Intervention d’Elisabeth Borne - 10ème anniversaire du Grenelle de la mer - Paris – 14 novembre 2019

Le Vendredi 15 novembre 2019
Ici même, dans ces murs, il y a déjà 10 ans, beaucoup d’entre vous œuvraient à la réussite du Grenelle de la Mer.
Vous étiez ministre ou acteurs des comités opérationnels. Et je crois qu’il était important de vous réunir ce soir pour ce 10ème anniversaire d’un succès.
C’était important car un anniversaire est toujours l’occasion de porter un double regard. Vers le passé bien sûr, et vers l’avenir. Et ces 10 ans du Grenelle de la Mer nous y invitent.

Monsieur le ministre, cher Jean-Louis Borloo,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Madame la Présidente du bureau du Conseil national de la mer et du littoral Karine Claireau,
Monsieur le Vice-président du bureau du Conseil national de la mer et du littoral Frédéric Moncany,
Madame Françoise Gaill, Monsieur Yves Parlier,
Mesdames et messieurs,

Ici même, dans ces murs, il y a déjà 10 ans, beaucoup d’entre vous œuvraient à la réussite du Grenelle de la Mer.

Vous étiez ministre ou acteurs des comités opérationnels. Et je crois qu’il était important de vous réunir ce soir pour ce 10ème anniversaire d’un succès.

C’était important car un anniversaire est toujours l’occasion de porter un double regard. Vers le passé bien sûr, et vers l’avenir. Et ces 10 ans du Grenelle de la Mer nous y invitent.

1.    Avec nos quelques années de recul, nous pouvons dire qu’il a été fondateur de bien des façons.

Fondateur d’abord de notre politique maritime intégrée.

En élargissant la gouvernance à l’ensemble des acteurs, bien au-delà des cercles d’initiés. La société civile, les territoires, les professionnels, les syndicats, les scientifiques : tous se sont retrouvés autour d’une même table.

Et cette gouvernance élargie a fait date. Elle s’incarne aujourd’hui encore dans le CNML comme au sein des « conseils maritimes de façade et de bassins ultramarins ».

Le Grenelle a aussi fait un pari : celui que le développement du maritime ne pouvait être que durable. Il a misé sur la conjugaison de l’environnement et de l’économie maritime, grâce à l’innovation et à la recherche.

Fondateur encore, le Grenelle a eu l’ambition de « décloisonner » la mer.

En posant les fondements de la gestion intégrée des zones côtières, permettant ainsi « la délicate rencontre de la terre et de la mer ».

En amorçant aussi la planification de nos espaces maritimes. Et c’est devenu une réalité : nous venons d’adopter les stratégies de façade pour la métropole. Celles pour l’Outre-mer le seront l’année prochaine.

Fondateur, enfin, le Grenelle l’a été en reconnaissant pleinement l’existence d’un « archipel France ».

Il a consacré l’importance de nos territoires ultra-marins dans la politique maritime de la nation. Et plus encore : il a rappelé que les politiques du deuxième espace maritime mondial doivent toujours se construire avec ses mers.

2.    Aujourd’hui, notre rôle est de faire fructifier cet héritage du Grenelle.

Le faire fructifier… malgré un contexte singulièrement différent.

En une décennie, la science nous a montré les menaces qui pèsent sur les océans.

Je ne vais pas vous refaire une synthèse du dernier rapport spécial du GIEC, vous le connaissez comme moi : élévation du niveau des mers, pollution, extinction du vivant…

Ses conclusions sont alarmantes. Et sans un océan en bonne santé, il n’y a pas d’avenir possible.

A cette urgence scientifiquement prouvée s’ajoute en plus une instabilité croissante. Nos économies, nos échanges sont de plus en plus dépendants des mers.

Et la compétition sur celles-ci s’affirme, entre acteurs privés comme entre Etats.

Le Grenelle de la Mer a fondé notre politique intégrée. J’ai la conviction que dix ans plus tard, porter cet héritage, c’est ancrer la transition écologique et solidaire du maritime.

Cela demande d’agir avec détermination à tous les niveaux. Car les chantiers sont nombreux.

Je ne vais pas vous détailler toutes les actions de mon ministère. Mais pour ne prendre que quelques défis très concrets de cette transition.

Il faut d’abord, opérer la transition énergétique et décarboner les activités maritimes.

La transition de l’ensemble des filières est impérative. Pour respecter nos engagements en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de protection du vivant.

Mais aussi pour rester compétitifs dans un monde où l’écologie devient de plus en plus un avantage comparatif.

Je veux saluer ici les engagements des armateurs sur la réduction de la vitesse ; et les engagements pris comme les démarches mises en œuvre pour le branchement à quai dans les ports de Méditerranée. Ils ont naturellement vocation à s’étendre à nos autres façades.
Pour tout cela, nous devons continuer le travail, avec le cluster maritime, mais aussi avec les armateurs et les ports.

Il faut ensuite approfondir le lien terre/mer pour nous adapter aux défis climatiques. Je souhaite faire de 2020 une année fondatrice pour avancer sur la défense et la recomposition spatiale des littoraux. Mais aussi pour ralentir et lutter contre l’artificialisation.

Il nous faut trouver les bons outils. Et je compte prendre appui sur les travaux du député Stéphane BUCHOU, sur les missions d’inspection qui ont eu lieu, et sur les propositions du CNML.

Approfondir le lien terre/mer, c’est aussi agir au-delà de la stricte bande littorale. Les enjeux sont multiples. Qu’il s’agisse de produire de l’énergie en mer pour alimenter nos territoires. Ou de lutter contre les pollutions plastiques venues des bassins versants. Ou encore de construire une continuité entre la mer et la terre, avec les ports, les voies ferrées et fluviales, pour un transport multimodal plus fluide et moins carboné. Il faut penser les espaces dans la continuité et les connecter.

Enfin, pour conclure cette liste non-exhaustive, je crois que poursuivre le travail du Grenelle implique constamment d’« élargir les horizons ». Je pense par exemple :

-    A nos horizons scientifiques. Aves la mobilisation de nos organismes pour construire une décennie des sciences océanographiques capables d’accompagner la connaissance, l’innovation et le développement durable.

-    A nos horizons dans la protection du vivant. Je pense ici à la protection de la biodiversité. D’abord dans nos eaux bien sûr, avec un réseau d’aires marines protégées sur 30% de nos espaces dont un tiers sous protection forte. Mais aussi à l’échelle mondiale : la négociation en cours à l’ONU sur la protection de la haute mer nous en donne l’occasion.

-    A nos horizons en termes de compétitivité. Il nous faut œuvrer à la construction, avec nos partenaires, d’une Europe du maritime compétitive et protectrice pour nos emplois et nos qualifications.

 

Mesdames et Messieurs,

Dix ans plus tard, nous mesurons l’œuvre fondatrice que vous avez impulsée cher Jean-Louis BORLOO.

Nous mesurons aussi le chemin qu’il nous reste à parcourir.

Car l’enjeu aujourd’hui est bien d’assurer la transition écologique et solidaire du maritime. Pour nos concitoyens, notre jeunesse, pour les écosystèmes, pour notre économie.

Je sais que vous partagez ma détermination.

Ce soir, nous fêtons l’anniversaire d’un acte visionnaire, avec celles et ceux qui l’ont fait. Avec celles et ceux qui le poursuivent.

Et je vous remercie de votre présence.

 

Seul le prononcé fait foi

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