Transition énergétique : à Gerde, la concertation est au cœur de l'action

Le Lundi 20 mars 2017
Village de Gerde, photographié par drône
Crédits : D. Louis/Aéro-D-Clic
À Gerde (Hautes-Pyrénées), l'environnement est l'affaire de tous. Pour la conception de ses projets d'aménagement, ce village de 1200 habitants, lauréat Territoires à Énergie positive pour la Croissance verte (TEPCV), expérimente un processus de concertation inédit avec les habitants, aidé par un collectif d'architectes.

Une nouvelle expérience : la coconstruction des projets d'aménagement

« Cela m'étonne qu'on ne procède pas ainsi partout, ou qu'on ne l'ait pas fait plus tôt. » Marc Decker, maire de Gerde, se félicite encore d'avoir entraîné son village de 1200 habitants dans une expérience nouvelle : la coconstruction des projets d'aménagement. « En 2015, nous avons organisé des ateliers thématiques qui ont attiré plus de 60 participants ; les propositions qui en sont sorties ont alimenté notre réponse à l'appel à projets TEPCV ». Parmi ces projets, la création d’une zone de rencontre en centre-bourg pour favoriser les mobilités douces se prêtait particulièrement bien à l'exercice de la concertation.

Qu'est-ce qu'un TEPCV ?

Les Territoires à énergie positive pour la croissance verte sont des territoires qui s’engagent dans une démarche permettant d’atteindre l’équilibre entre la consommation et la production d’énergie à l’échelle locale. Leur plan d’action s’appuie sur 4 piliers : favoriser l’efficacité énergétique ; réduire des émissions de gaz à effet de serre ; diminuer la consommation d’énergies fossiles ; développer les énergies renouvelables.

Mobiliser les habitants sur l'écologie

C'est le collectif Habiter qui, depuis 2015, travaille comme médiateur entre la municipalité et les habitants pour recueillir, analyser et représenter les pratiques et les usages afin de faire naître des projets. Composé de jeunes professionnels, trois architectes D.E. et une agronome, Habiter tient des permanences deux jours par semaine dans La Maison, lieu d'échanges et de rencontres intergénérationnel. « C'est un lieu neutre, hors mairie », tient  à souligner Marc Decker. « Ces jeunes professionnels réunissent la neutralité, l'écoute et leurs compétences techniques. Après leurs ateliers avec la population, des temps de rencontre avec les élus sont programmés pour la restitution de leurs travaux et la proposition d'axes de travail et de projets. » Un doctorant en communication sur le développement durable et une jeune sociologue en service civique prêtent leur concours au collectif Habiter avec l'objectif de susciter de la mobilisation et de l'engagement pour l'écologie chez les habitants. « Nous ne sommes pas des porte-parole des uns ou des autres, tient à préciser le collectif. Notre rôle est de comprendre les pratiques des habitants, leur manière de vivre leur environnement, et de créer des synergies. »

Fait inhabituel et caractéristique de cette démocratie participative : l'équipe municipale n'avait pas d'idée arrêtée sur le projet d'aménagement du centre-bourg et rien n'est définitif dans les premières étapes de réalisation du projet. « Nous mettons en place des dispositifs provisoires pour tester les solutions », indique le maire. Ce que confirme le collectif Habiter, pour qui « les citoyens sont les experts du terrain. L'avenir du village est une page blanche à écrire ensemble ».