Incidents ou accidents aériens : comprendre pour prévenir

Le Vendredi 7 octobre 2016
L’aviation civile a, depuis longtemps, placé la sécurité au premier rang de ses priorités. Tout est fait pour que le transport aérien reste l’un des moyens de déplacement les plus sûrs qui soient. Mais tout est fait aussi pour qu'en cas de problème, l’enchaînement des faits soit établi, les causes identifiées et les décisions correctrices prises. Le but : éviter que cela ne se reproduise. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la Sécurité de l’Aviation civile (BEA), en charge d’analyser les accidents et les incidents graves, est une pièce maîtresse de ce dispositif au service de la sécurité du transport aérien.

Incidents : une obligation d’information

En France, tout commandant de bord doit signaler immédiatement chaque incident susceptible de compromettre la sécurité.
D’autre part, les compagnies aériennes, les constructeurs et les organismes de maintenance ont également l’obligation de rendre compte des incidents à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC).
Les « boîtes noires », en réalité de couleur orange pour être plus facilement repérées, sont très fortement protégées pour résister aux chocs, à la corrosion, à l’immersion prolongée et au feu même intense. Elles sont aussi équipées de balises de détection sous-marine.

Sécurité aérienne : le rôle de la DGAC

La DGAC a pour mission fondamentale d’assurer la sécurité du transport aérien.

  • La direction de la sécurité de l’Aviation civile (DSAC) et la direction des services de la Navigation Aérienne (DSNA) sont deux piliers majeurs de cette sécurité active.
  • La DSAC organise la certification des aéronefs et le suivi du contrôle technique tout au long de la vie des avions.
  • La DSNA assure un suivi permanent de tous les événements qui surviennent en matière de navigation aérienne et effectue toute analyse de sécurité, a priori et a posteriori.
  • C’est le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), placé auprès du Conseil général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) dépendant directement du ministre chargé des transports, qui effectue les enquêtes en cas d’accidents ou d’incidents graves et a la charge de fournir toute information utile à la DGAC.

Le BEA effectue les enquêtes consécutives aux événements survenus sur le territoire français, et participe également aux enquêtes étrangères concernant les aéronefs immatriculés, exploités ou construits en France.

La sécurité : un système global

Un accident résulte presque toujours d’une imbrication entre plusieurs événements d’ordre technique ou humain. En amont de l’équipage, du contrôleur, du technicien d’entretien, c’est l’ensemble des composantes du système qui sont prises en compte : du rôle des décideurs aux conditions d’exercice de l’activité de chacun.
Suivi systématique de l’entretien et de l’exploitation des appareils, enseignements tirés des enquêtes, diffusion de l’information à tous les intéressés et à l’échelle internationale : c’est ce retour permanent, organisé, de l’expérience acquise qui permet de maintenir la sécurité aérienne à son plus haut niveau.
De la conception des aéronefs à leur maintenance en passant par les procédures définies par les compagnies aériennes, de la formation des équipages à leur relation avec les matériels et les logiciels, chaque élément joue un rôle déterminant dans la recherche de la sécurité optimale.

La sécurité : une préoccupation permanente

Qu’il survienne au sol ou en vol, un incident même mineur peut, s’il n’est pas correctement appréhendé, conduire dans un autre contexte, voire sur un autre avion, à un problème plus grave.

L’affaire de tous

Tout événement inhabituel fait l’objet d’une analyse par les compagnies, les constructeurs concernés et l’administration. À chaque étape de la vie d’un avion, constructeurs et compagnies intègrent les enseignements tirés de l’exploitation d’autres appareils ou des enquêtes et recommandations du BEA ou de ses homologues étrangers.

Les petits avions également

L’amélioration de la sécurité dans le domaine de l’aviation générale est également une préoccupation du BEA qui a mis en place à la fin de l’année 2000 une procédure de « Recueil d’Événements Confidentiels » (REC). Le REC permet l’enregistrement des informations fournies dans une base de données qui garantit l’anonymat du pilote ayant fait une déclaration volontaire d’incident. Cela permet la prévention par le retour d’expérience grâce à la diffusion d’informations pertinentes pour la sécurité.