La Guadeloupe accueille une conférence internationale sur les algues sargasses

Le Mardi 22 octobre 2019

Crédits : Patrick Quenehervé / IRD
Pour répondre aux problèmes sanitaires, économiques et environnementaux posés par les échouements d’algues sargasses dans les Antilles, La Guadeloupe accueille l'événement Sargassum 2019, du 23 au 26 octobre 2019.

Depuis plusieurs années, les régions côtières de la mer des Caraïbes sont confrontées à des épisodes d’échouement d’algues appelées sargasses. Pour apporter des réponses et mettre en commun les solutions face aux problèmes environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux engendrés par ces échouements, la région Guadeloupe et le ministère des Outre-mer organisent la conférence internationale Sargassum 2019.

Pendant quatre jours, du 23 au 26 octobre 2019, cet événement réunit chefs d’État, entreprises, scientifiques, représentants d’organisations régionales et internationales et membres de la société civile. Il s’agit de réaliser un bilan des connaissances sur cette problématique, d’apporter des regards croisés et des partages d’expériences sur la prévention et la gestion de ces échouages parfois massifs et d’envisager des stratégies coordonnées au niveau caribéen.

Les Antilles confrontées aux échouages d’algues sargasses

Depuis 2011, les côtes des Antilles, notamment la Martinique et La Guadeloupe, subissent des échouements en grandes quantités de deux espèces d’algues brunes appartenant au groupe des sargasses (Sargassum fluitans et Sargassum natans).

Vivant en pleine mer, ces algues forment des amas flottant qui se déplacent au gré de la houle et des courants marins. Elles peuvent former des masses dérivantes très étendues et constituent un habitat et un refuge pour de nombreuses espèces marines. Les problèmes se posent lorsque ces algues s’échouent en grande quantité sur le littoral. Leur décomposition émet de l’hydrogène sulfuré, un gaz qui peut être nocif pour les populations et altère la qualité de l’eau entraînant une surmortalité des espèces marines. Sur les plages, ce sont les pontes de tortues marines qui sont perturbées ainsi que l’émergence des jeunes. Au niveau économique, le tourisme, la pêche et l’aquaculture subissent les conséquences de ces échouements qui peuvent durer plusieurs semaines.

Un plan national d'action de prévention et de lutte contre les sargasses

Dans ce contexte, un plan national de prévention et de lutte contre les sargasses a été élaboré dans un cadre interministériel par le Gouvernement. Au regard de la situation, plusieurs enjeux ont été identifiés :

  • la préservation de la santé des populations exposées aux effets des gaz produits par la décomposition de ces algues le long des rivages, notamment de l’hydrogène sulfuré (H2S) et de l’ammoniac (NH3) ;
  • la collecte rapide et la valorisation des sargasses échouées ;
  • la prise en compte des impacts de ces échouements sur les activités économiques, particulièrement le tourisme et la pêche ;
  • la protection des littoraux et de la biodiversité marine.

En conséquence, le plan national poursuit cinq objectifs principaux :

  • le déploiement du réseau de suivi et de prévision des échouements ;
  • la mise en place de solutions de collecte permettant d’intervenir en moins de 48 heures, avant la survenue du phénomène de décomposition ;
  • le renforcement de la recherche et de l’innovation pour mieux gérer le ramassage et le traitement ;
  • le développement de la coopération régionale et internationale ;
  • l’accompagnement des entreprises dont l’activité économique est impactée par les sargasses.

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