L'écologie industrielle et territoriale

Le Mardi 13 décembre 2016
L’écologie industrielle et territoriale (EIT) est un levier pour mobiliser les acteurs de terrain en faveur de la transition écologique. Elle se concrétise par la mise en commun volontaire de ressources par des acteurs économiques d’un territoire, en vue de les économiser ou d’en améliorer la productivité : partage d’infrastructures, d’équipements, de services, de matières…

Qu’est-ce que c'est ?

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte définit l’écologie industrielle et territoriale comme [consistant] « sur la base d’une quantification des flux de ressources, et notamment des matières, de l’énergie et de l’eau, à optimiser les flux de ces ressources utilisées et produites à l’échelle d’un territoire pertinent, dans le cadre d’actions de coopération, de mutualisation et de substitution de ces flux de ressources, limitant ainsi les impacts environnementaux et améliorant la compétitivité économique et l’attractivité des territoires ».

Issue de deux champs scientifiques, l’écologie industrielle et l’écologie territoriale, l’écologie industrielle et territoriale (EIT) est la traduction opérationnelle de ces deux approches théoriques, à l’échelle territoriale. Elle est la mise en commun volontaire de ressources par des acteurs économiques d’un territoire, en vue de les économiser ou d’en améliorer la productivité.

Ecosystème productif, l’écologie industrielle et territoriale est l’une des composantes territorialisées de l’économie circulaire. Elle recourt à la composante réduire, réutiliser et recycler de l'économie circulaire et peut aller également vers des démarches d’éco-conception, d’économie de la fonctionnalité ou de développement volontaire de filières locales.

L’écologie industrielle et territoriale peut se décliner selon deux modalités :

  • Des synergies de substitution qui portent sur la valorisation et l’échange de matière et d’énergie entre entités.
  • Des synergies de mutualisation qui reposent sur des approvisionnements communs, des services communs et des partages d’équipements ou de ressources.

En proposant des solutions territoriales, coopératives et innovantes de gestion des ressources, elle transforme les systèmes de production et de consommation en favorisant les fonctionnements en quasi-boucle fermée.

Elle s’adresse ainsi tant aux acteurs publics en charge du développement territorial, qu’aux entreprises en recherche de performance économique, sociale et environnementale, et à l’ensemble de la société civile qui doit réinterroger ses besoins.

Elle permet de donner une dimension concrète à une démarche de responsabilité sociétale puisqu’elle intègre dans un projet local les problématiques environnementales, sociétales et sociales.

Que fait-on en sa faveur ?

Les prix entreprises et environnement

Le ministère valorise des projets d’écologie industrielle et territoriale dans le cadre des prix entreprises et environnement.

La Green Valley a reçu le grand prix entreprises et environnement 2014 dans la catégorie économie circulaire. La Green Valley est une démarche concrète d’écologie industrielle et territoriale déployée sur le territoire d’Epinal-Golbey dans les Vosges. Elle s’articule notamment autour d’un des plus gros sites papetiers européens, celui de Norske Skog. L’initiative est née de la volonté conjointe du territoire et de l’industriel papetier de relancer l’économie locale, et plus particulièrement le marché de la papeterie. Le projet a consisté en une collaboration étroite entre plusieurs industriels complémentaires du secteur du bois et de la construction, un pôle de compétitivité et des collectivités.

La Green Valley met en œuvre une démarche atypique de développement économique par le biais de l’écologie industrielle et territoriale. Les premiers projets ont d’ores et déjà abouti : NrGAIA, producteur de ouate de cellulose, a été créé dans les locaux de Norske Skog Golbey, et en 2013, le groupe Pavatex, fabricant de panneaux isolants biosourcés, a choisi d’implanter dans la Green Valley son unité de production la plus moderne.

Dans la Green Valley, le principe de mutualisation est très poussé (achats de matière première, chaudière biomasse, récupération de vapeur fatale, gestion des déchets). Cette synergie a permis de réduire les investissements et de gagner en compétitivité.

Aujourd’hui, la Green Valley s’inscrit dans cette dynamique de projet sur : sa capacité à mutualiser l’énergie, son accueil de nouveaux partenaires économiques, et une nouvelle gouvernance pour mieux impliquer les énergies locales dans sa démarche. En parallèle, elle initie des partenariats dans les thématiques des éco-matériaux, de la chimie verte et de la valorisation de sous-produits dans des matériaux techniques d’avenir.

Le programme national de synergies inter-entreprises

Le ministère apporte son soutien au programme national de synergies inter-entreprises (www.pnsi.fr) qui facilite l'échange d'informations entre entreprises, ainsi que la mise en place de synergies aux bénéfices économiques, sociaux et environnementaux. Toutes les ressources, matérielles et immatérielles, sont concernées par ce programme (énergie, déchets, eau, expertise, logistique, services, infrastructures…).

Le référentiel national pour les démarches d’écologie industrielle et territoriale

Le ministère soutien également la mise en place d’un référentiel national pour les démarches d’écologie industrielle et territoriale : ce référentiel, porté par Orée, a pour objectif d’évaluer les démarches d’écologie industrielle et territoriale en cours et d’identifier les besoins pour les soutenir dans la durée.

Les guides méthodologiques

Le ministère construit des guides méthodologiques pour accompagner les acteurs de terrain dans la mise en oeuvre de projets d’écologie industrielle et territoriale.

Écologie industrielle et territoriale : le guide pour agir dans les territoires. Ce guide contient des argumentaires, à destination des collectivités locales et des entreprises, sur les intérêts de l’écologie industrielle et territoriale. Il présente un ensemble d’axes de travail pour déployer cette démarche ainsi des recommandations pour l’articuler avec les projets territoriaux de développement durable. Il propose un panorama sous forme cartographique de retours d’expériences et une dizaine de fiches détaillées sur des initiatives françaises. Le dernier chapitre contient un ensemble de ressources dédiées à l’écologie industrielle et territoriale (outils, sites internet et bibliographie).

Comptabilité des flux de matières dans les régions et les départements : le guide méthodologique. Ce guide, en s’appuyant sur l’initiative de la région Bourgogne, propose une déclinaison territoriale de la méthodologie d’Eurostat pour construire une comptabilité de flux de matières à un échelon infranational, des clés pour analyser les résultats de cette construction tout en reconnaissant les limites de cet exercice et donnant des pistes pour les dépasser.

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