La gestion de l'impact environnemental et sanitaire suite à un accident industriel

Le Vendredi 16 février 2018
Une installation industrielle est susceptible de générer des effets particuliers suite à un accident. Le retour d’expérience sur les catastrophes environnementales montre en effet qu’au-delà de l’organisation à proprement parler des secours, des soins de première urgence et de la réparation des dommages environnementaux les plus visibles, des effets différés sur la santé humaine et l’environnement peuvent être redoutés en raison de la toxicité et de la persistance de certaines substances émises dans l’environnement. En cas d’accident majeur, des troubles psychologiques peuvent également survenir de manière différée chez les personnes exposées. Ils représentent les effets sur la santé les plus fréquemment observés.

Quels sont les effets immédiats ou différés ?

Ils peuvent consister en :

  • une pollution des sols, des eaux de surface ou des eaux souterraines par différentes voies : par les eaux d’extinction incendie, par l’écoulement direct de substances pures présentes sur le site après une perte de confinement, par la remobilisation d’une pollution des sols déjà existante ;

  • une contamination de la ressource alimentaire (fruits, légumes, lait, viande, poissons, etc.) via les retombées des émissions générées par l’accident (bouffées, explosion, incendie, etc.) ou via la pollution de la ressource en eau ;

  • des altérations de la santé humaine du fait de l’exposition directe ou indirecte de la population avec des agents dangereux dispersés par l’accident ou du fait de l’impact psychologique dû à l’événement (pertes de vies humaine, dégâts matériels importants modifiant les conditions de vie).

Des substances dangereuses peuvent ainsi se retrouver, plusieurs mois après un accident, dans l’alimentation humaine ou animale (eau, cultures, élevage, etc.), dans des concentrations telles qu’elles constituent une menace pour la santé humaine ou des atteintes à l’environnement.

Les mesures de gestion

De telles contaminations nécessitent la prise de mesures de gestion telles que l’interruption de l’alimentation en eau potable, le retrait du marché et la destruction des aliments contaminés ainsi que des actions de suivi, de réhabilitation ou de soins des écosystèmes. Ces menaces sont généralement mises en lumière par les réseaux de surveillance existants dans le domaine de l’alimentation humaine ou animale, dans le domaine sanitaire ou bien encore par le biais des réseaux de surveillance de la qualité des eaux (eau de surface, eau souterraine) mais cette alerte intervient souvent tardivement.

C’est pourquoi, afin de prévenir ce type de contamination, une prise en compte précoce et globale des conséquences prévisibles des événements accidentels d’origine technologique sur les populations humaines sensibles et sur les milieux agricoles, faunistiques et floristiques est nécessaire.

La mise en œuvre d’une organisation efficace en situation post-accidentelle des services de l’État pour la gestion des situations de contamination durable est prévue par la circulaire du 20 février 2012 relative à la gestion des impacts environnementaux et sanitaires d’événements d’origine technologique en situation post-accidentelle et ses deux guides de gestion de l'impact environnemental et sanitaire en situation post-accidentelle - cas des accidents d'origine technologique:  la méthode générale et l'aide à l'inspection des installations classées - déclinaison de la méthode générale.