GSE : les enseignements de la crise sanitaire au cœur du quatrième plan santé environnement

Le Jeudi 16 juillet 2020

Crédits : Damien Valente
Les attentes des citoyens sur les questions de santé environnement sont de plus en plus fortes. Le baromètre 2019 de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire sur la perception des risques et de la sécurité par les Français indique que les préoccupations liées à la dégradation de l’environnement concernent un Français sur trois. Des préoccupations en progression constante depuis 2009, auxquelles s’ajoutent des problématiques qui ont émergées pendant la crise sanitaire. Dans ce contexte, le Groupe santé environnement (GSE), qui se réunit les 16 et 17 juillet, est dédié aux enseignements de la Covid-19 et à leur prise en compte dans la construction du futur plan santé environnement, mis en consultation publique à la rentrée 2020.

“Un monde, une santé”, une approche intégrée de la santé

La crise sanitaire de la Covid-19 a mis en exergue des interrogations sur notre rapport au vivant. Les interactions fortes entre santé humaine, santé animale et santé de l’environnement sont mises en évidence. Ainsi, les comportements humains, par leur impact sur la biodiversité ou le changement climatique, pèsent lourdement dans l’origine des infections virales zoonotiques émergentes.

Dans ce contexte, le quatrième plan national santé environnement s’engage dans une approche intégrée : “Un monde, une santé”, qui repose sur un concept essentiel, “One health”. L’idée : une vision unifiée de la santé publique, animale et environnementale. Cette approche s’inscrit au cœur de l’écologie de la santé, et ouvre un champ de recherche s’intéressant aux interdépendances entre le fonctionnement des écosystèmes, les pratiques socio-écosystémiques et la santé des populations humaines, animales et végétales.

Ce plan national sera un plan chapeau des politiques sectorielles et ministérielles concernant la santé environnement. Il s’articulera autour de 5 axes :

  • dynamiser la recherche sur l’exposome ;
  • faciliter l’accès aux données pour mieux comprendre les interactions entre santé humaine, animale et des écosystèmes ;
  • développer une information grand public sur l’état de l’environnement local et les recommandations de comportement associées ;
  • faciliter la démultiplication de l’action au sein des territoires ;
  • évaluer, à l’aide d’indicateurs, la politique en santé environnement.

Il sera soumis à une consultation publique à la rentrée 2020, après une nouvelle consultation du GSE.

Les zoonoses : un sujet prioritaire pour éviter l’apparition de futures pandémies

Parmi les séquences qui font l’objet de discussions lors du GSE, la question des zoonoses est considérée comme prioritaire. En effet, le Centre pour le Contrôle et la Prévention des maladies (CDC) américain d’Atlanta et l’Office International de Epizooties (OIE) estiment que 75 % des maladies émergentes proviennent des espèces animales. Parmi celles-ci, les espèces sauvages occupent souvent un rôle prépondérant.

Pour éviter l’apparition de nouvelles pandémies, il faut comprendre leurs conditions d’émergence, de propagation et d’accélération. Pour ce faire, il semble donc nécessaire de faire évoluer les dispositifs de surveillance vers davantage de synergie entre les acteurs et de décloisonner les travaux, afin de prévenir de nouvelles crises.

Au regard de ces enjeux, deux questions prioritaires sont discutées par les organisations internationales (notamment l’Organisation mondiale de la santé, l’lOrganisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l‘Organisation mondiale de la santé animale et la Commission européenne) et les experts de haut niveau présents lors des tables rondes du GSE . La première concerne la construction d’une coopération internationale. Si la crise du Covid-19 a permis de mettre en lumière l’importance de cette coopération, elle a aussi révélé des points de faiblesse dans le maillage international et européen. L’objectif est donc de dégager des pistes d'actions que la France pourrait porter lors des prochains rendez-vous internationaux. Il s’agit également d’une opportunité pour identifier les manques et les points faibles de la coopération multilatérale et d’explorer des pistes d’amélioration.

La seconde question à l’étude porte sur les actions pertinentes à mener à l’échelon national, en matière de surveillance, de formation et d’organisation des acteurs ou encore de gouvernance. La Covid-19 a ébranlé l’organisation à l’échelle nationale ainsi qu’à l’échelle des territoires, les forçant à appréhender différemment les questions de transport, d’alimentation et de travail. Face à cela, une réponse nationale est primordiale pour prévenir la survenue d’autres pandémies zoonotiques.

Vous pouvez également consulter le site du ministère des Solidarités et de la Santé : solidarites-sante.gouv.fr/actualites/actualites-du-ministere/article