Intervention d’Elisabeth Borne, 4ème Conseil de défense écologique, Paris – 12 février 2020

Le Mercredi 12 février 2020

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

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Depuis sa création en mai 2019, le Conseil de défense écologique, a conduit à :

  • la fin du projet de la Montagne d’Or en Guyane,
  • la fin du projet Europacity,
  • ou encore la création d’une éco-contribution sur les vols au départ de la France.

Ce quatrième Conseil de défense écologique incarne l’ambition intacte du président de la République et du Gouvernement de mener une politique écologique massive et concrète qui bénéficie à toutes les Françaises et tous les Français.  

Les trois axes d’actions décidées aujourd’hui concernent des millions de nos concitoyens et donnent un coup d’accélérateur à la transformation de notre modèle.

Nous accélérons d’abord l’adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique, avec des mesures de résilience et de protection face aux inondations et au recul du trait de côte.

Protéger 17 millions de nos compatriotes exposés aujourd’hui au risque d’inondations, c’est massif et c’est concret.

Nous accélérons ensuite notre politique de protection de la biodiversité, en créant de nouvelles aires protégées comme le fera le président de la République demain sur le sommet du Mont Blanc.

Nous allons réussir à placer un tiers de notre territoire national en aires protégées d’ici 2022, des millions de Français vivrons à proximité de ce patrimoine naturel, là encore, c’est massif et c’est concret.

Nous accélérons enfin la transformation écologique de nos services publics en rendant 20 mesures écologiques obligatoires pour l’Etat, de l’installation de 500 bornes de recharge électriques, à la réduction de l’utilisation de l’avion pour les déplacements professionnels, en passant par l’interdiction de l’achat de chaudières à fioul.

Permettre à 2,4 millions d’agents publics d’être acteurs de la transition écologique dans tous les territoires, c’est également massif et concret.

Dans le détail, voici les principales politiques décidées dans ces 3 champs d’action.

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D’abord pour accélérer l’adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique…

Nous l’avons vu à l’automne dernier ou l’année précédente, dans le Var, dans l’Aude, dans les       Alpes-Maritimes : les inondations détruisent des vies et des villes. Face à ces évènements qui vont être plus fréquents, plus intenses, ce Conseil de défense écologique a décidé :

  • D’abord, de diviser par deux la durée d’élaboration des programmes d’action pour la prévention des inondations qui peuvent aujourd’hui prendre jusqu’à 8 ans. Désormais, tous ces programmes de prévention en-deçà de 20 millions d’euros seront validés au niveau local. Cela concernera donc 70 % d’entre eux contre 20 % aujourd’hui.
  • Ensuite, nous garantissons la capacité du Fonds Barnier, le fonds de prévention des risques naturels à couvrir les besoins.
  • Enfin, pour agir tout de suite sur le terrain, mon ministère va accompagner 9 sites dans la réduction de leur exposition au risque d’inondation. A Marseille comme à Dax ou encore à Vernon, une équipe composée d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs, va venir prêter main forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients.

Accélérer l’adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique, c’est aussi faire face au recul du trait de côte. 20 % de notre façade maritime est concernée. En Vendée ou dans la Somme, le littoral recule de 0,5 à 1,5 mètres par an. D’ici la fin du siècle, près de 50 000 logements pourraient être menacés.

Alors nous devons agir, pour réduire la vulnérabilité des territoires exposés tout en préservant leur attractivité. Agir pour changer la gestion du littoral.

D’abord, dans les espaces menacés à court terme, d’ici 30 ans, pour interdire les nouvelles constructions, en relocaliser certaines, recréer les dunes, des forêts, des prairies qui limitent l’érosion. Mon ministère vient de retenir 7 candidats que nous allons accompagner pour mettre en œuvre ces solutions fondées sur la nature

A plus long terme, nous devons adapter les règles de construction. C’est pourquoi nous créons un nouveau permis de construire pour ces espaces menacés. Il autorisera seulement les constructions non pérennes et démontables.

Enfin, nous devons aussi améliorer l’information de nos concitoyens lorsqu’ils décident de s’installer dans ces zones. Nous créons donc une obligation d’information transparente et objective, pour que les acheteurs ou locataires soient informés du risque d’érosion, comme ils le sont aujourd’hui pour les inondations.

Avec ces mesures, ce sont plus de 17 millions de Français qui seront ainsi mieux protégés.

Notre second axe d’accélération, je vous l’ai dit, c’est la protection de la biodiversité.

Le président de la République a été clair : d’ici 2022, 30 % de notre territoire sera sous le statut d’aire protégée, sur terre comme en mer. Et 10 % sera placé sous protection forte. C’est une nouvelle place laissée à la nature, au quotidien. Et je peux vous dire que nous avançons.

  • Avec la création de 4 parcs naturels régionaux, du Mont Ventoux, du Doubs-Horloger, de la baie de Somme-Picardie maritime et de Corbière-Fenouillède.
  • Avec le plus grand parc de forêt d’Europe en Bourgogne et Champagne créé fin 2019, où je me suis rendue, il y a 3 semaines.
  •  Et demain, avec le déplacement du Président de la République qui sera l’occasion d’acter une nouvelle  protection du sommet du Mont Blanc.

Cette ambition pour la biodiversité en France nous donne de la force dans les négociations internationales. En cette année 2020, il s’agit de faire pour la biodiversité ce que nous avions réussi pour le climat avec l’Accord de Paris en 2015. Nous avons deux échéances :

Le congrès mondial de la Nature, en juin à Marseille. Il doit nous servir de tremplin pour la COP15 en Chine cet octobre. Car pour cette COP15, notre objectif est ambitieux : un cadre international pour que 30 % de tous les territoires nationaux soient protégés d’ici la fin de la décennie.

Le troisième volet de ce Conseil de défense écologique, c’est l’accélération de la transformation écologique de nos services publics.

Les 2,4 millions de femmes et d’hommes qui s’engagent chaque jour pour les Français dans les services de l’État, sont un moteur, une force de frappe pour la transition écologique.

En rendant obligatoires 20 mesures concrètes pour des « Services publics écoresponsables », nous répondons à leur désir de faire de la puissance publique un accélérateur concret de la transition écologique.

Pour que chaque fonctionnaire, chaque contractuel, soit au quotidien un agent du changement.

Ces 20 mesures vont être déployées au cours de l’année, pour l’ensemble des services de l’État, de ses établissements publics et de ses opérateurs. Les collectivités territoriales, leurs groupements et les hôpitaux volontaires peuvent rejoindre le mouvement.

Je ne vais pas vous faire la liste des mesures. Mais vous dire en quelques mots :

  • Que dès juillet, chaque agent de la fonction publique d’État se rendant au travail à vélo ou en covoiturage pourra bénéficier d’un forfait mobilité durable de 200 euros.
  • Que dès juillet toujours, l’État n’achètera plus aucun plastique à usage unique, ni pour les lieux de travail, ni dans les évènements.
  • Que lors des remplacements de matériels, l’État proposera systématiquement aux associations et aux acteurs de l’économie sociale de les reprendre.
  • Que cette année aussi, nous allons arrêter l’utilisation de tous les produits phytopharmaceutiques pour l’entretien de nos espaces, qu’ils soient ouverts au public ou non.
  • Dans les cantines, ce seront dorénavant au moins 50 % de produits de qualité et durable, dont au moins 20 % de bio.

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Protéger notre société et la biodiversité, transformer la puissance publique : vous le voyez, ce quatrième Conseil de défense écologique est dense.

Les décisions que nous avons prises aujourd’hui concernent des millions de Français. Et c’est bien ainsi que nous allons plus loin, plus vite, dans la transition écologique et solidaire.

Je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.