Intervention d'Elisabeth Borne - Anniversaire de l’adoption de l’Agenda 2030 et ses Objectifs de développement durable

Le Vendredi 20 septembre 2019

Bonjour à toutes et à tous,

Tout le monde connaît aujourd’hui l’Accord de Paris, la COP21 et son ambition : maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 degrés.

Mais, je ne suis pas sûre que l’Agenda 2030 ait la même notoriété. A part, bien sûr, dans cette salle.
L’Agenda 2030, ce sont pourtant 17 objectifs de développement durable, universels, qui couvrent tous les enjeux auxquels nous sommes confrontés.

C’est une convergence entre notre combat pour l’environnement et notre agenda pour le développement.

Car il n’y a pas d’un côté le climat, les océans, la biodiversité ; et de l’autre la faim dans le monde, l’éducation, la santé. Ces enjeux sont intimement liés. Et je le dis clairement : Le progrès humain fait partie de l’écologie. C’est cela la transition écologique et solidaire que je porte.

**
Je ne suis pas seule à le dire.

Vous connaissez tous le wedding cake popularisé par Johan ROCKSTRÖM et Pavan SUKHDEV. Ce gâteau montre bien l’imbrication des enjeux au cœur de l’Agenda 2030.

Si nos écosystèmes s’effondrent, nous n’atteindrons pas nos objectifs d’accès à l’eau potable ou d’éradication de la faim. Mais il n’y aura pas non plus de croissance ou d’emploi. Comme le disait le Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération Syndicale Internationale, « il n’y a pas d’emploi sur une planète morte ».

C’est pourquoi je soutiens tout à fait le message de l’événement qui nous réunit aujourd’hui : ODD et climat : même combat. Et j’irai même plus loin : climat, biodiversité, océans et ODD : même combat ! C’est pourquoi je suis particulièrement heureuse de fêter ce 4eme anniversaire de l’Agenda 2030 avec vous.

Cet anniversaire arrive dans un contexte particulier.

Vous le connaissez. Les avertissements scientifiques sur l’état de notre monde se sont accumulés ces derniers mois. Le rapport de l’IPBES en mai, celui du GIEC sur les terres en août, et sur les océans dans quelques jours, sans compter celui sur la trajectoire 1.5°C il y a presqu’un an. Et, pour les ODD qui nous rassemblent aujourd’hui, le rapport du GSDR publié au début du mois montre qu’il nous reste du chemin.

Mais il faut aussi le dire : les temps changent. Le climat n’est plus seulement un sujet d’experts, et c’est une bonne nouvelle. Nos concitoyens vivent le changement climatique dans leur quotidien. La jeunesse se mobilise, et encore aujourd’hui, pour nous appeler collectivement à accélérer nos efforts.

La société ne nous demande plus de la convaincre, elle partage l’urgence. Elle nous demande maintenant d’agir.

C’est à cette aspiration que répond l’acte 2 du quinquennat que nous ouvrons, dans lequel l’écologie est placée au centre.

**

1.    Notre mobilisation vise d’abord à fixer des objectifs et à nous donner les moyens d’y parvenir.

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Dès le début du quinquennat, nous avons décrété l’urgence écologique et climatique en présentant le plan climat qui nous engage sur la voie de la neutralité carbone en 2050. Zéro émission nette de carbone, cela veut dire que c’est tout notre modèle qui doit changer dans la durée.

Cet objectif, il faut le traduire en actes. C’est le sens de notre action, et je pense notamment à la loi énergie-climat, qui prévoit des étapes concrètes pour y arriver. Je pense au déploiement de l’éolien en mer, à la fermeture des centrales à charbon, à l’obligation d’installer des panneaux photovoltaïques sur les nouvelles constructions.

Mais, réussir cette transition demande aussi une méthode. Lorsque que nous avons un cap, on s’y tient et on se donne les moyens pour l’atteindre.  Nous fixons par exemple la fin des passoires thermiques à 2028, et laissons le temps aux propriétaires de s’adapter et nous accompagnons ceux qui en ont besoin.

2.    Cette mobilisation implique de mettre la transition écologique au cœur de nos politiques publiques.

Le conseil de défense écologique est un outil clé pour changer notre gouvernance. En réunissant les ministres concernés, le Président de la République donne un cap clair : l’écologie est la priorité de l’Etat.

Changer la manière de penser et de faire les politiques publiques, c’est aussi tout l’esprit du « green budgeting ».

Evaluer le budget de l’Etat en fonction de son impact environnemental c’est une révolution !

Bien sûr, le premier rapport sur le « budget vert » ne sera pas excellent et il faudra s’améliorer. Certains y trouveront matière à se plaindre. Mais c’est tout l’esprit de cette démarche : ne pas attendre d’avoir une méthodologie parfaite pour commencer à agir, mais bien tester, expérimenter, corriger et identifier les leviers d’action.

C’est la première fois qu’un tel exercice est réalisé et on apprend en marchant !

**

En plus de ces évolutions structurelles, la France s’est dotée d’une stratégie interministérielle pour atteindre les ODD.

Cette feuille de route a une force singulière : c’est vous. Il est en effet issu d’un travail de concertation et tous les acteurs ont joué le jeu. Je tiens à vous en remercier.

Vous connaissez les 6 axes majeurs de cette stratégie:
-    La transition juste, contre toutes les inégalités,
-    La transformation des modèles économiques,
-    L’éducation au long de la vie, pour former continuellement aux nouveaux défis,
-    La santé, le bien être des êtres humains,
-    La participation citoyenne, sans laquelle la transition est illusoire,
-    Et enfin, l’action européenne et internationale, pour obtenir des transformations durables et maintenir la paix.

Si nous ne voulons pas que ce texte soit une stratégie de papier, trois points me semblent essentiels.

1.    D’abord, reconnaître ensemble que l’Agenda 2030 est notre référentiel commun du développement durable. Se l’approprier, bien sûr, mais aussi l’offrir à notre jeunesse. Ce que nous faisons avec Jean-Michel BLANQUER. C’est ce que nous faisons aussi en intégrant l’Agenda 2030 dans le Service national universel. Et je sais que en livrerez aujourd’hui de nombreux exemples.

2.    Ensuite, pour que cette stratégie vive, nous devons fédérer une communauté d’action pour les ODD. De l’individu au collectif. Et pour cela les territoires seront indispensables.

3.    Enfin, il nous faut faire de l’Agenda 2030 un outil d’évaluation et de débat. Y associer les citoyens et les parlementaires pour nourrir le débat démocratique.

Je me réjouis que tous ces acteurs soient aujourd’hui dans cette salle afin de présenter leurs actions et de partager leurs expériences.

***

Mesdames et Messieurs, je ne souhaite pas un autre monde que celui de l’Agenda 2030.

Un environnement sain, la paix, l’éducation pour toutes et pour tous, l’eau potable pour chaque être humain… c’est une vision pour laquelle le combat mérite d’être livré.

Pour la planète, ma détermination est totale. Je sais pouvoir compter sur votre vitalité, sur vos initiatives.

Nous avons ensemble toutes les cartes pour réussir la transition écologique. Alors, faisons de l’Agenda une réalité. Je compte sur vous, vous pouvez compter sur moi ! Je vous remercie.

______________________________

Seul le prononcé fait foi