Impacts du changement climatique : Atmosphère, Températures et Précipitations

Le Mercredi 20 février 2019
Afin de décrire l'état du Climat et ses impacts sur l'ensemble du territoire français, l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) s’est doté d’indicateurs. Un indicateur est une information, associée à un phénomène, permettant d’en indiquer l’évolution dans le temps, de façon objective, et pouvant rendre compte des raisons de cette évolution. Dans cette fiche, les indicateurs s'intéressent à l'atmosphère : les températures et les précipitations.

Températures de l'air en métropole

Définition de l'indicateur

Cet indicateur rend compte de l’évolution de la température en France et dans le monde

Contact et origine des données de l'indicateur des températures de l'air en métropole

Responsable de l'indicateur : Pierre Etchevers

Organisme propriétaires des données : Météo-France

Date de dernière actualisation : 22 janvier 2019

Méthode de calcul de l'indicateur des températures de l'air en métropole

Météo-France dispose de séries homogénéisées mensuelles pour l’étude du changement climatique. Ces séries ont fait l’objet de contrôles sévères basés sur des procédures statistiques. Les données mensuelles utilisées pour cet indicateur ont été corrigées pour que les modifications des conditions de mesure ou des emplacements des stations météorologiques ne conduisent pas à des conclusions erronées concernant l’évolution du climat.

Ces séries permettent de connaître l’évolution du climat en France depuis le début du XXe siècle. L’évolution de la température est présentée sous forme de tendances. La tendance donne une idée de l’amplitude du changement sur une période donnée. L’utilisation d’un test statistique (test de Mann-Kendall) permet d’examiner si l’évolution est significative ou pas (c’est à dire si elle se distingue ou pas de la variabilité d’une année sur l’autre).

L’indicateur température moyenne annuelle en métropole est élaboré à partir de la mesure de la température de l’air dans 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée sur le territoire métropolitain.

Fiabilité de l'indicateur des températures de l'air en métropole

Les données de base ont profité des contrôles communs à l’ensemble des données de Météo-France. Les problèmes d’homogénéité et de données mensuelles manquantes ont été traités au moyen de méthodes statistiques spécifiques aux séries utilisées pour l’étude des changements climatiques. Des méthodes analogues sont employées par différents services météorologiques. Des différences peuvent cependant exister avec d’autres diagnostics disponibles par ailleurs, elles peuvent être liées :

  • aux données de base : par exemple, certains programmes collectent des données brutes auprès des centres producteurs et mettent en œuvre leurs propres procédures d’homogénéisation ou de sélection des données
  • à la définition : par exemple certains indices sont calculés en utilisant une référence 1971-2000 ou 1981-2010 au lieu de 1961-1990 (qui est la norme OMM actuellement).
Justification de l'indicateur des températures de l'air en métropole

L’augmentation de la température de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique, en particulier durant ces dernières décennies. Si des phénomènes naturels (le volcanisme ou l’activité solaire par exemple) peuvent expliquer une partie de l’évolution des températures jusqu’à la moitié du XXe siècle, ces phénomènes ne permettent d’expliquer que très partiellement les récents changements climatiques. Il existe maintenant de nombreuses preuves que les émissions de gaz à effets de serre d’origine anthropique sont responsables de l’élévation rapide de la température moyenne au cours des dernières décennies. Il importe d’examiner l’ampleur du réchauffement mais aussi son rythme. La température moyenne de l’air est le premier paramètre à étudier.

Perspective de l'indicateur des températures de l'air en métropole

La numérisation de nouvelles données est une voie d’amélioration. La recherche de données instrumentales anciennes continue à Météo-France et le patrimoine climatologique s’enrichit année après année. Bien entendu, les données supplémentaires doivent, elles aussi, subir les procédures de contrôle et d’examen des ruptures d’homogénéité avant d’être utilisées dans l’étude des changements climatiques.

 

 

 

Animation sur 11 décennies de 1900-1909 à 2000-2009.
Les valeurs inférieures à la valeur moyenne établie sur la période 1961-1990 sont représentées en bleu, les valeurs supérieures en rouge.

Cartographie de l’écart à la référence (moyenne 1961-1990) de la température moyenne observée sur 10 ans (Données Météo-France)

2,1 °C

Avec un écart de +2,1 °C par rapport à la moyenne 1961-1990, l’année 2018 a été en France métropolitaine l’année la plus chaude de la série.

L’évolution des températures moyennes annuelles en France métropolitaine montre un réchauffement depuis 1900.

Anomalie de température moyenne France métropolitaine
Crédits : Météo-France

Ce réchauffement a connu un rythme variable, avec une augmentation particulièrement marquée depuis les années 1980. Sur la période 1959-2009, la tendance observée est d’environ +0,3°C par décennie.

Les quatre années les plus chaudes, respectivement 2014, 2011, 2015 et 2018 ont été observées au XXIème siècle.

Évolution des températures mondiales depuis 1850

Anomalie de température moyenne Terres et Océans
Crédits : NOAA - NASA - UKMet / traitement Onerc

L'évolution de la température moyenne annuelle mondiale est représentée sous forme d'écart à la moyenne sur la période de référence 1961-1990. Le réchauffement de la température moyenne mondiale est très net : écart fortement négatif jusqu'en 1940, écart ensuite le plus souvent négatif jusque vers 1980, puis réchauffement net, l'écart est presque systématiquement positif depuis le début des années 1980. La décennie 2001-2010 (avec une température supérieure de 0,48°C à la moyenne 1961-1990) a été plus chaude de 0,21°C que la décennie 1991-2000 (0,27°C au-dessus de la moyenne 1961-1990). L’année 2016, avec une température supérieure d'au moins 0,8°C à la moyenne 1961-1990, se classe au premier rang parmi les années les plus chaudes depuis 1850 (Données Nasa, Noaa et Hadley Centre). Depuis la fin du XIXe siècle la température moyenne mondiale a augmenté  de plus de 1 °C. L'année 2018 se classe au quatrième rang des année les plus chaudes. Les 5 dernières années sont les plus chaudes observées depuis 1850.

0,79 °C

L’année 2016, avec une température supérieure d'au minimum 0,79°C à la moyenne 1961-1990, se classe au premier rang parmi les années les plus chaudes depuis 1850 (Données Nasa, Noaa et Hadley Centre)


Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Cet ensemble de séries homogénéisées témoigne d’un réchauffement compris entre +0,19 °C et +0,40 °C par décennie pour la température minimale (Tn) et entre +0,22 °C et +0,45 °C par décennie pour la température maximale (Tx) pour la France métropolitaine. Ces tendances sont toutes significatives, statistiquement parlant, et sont associées à une incertitude d’environ ±0,1 °C par décennie. En moyenne, sur l’ensemble des séries disponibles, le réchauffement est de +0,29 °C par décennie pour Tn et de +0,32 °C par décennie pour Tx. Néanmoins, cette différence de tendance entre Tn et Tx (0,03 °C) n’est pas significative.

Les différences de tendances constatées entre régions ne sont pas significatives, et les contrastes régionaux exhibés sur les figures doivent donc être interprétés avec prudence.

La température moyenne (Tm) est définie comme la moyenne des températures minimales et maximales. Les séries de Tm montrent des tendances significatives, comprises entre +0,21 °C et +0,39 °C par décennie. De manière cohérente avec Tn et Tx, la tendance moyenne est de +0,31 °C par décennie et il n’y a pas de contraste spatial significatif entre les différentes régions.

Nombre de journées estivales

Définition de l'indicateur

Cet indicateur rend compte de l’évolution du nombre annuel de journées estivales en France métropolitaine depuis le début des années 1950.

Une journée est considérée comme estivale si la température dépasse 25 °C. L’augmentation des températures de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique. L’évolution de cet indicateur est directement liée à celle de la température de l’air.

Contact et origine des données de l'indicateur du nombre de journées estivales

Responsable de l'indicateur : Pierre Etchevers, Météo-France

Organisme propriétaire des données : Météo-France

Date de dernière actualisation : 9 octobre 2018

Méthode de calcul de l'indicateur du nombre de journées estivales

Le nombre de journées estivales sur une période donnée est obtenu à partir de la série chronologique des températures maximales quotidiennes. Toutes les séries quotidiennes ne sont pas exploitables pour l’analyse du changement climatique. En effet, l’évolution des conditions de mesure ou de l’emplacement des stations météorologiques peut introduire des ruptures d’homogénéité dans les séries, et conduire à des conclusions erronées.

La sélection des séries quotidiennes exploitables, c’est-à-dire sans rupture d’homogénéité sur une période définie passe par un traitement spécifique sur les séries mensuelles. En effet, des traitements d’homogénéisation permettent de corriger les ruptures sur les seules séries mensuelles. Météo-France dispose ainsi de 91 séries mensuelles homogénéisées de température sur le XXème siècle (correspondant à 91 stations météorologiques réparties sur toute la France). Ces traitements d’homogénéisation reposent sur des hypothèses qui ne sont pas applicables aux séries quotidiennes. Le travail réalisé sur ces séries mensuelles permet ainsi de connaître les ruptures d’homogénéité et donc de définir la période sur laquelle la série quotidienne peut être utilisée pour l’analyse des extrêmes. Pour une période définie, on peut identifier les séries exploitables c’est-à-dire sans rupture d’homogénéité sur cette période. Ainsi, 43 séries quotidiennes de température maximale ont été sélectionnées sur la période étudiée pour l’étude de l’évolution du nombre de journées estivales. L’évolution du climat en France sur la seconde moitié du XXème siècle est présentée sous forme de tendances. La tendance donne une idée de l’amplitude du changement sur une période donnée. L’évolution sur l’année est regardée pour chaque série individuellement. Enfin, l’utilisation d’un test statistique (test de Spearman) permet d’examiner si l’évolution est significative ou pas (c’est à dire si elle se distingue ou pas de la variabilité d’une année sur l’autre).

Fiabilité de l'indicateur du nombre de journées estivales

Les données de base ont fait l’objet des contrôles communs à l’ensemble des données de Météo-France et des procédures spécifiques appliquées aux séries utilisées pour l’étude des changements climatiques. Les indices calculés sont définis par la communauté climatique (groupe CLIVAR de l’Organisation Mondiale de la Météorologie). La standardisation des indices permet une comparaison avec d’autres pays. Des différences peuvent cependant exister en raison de traitements différents sur les données ou du choix de la période de référence utilisée (1961-1990 ou 1971-2000).

Justification de l'indicateur du nombre de journées estivales

L’augmentation des températures de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique, en particulier durant ces dernières décennies. Le nombre de journées estivales est un indicateur pertinent car son évolution est directement liée à l’évolution de la température de l’air. Il fait partie de la liste des indices recommandés par le groupe CLIVAR de l’Organisation Mondiale de la Météorologie.

Perspectives pour l'indicateur du nombre de journées estivales

La recherche et la numérisation de données anciennes continuent à Météo France et le patrimoine climatologique s’enrichit année après année. Bien entendu, les données supplémentaires devront, elles aussi, subir les procédures de contrôle et d’examen des ruptures d’homogénéité avant d’être utilisées dans l’étude des changements climatiques. Météo France poursuit également les travaux sur le thème de l’amélioration des techniques d’homogénéisation.

Évolution du nombre annuel de journées estivales à Brest-Guipavas, Nancy-Essey, Agen et Istres depuis 1959


Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Le nombre de journées chaudes (température maximale supérieure à 25°C) est en augmentation sur toute la métropole avec des nuances régionales.

Cette hausse, évaluée sur la période 1959-2009, est souvent comprise entre quatre et cinq jours par décennie avec un minimum de un jour par décennie sur le littoral Atlantique (ici Brest, 2ème image de la série) et un maximum de sept jours par décennie sur les régions méridionales (ici Agen, 3ème image de la série).

L’année 2003 est souvent celle qui a connu le maximum de journées chaudes, à l’exception des régions méditerranéennes où 2011 arrive en tête devant 2014 et 2009.

Nombre de jours de gel

Définition de l'indicateur

Cet indicateur rend compte de l’évolution du nombre de jours de gel en France métropolitaine depuis le début des années 1959.

Contact et origine des données de l'indicateur du nombre de jours de gel

Responsable de l'indicateur : Pierre Etchevers

Organisme propriétaire des données : Météo-France

Date de dernière actualisation : 9 octobre 2018

Méthode de calcul de l'indicateur du nombre de jours de gel

Le nombre de jours de gel sur une période donnée est obtenu à partir de la série chronologique des températures minimales quotidiennes. Toutes les séries quotidiennes ne sont pas exploitables pour l’analyse du changement climatique. En effet, l’évolution des conditions de mesure ou de l’emplacement des stations météorologiques peut introduire des ruptures d’homogénéité dans les séries, et conduire à conclusions erronées.

La sélection des séries quotidiennes exploitables, c’est-à-dire sans rupture d’homogénéité sur une période définie passe par un traitement spécifique sur les séries mensuelles. En effet, des traitements d’homogénéisation permettent de corriger les ruptures sur les seules séries mensuelles. Météo-France dispose ainsi de 91 séries mensuelles homogénéisées de température sur le XXème siècle (correspondant à 91 stations météorologiques réparties sur toute la France). Ces traitements d’homogénéisation reposent sur des hypothèses qui ne sont pas applicables aux séries quotidiennes. Le travail réalisé sur ces séries mensuelles permet ainsi de connaître les ruptures d’homogénéité et donc de définir la période sur laquelle la série quotidienne peut être utilisée pour l’analyse des extrêmes. Pour une période définie, on peut identifier les séries exploitables c’est-à-dire sans rupture d’homogénéité sur cette période. Ainsi, 26 séries quotidiennes de température minimale ont été sélectionnées sur la période 1951-2000 pour l’étude de l’évolution du nombre de jours de gel.

L’évolution du climat en France sur la seconde moitié du XXème siècle est présentée sous forme de tendances. La tendance donne une idée de l’amplitude du changement sur une période donnée. L’évolution sur l’année est regardée pour chaque série individuellement. Enfin, l’utilisation d’un test statistique (test de Spearman) permet d’examiner si l’évolution est significative ou pas (c’est à dire si elle se distingue ou pas de la variabilité d’une année sur l’autre).

Fiabilité de l'indicateur du nombre de jours de gel

Les données de base ont profité des contrôles communs à l’ensemble des données de Météo-France et des procédures spécifiques appliquées aux séries utilisées pour l’étude des changements climatiques. Les indices calculés sont définis par la communauté climatique (groupe CLIVAR de l’Organisation Mondiale de la Météorologie). La standardisation des indices permet une comparaison avec d’autres pays. Des différences peuvent cependant exister en raison de traitements différents sur les données de base, ou du choix de la période de référence utilisée (1961-1990 ou 1971-2000).

Justification de l'indicateur du nombre de jours de gel

L’augmentation des températures de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique, en particulier durant ces dernières décennies. Le nombre de jours de gel est un indicateur pertinent car son évolution est directement liée à l’évolution de la température de l’air. Il fait partie de la liste des indices recommandés par le groupe CLIVAR de l’Organisation Mondiale de la Météorologie.

Perspectives pour l'indicateur du nombre de jours de gel

La numérisation de nouvelles données est une première voie d’amélioration. La recherche de données anciennes continue en effet à Météo-France et le patrimoine climatologique s’enrichit année après année. Bien entendu, les données supplémentaires devront, elles aussi, subir les procédures de contrôle et d’examen des ruptures d’homogénéité avant d’être utilisées dans l’étude des changements climatiques.

L’amélioration des techniques d’homogénéisation est une seconde voie. Météo-France poursuit les travaux sur ce thème.

Enfin, la définition des indices peut évoluer ou de nouveaux indices être définis.

Évolution du nombre annuel de journées de gel à Brest-Guipavas, Nancy-Essey, Agen et Istres depuis 1959


Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Crédits : Météo-France

Le nombre moyen de jours de gel observé en France est assez différent selon les régions et présente de fortes variations d’une année sur l’autre.

Sur la période 1959-2009, une diminution est observée sur toutes les régions avec une baisse souvent comprise entre un et trois jours par décennie, jusqu’à près de cinq jours par décennie à Nancy (4ème et dernière image de la série).

Température de l’air dans les départements français d’Amérique

Définition de l'indicateur

Cet indicateur rend compte de l’évolution de la température moyenne de l’air pour deux DOM-TOM : la Guyane sur la période 1955-2009 et la Martinique sur la période 1965-2009.

Contact et origine des données de l'indicateur de température de l’air dans les départements français d’Amérique

Responsable de l'indicateur : Anne-Laure GIBELIN

Organisme propriétaire des données : Météo-France

Date de dernière actualisation : 17 juin 2010

Méthode de calcul de l'indicateur de température de l’air dans les départements français d’Amérique

Toutes les séries d’observation ne sont pas exploitables pour l’analyse du changement climatique. En effet, l’évolution des conditions de mesure ou de l’emplacement des stations météorologiques peut introduire des ruptures d’homogénéité dans les séries, et conduire à des conclusions erronées.

Les traitements d’homogénéisation permettent de corriger les ruptures sur les séries mensuelles. La méthode d’homogénéisation nécessite de disposer de plusieurs séries climatologiquement homogènes et de profondeur temporelle comparable. Pour ces raisons, Météo-France dispose en Martinique et en Guyane de plusieurs séries homogénéisées de températures minimales, moyennes et maximale : 4 séries homogénéisées en Guyane débutant en 1955 et 3 séries homogénéisées en Martinique débutant au plus tôt en 1965. Le faible nombre de séries disponibles rend le travail d’homogénéisation délicat.

L’évolution de la température est présentée sous forme de tendances. La tendance donne une idée de l’amplitude du changement sur une période donnée. L’utilisation d’un test statistique (test de Mann-Kendall) permet d’examiner si l’évolution est significative ou pas (c’est-à-dire si elle se distingue ou pas de la variabilité d’une année sur l’autre).

Fiabilité de l'indicateur de température de l’air dans les départements français d’Amérique

Les données de base ont profité des contrôles communs à l’ensemble des données de Météo-France. Les problèmes d’homogénéité et de données mensuelles manquantes ont été traités au moyen de méthodes statistiques spécifiques aux séries utilisées pour l’étude des changements climatiques (les mêmes qu’en métropole). Cependant, le nombre restreint de séries disponibles sur la période 1965-2009 en Martinique rend la procédure d’homogénéisation délicate.

Justification de l'indicateur de température de l’air dans les départements français d’Amérique

L’augmentation de la température de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique, en particulier durant ces dernières décennies. Si des phénomènes naturels (le volcanisme ou l’activité solaire par exemple) peuvent expliquer une partie de l’évolution des températures jusqu’à la moitié du 20e siècle, ces phénomènes ne permettent d’expliquer que très partiellement les récents changements climatiques. Il existe maintenant de nombreuses preuves que les émissions de gaz à effets de serre d’origine anthropique sont responsables de l’élévation rapide de la température moyenne au cours des dernières décennies. Il importe d’examiner l’ampleur du réchauffement mais aussi son rythme. La température moyenne est le premier paramètre à étudier mais les conséquences du changement climatique dépendent souvent de l’évolution des températures au-dessus ou au-dessous d’un seuil.

Perspectives pour l'indicateur de température de l’air dans les départements français d’Amérique

La recherche et la numérisation de données anciennes continuent à Météo-France et le patrimoine climatologique s’enrichit année après année. Bien entendu, les données supplémentaires devront, elles aussi, subir les procédures de contrôle et d’examen des ruptures d’homogénéité avant d’être utilisées dans l’étude des changements climatiques.

Météo-France poursuit également les travaux sur le thème de l’amélioration des techniques d’homogénéisation.

Évolution de la température moyenne en Guyane sur la période 1955-2009


Crédits : Météo-France

L’évolution de la température moyenne annuelle en Guyane est analysée à partir des séries homogénéisées disponibles sur la période 1955-2009 : Matoury (aéroport de Cayenne), Saint Georges, Saint Laurent du Maroni et Maripasoula. Le graphe présente l’évolution de la température moyenne annuelle sous forme d’écart à la moyenne des années 1971-2000.

Les fluctuations observées attestent à la fois du changement climatique et de la variabilité climatique naturelle. La température moyenne annuelle est en hausse. L’augmentation est de l’ordre de 0,24 degrés par décennie sur la période 1955-2009. Le réchauffement s’accélère sur les dernières décennies. L’augmentation de la température moyenne annuelle atteint 0,34 degrés par décennie sur la période 1979-2005. Ces résultats sont en accord avec les résultats du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 2007). Ce réchauffement est moindre qu’en métropole où la hausse des températures moyennes annuelles atteint 0,55 degrés par décennie sur cette même période 1979-2005.

Évolution de la température moyenne à la Martinique sur la période 1965-2009


Crédits : Météo-France

La température moyenne annuelle à la Martinique est obtenue à partir des trois séries homogénéisées pour les températures minimale et maximale à la Martinique sur la période 1965-2009. Le graphe présente l’évolution de la température moyenne annuelle sous forme d’écart à la moyenne des années 1971-2000.

Les fluctuations observées attestent à la fois du changement climatique et de la variabilité climatique naturelle. La température moyenne annuelle est en hausse. L’augmentation est de l’ordre de 0.28 degrés par décennie sur la période 1965-2009. Le réchauffement atteint 0.33 degrés par décennie sur la période 1979-2005. Ces résultats sont en accord avec les résultats du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC, 2007). Ce réchauffement est moindre qu’en métropole où la hausse des températures moyennes annuelles atteint 0.55 degrés par décennie sur cette même période 1979-2005 ; il est comparable à celui de la Guyane où le réchauffement atteint 0.34 degrés par décennie sur cette période.

Pluies diluviennes dans le sud-est méditerranéen de la France

Définition de l'indicateur

Cet indicateur rend compte de l’évolution du nombre annuel de jours où des pluies diluviennes se produisent sur le sud-est méditerranéen de la France à partir de 1961.

Contact et origine des données de l'indicateur des pluies diluviennes dans le sud-est méditerranéen de la France

Responsable de l'indicateur : Pierre ETCHEVERS

Organisme propriétaire des données : Météo-France

Date de dernière actualisation : 18 octobre 2018

Méthode de calcul de l'indicateur des pluies diluviennes dans le sud-est méditerranéen de la France

L’indicateur fréquence correspond au nombre de journées de pluie intense méditerranéenne chaque année depuis 1961. On comptabilise une journée de pluie intense dès que le cumul quotidien de précipitation (décomptés de 06 H UTC à 06 H UTC le lendemain) dépasse un seuil donné (150 ou 200 mm) pour au moins une série parmi toutes les stations sélectionnées.

L’indicateur intensité correspond à l’intensité du maximum annuel du cumul quotidien de précipitations. Il est calculé à partir d’une sélection de séries quotidiennes de référence disponibles sur le pourtour méditerranéen, ce qui permet d’obtenir un indicateur représentatif de l’ensemble de la région.
Les critères de sélection concernent : (i) une contrainte de couverture temporelle (nombre limité de données manquantes) ; (ii) une contrainte sur la moyenne du maximum annuel calculée sur la période de référence 1961-1990, qui doit être au moins égale à 60 mm/jour. Chaque série retenue est normalisée par sa moyenne sur la période 1961-1990. Les séries normalisées sont ensuite regroupées par classe de proximité. Les moyennes des séries normalisées sont calculées pour chacune des classes et chaque année, puis les moyennes de chaque classe sont elles-mêmes moyennées pour former la série temporelle de l’indicateur.
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Fiabilité de l'indicateur des pluies diluviennes dans le sud-est méditerranéen de la France

Les données de base ont profité des contrôles communs à l’ensemble des données de Météo-France. Les données utilisées sont celles de la BDClim, base de données climatologiques de référence de Météo-France.

Les données prises en compte pour le calcul de cet indicateur sont issues d’une sélection de séries quotidiennes du réseau d’observation météorologique de Météo-France sur le pourtour méditerranéen à l’exception de la Corse, sélectionnées en raison de leur qualité (peu de données manquantes et sélection sur des critères d’homogénéité temporelle de la série)

Les indicateurs intensité et fréquence sont définis et publiés dans l’article de Ribes et al. 2018 : Observed increase of extreme daily rainfall in the French Mediterranean, Climate Dynamics, DOI : 10.1007/s00382-018-4179-2 CLDY-D-17-00226.2

Justification de l'indicateur des pluies diluviennes dans le sud-est méditerranéen de la France

Les régions méditerranéennes de la France sont régulièrement touchées par des épisodes de pluies extrêmes pouvant apporter des quantités d’eau très importantes sur un court laps de temps : très souvent, la hauteur normale mensuelle en seulement une journée, et pour les épisodes les plus paroxystiques, la moitié (voire plus) de la normale annuelle en seulement quelques heures. Les pluies extrêmes qui se produisent régulièrement sur les régions méditerranéennes de la France, même si elles font partie intégrante du climat « méditerranéen », ont souvent des conséquences désastreuses (pertes de vie humaines, nombreux dégâts). Dans un contexte avéré d’évolution climatique, déjà visible sur les températures, il est important de pouvoir caractériser l’évolution de ce type d’événement du point de vue de la fréquence d’occurrence et de l’intensité.

Évolution de l'intensité des pluies extrêmes sur les régions méditerranéennes de la France à partir de 1961

Intensité des pluies extrêmes sur un réseau de référence par rapport à la référence 1961-1990
Crédits : Météo-France

Le graphe représente l’évolution depuis 1961 de l’intensité du maximum annuel du cumul quotidien de précipitations exprimé en pourcentage par rapport à la valeur de référence (moyenne 1961-1990). Les valeurs inférieures à la valeur moyenne établie sur la période 1961-1990 sont représentées en ocre, celles supérieures en vert.

Les pluies extrêmes quotidiennes sur le pourtour méditerranéen sont de plus en plus intenses Elles sont également caractérisées par une grande variabilité d’une année sur l’autre.

Évolution de la fréquence des pluies extrêmes (Cumul > 150 mm ou > 200 mm) sur les régions méditerranéennes de la France à partir de 1961

Nombre de jours avec un cumul de précipitations supérieur à 200 mm et à 150 mm
Crédits : Météo-France

Le graphe représente le nombre annuel de jours avec un cumul de précipitations quotidiennes supérieur à 150 mm (vert clair) et 200 mm (vert foncé) sur le réseau de stations sélectionnées sur les régions méditerranéennes de la France (à l’exception de la Corse) depuis 1961. On comptabilise une journée de pluie intense dès que le cumul quotidien de précipitation dépasse le seuil donné (150 ou 200 mm) pour au moins une série parmi toutes les séries quotidiennes de référence disponibles sur le pourtour méditerranéen (de l’ordre de 90 séries).

On observe une variabilité interannuelle importante du nombre d’occurrences de fortes pluies quel que soit le seuil considéré.

Les évènements pluvieux les plus extrêmes (cumul quotidien supérieur à 200 mm) sont de plus en plus fréquents sur le pourtour méditerranéen.

Météo France, avec le soutien du ministère, a créé un site dédié aux “pluies extrêmes”. Son objectif est d’informer sur la fréquence des événements pluviométriques extrêmes et de présenter les épisodes les plus marquants qui se sont produits en métropole depuis 1958. Ce site est mis à jour au 1er trimestre de chaque année pour intégrer les événements de l’année précédente.