravées par la fonte des neiges au printemps, par une rupture d’ouvrage créant un sur-aléa à son voisinage, par des embâcles. Un effet aggravant se trouve aussi dans la vulnérabilité du bâti (fragilité de la construction vis à vis de l’inondation, absence d’étage, etc.).

Les évènements remarquables

 

Quelques exemples d’évènements remarquables ayant touché la France ces dernières années :

 

Crues du 15 octobre 2018 dans l'Aude : sur un axe allant du Cabardès aux Corbières, des cumuls de pluie atteignant 300 mm en 6 heures provoquent au niveau de Trèbes une crue exceptionnelle de l’Aude et de ses affluents issus de la Montagne Noire, notamment le Trapel et l’Orbiel. L’Orbiel atteint un pic à 490m³/s, et l’Aude à Trèbes atteint 1700m³/s. Les hauteurs atteintes par l'Aude à Trèbes et Puichéric sont comparables à celles de la crue de référence de 1891. L'onde de crue progresse ensuite en engendrant une crue importante sur les basses plaines de l'Aude.

Inondations de mai-juin 2016 : pendant plusieurs semaines, les régions Centre et Île-de-France ont été soumises à des épisodes de pluie récurrents qui ont fait du mois de mai 2016 le plus pluvieux sur ces régions depuis le début des suivis météorologiques il y a 150 ans environ. Ces pluies intenses sur des sols déjà gorgés d’eau ont favorisé le ruissellement et ont entraîné la montée des cours d’eau. Les affluents franciliens de la Seine, le Loing et l’Ouanne, ainsi que certains affluents de la Loire, ont connu une crue exceptionnelle pour cette époque de l’année. Le tronçon Loing amont - Ouanne a ainsi été placé le 31 mai en vigilance rouge inondation, de même que le tronçon Loing aval, le 1er juin. Sur le bassin Seine-Normandie, seules les rivières du bassin du Loing et les affluents franciliens de la Seine et de la Marne ont atteint des hauteurs remarquables. Le caractère exceptionnel de la crue ne s’est donc pas généralisé à l’ensemble du bassin. Du côté de Paris les débordements ont affecté certains bâtiments, entraîné la fermeture des voies sur berges et provoqué l'arrêt de certains transports (dont le RER C). La Seine a atteint un niveau maximal de 6,10 mètres le 3 juin 2016 (contre 8,62 mètres en 1910) à la station de mesure d'Austerlitz.

Inondations des 3 et 4 octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes : le 3 octobre au soir les communes de la zone côtière entre Mandelieu-la-Napoule et Nice ont subi un épisode orageux intense, avec des pluies dont l’intensité a dépassé 100 mm en 1 heure et 150 mm en 2 heures. L’inondation est surtout le fait du ruissellement en milieu urbain. L’évènement a causé 20 décès et les dégâts matériels sont de l’ordre de 1,2 milliard d’euros.

La tempête Xynthia qui s’est abattue sur la France les 27 et 28 février 2010 a causé d’importants dégâts humains et matériels,  par submersion marine aggravée par la rupture de digues. Quatre départements sont fortement touchés. 3 millions d'euros ont été débloqués pour venir en aide aux sinistrés.

Consulter le bilan des actions de l'Etat suite à la tempête Xynthia

Inondations : une action dans le temps
Crédits : MEEM