Le Gouvernement s’engage pour la conservation des chimpanzés en Ouganda

Le Mercredi 24 octobre 2018

Crédits : Jean-Michel Krief
En 50 ans, 70 % des populations de grands singes ont disparu. En cause, le braconnage, la capture, les maladies mais surtout la destruction de leur habitat naturel, en particulier les forêts tropicales. À l’occasion du colloque sur la conservation des grands singes organisé le 22 octobre 2018, en présence de François de Rugy, le Fonds français pour l’Environnement Mondial et le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) ont signé une convention de financement de près d’1 million d’euros pour la conservation des chimpanzés dans le parc national de Kibale en Ouganda.

Le parc national de Kibale (PNK) recèle une extraordinaire biodiversité, aujourd’hui menacée

Ce parc national au Sud-Est de l’Ouganda possède une biodiversité très riche ainsi qu’une forte concentration de primates et d’espèces menacées et emblématiques comme le chimpanzé ou les éléphants de forêt et de savane. Mais la zone autour du parc est aujourd’hui fortement dégradée : déforestation, perte de biodiversité, pollution des sols et des rivières dues aux activités agricoles autour du parc et aux prélèvements illégaux de ressources végétales et animales au sein du parc. Depuis 2008, le Projet pour la Conservation des Grands Singes (PCGS), porté par la primatologue Pr. Sabrina Krief, et le MNHN étudie, pour les préserver, les chimpanzés et leur habitat naturel dans la région.

Outre cet enjeu écologique de taille, le parc national de Kibale suscite un profond sentiment d'injustice chez les riverains, interdits d’accès à l’aire protégée depuis 1993, et qui estiment qu’elle génère pauvreté et malnutrition.

Par son approche de développement territorial intégrée, ce nouveau projet vise à répondre de manière globale à ces différents enjeux.

Un projet qui allie sauvegarde de la biodiversité et amélioration du bien être humain

Cette convention de financement allie à la fois approche de développement territorial intégrée et activités de recherche : une réponse originale et systémique, garante de relations pacifiées et économiquement durables entre populations locales, grande faune et forêt.

Ce projet, qui s’inscrit dans la mise en œuvre du plan biodiversité, contribue :

  • à améliorer la gouvernance participative des communautés riveraines du parc national
  • à réduire les conflits homme – faune sauvage touchant ces communautés : pertes de récolte liées aux incursions des animaux, braconnage
  • à améliorer la durabilité de l’agriculture en valorisant la production biologique et le commerce équitable des cultures existantes en bordure du parc national

En garantissant la survie d’un chimpanzé, ce sont des centaines d’espèces végétales et animales qui sont protégées. En participant à leur régénération, les grands singes sont essentiels aux forêts, dont dépendent directement des millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète.