Management de la mobilité

Le Vendredi 6 avril 2018
Le management de la mobilité renvoie à diverses stratégies visant à changer les comportements de mobilité (comment, pourquoi, où et quand les personnes se déplacent), afin d’améliorer l’efficacité des systèmes de transport et d’atteindre certains objectifs spécifiques, comme la réduction de la pollution atmosphérique ou des nuisances sonores.

Le management de la mobilité vise à influencer les comportements de mobilité

Le management de la mobilité réfère à diverses stratégies visant à changer les comportements de mobilité (pourquoi, comment, où et quand les personnes se déplacent), afin d’améliorer l’efficacité des systèmes de transport et d’atteindre certains objectifs spécifiques (réduction de la pollution atmosphériques, des nuisances sonores ou de la congestion ; meilleure soutenabilité économique…). Le management de la mobilité renvoie ainsi à des stratégies visant à réduire ou à redistribuer de manière spatiale, modale et/ou temporelle la demande de mobilité, en influençant le comportement de mobilité des voyageurs.

Le concept du management de la mobilité englobe des actions de natures différentes.

Une politique de management de la mobilité efficace requiert la mise en place simultanée d’actions provenant de ces différentes catégories.

  1. Des actions visent à améliorer les alternatives à la voiture individuelle. Ces actions, souvent appelées « PULL » dans la sphère anglo-saxonne, ont pour objectif de « tirer » les utilisateurs hors de leur véhicule particulier en leur offrant des alternatives de transport efficaces. Ces dernières années ont ainsi vu l’apparition de nombreuses nouvelles offres : les transports en commun historiques ont étoffé leurs services (ex : transport à la demande), le développement de l’économie collaborative a permis l’apparition de services d’auto-partage, de covoiturage, de vélos en libre service, etc.

  2. D’autres actions incitent l’utilisateur à se diriger vers ces options alternatives, car abandonner la voiture individuelle représente un changement de comportement important. L’idée ici est ainsi de le « pousser » en dehors de son véhicule, on parle d’actions « PUSH ».

  1. Des actions cherchent à améliorer l’information voyageurs, afin d’initier le changement de comportement et de rationaliser les choix de mobilité. Cela peut se faire via des plans de mobilité, des campagnes de communication, du conseil, etc.

  2. Enfin, certaines actions consistent à agir plus en profondeur sur l’urbanisme et sur les politiques de stationnement, afin de consolider et pérenniser les changements de comportement de mobilité, ainsi que pour limiter la demande de déplacements en favorisant sur les territoires les déplacements courts (induits par la mixité urbaine).

Outils du management de la mobilité abordés dans la synthèse bibliographique

Améliorer les alternatives de transport

A – Mobilité partagées

Autopartage

Covoiturage

Retour garanti à domicile

Vélos et scooters en libre-service

Services de taxi et de VTC

B – Mobilités actives

Marche et vélo

Nouveaux modes de déplacement

C – Transport en commun

Transport à la demande

Améliorer « l’expérience client » des transports en commun (dont qualité de service)

Accessibilité PMR et conception universelle

D – Non mobilité

Organisation du travail

Inciter à l’utilisation de modes alternatifs

A – Incitations

Incitations financières

Voies réservées aux véhicules avec passagers (HOT / HOV)

B – Restrictions

Restrictions des usages (voies, routes, zones)

C – Tarifications

Péages urbains

Tarifications variables

D - Fiscalité

Frais réels, Carburants

Rationaliser les choix de mobilité, initier le changement de comportement

Plans de mobilité des lieux d’activités

Communiquer, éduquer, sensibiliser, accompagner

Le conseil en mobilité et les « bureaux de temps »

Agir sur l’urbanisme et sur les politiques de stationnement

Urbanisme

Focus sur les plans de déplacement urbain (PDU)

Articuler les politiques de stationnement et de déplacement

 

La “Mobility as a Service” (MaaS): un concept au service du management de la mobilité

La Mobility as a Service, qui peut être défini comme l’utilisation d’une interface numérique unifiée afin d’offrir, à un utilisateur, des services répondant de manière intégrée et personnalisée à ses besoins de mobilité, est un concept très prometteur au service des politiques de management de la mobilité.

En effet, un service MaaS permet d’agir, via une interface numérique unique, à la fois :

  • sur l’information voyageur, afin de participer à la rationalisation des choix de mobilité (personnalisation de l’itinéraire de mobilité en réponse à un besoin spécifique, approche servicielle permettant en plus du calcul d’itinéraire la réservation, le paiement, la billetique…) ;

  • sur la promotion des alternatives à la voiture individuelle, en prenant en compte l’ensemble des modes de transport alternatifs dans le calcul d’itinéraire, avec leur état en temps réel ;

  • sur l’incitation à changer de mode, en appliquant par exemple une tarification privilégiant une chaîne de déplacement plus optimale pour la collectivité via une subvention publique additionnelle.

Ces stratégies peuvent être portées par différents types d’acteurs, à des échelles territoriales variables.

Une politique de management de la mobilité efficace requiert une coordination entre les différents acteurs et entre les différentes échelles.

Les stratégies de management de la mobilité peuvent être portées par :

  • la puissance publique, que ce soit au niveau local (par exemple, lors de la définition d’un plan de déplacement urbain), régional (exemple d’un plan de communication en faveur d’un report de la voiture personnelle vers les transports ferroviaires) ou national (exemple du Plan d’Actions pour les Mobilités Actives) ;

  • les employeurs, avec par exemple la définition de plans de déplacements d’établissements (PDE) ;

  • ou encore des associations multi-acteurs, tels les Transportation Management Association (TMA) nord-américaines.

L’articulation des stratégies de management de la mobilité entre ces différents acteurs d’une même zone est une condition importante de la réussite des objectifs poursuivis. Cela permet notamment d’éviter la « tragédie des biens communs » : exemple de l’employeur faisant des efforts via son Plan de Déplacement Entreprise (PDE) pour réduire l’utilisation de la voiture par ses employés, aboutissant à des bienfaits sur le réseau routier profitant aux employés d’une autre entreprise qui les compensent en changeant leur comportement de mobilité pour en profiter.

Les principaux atouts du management de la mobilité

Pour la collectivité dans son ensemble, les avantages des stratégies de management de la mobilité peuvent être nombreux : réduction des externalités dues à la voiture particulière (congestion, bruits, émissions…), amélioration de la sécurité routière, meilleure desserte du territoire, réduction des coûts d’investissement liés au développement de l’offre, etc.

Pour la puissance publique, le principal atout est sans doute la rapidité de mise en œuvre de ces actions, de même que les investissements nécessaires, relativement faibles : il s’agit d’agir principalement sur la demande, et non sur l’offre. Cela permet ainsi de limiter les risques d’un investissement public toujours plus contraint. Par ailleurs, les stratégies de maîtrise de la mobilité sont souvent caractérisées par une grande flexibilité. Elles permettent aussi, parfois, de corriger des imperfections de marché, et tendent bien souvent vers un transport plus durable et favorisant l’équité.

Pour le voyageur, les stratégies de management de la mobilité peuvent lui permettre de réduire sa dépendance au véhicule particulier, de réaliser des économies, ou encore de gagner en temps de transport.

Un cadre législatif français riche en dispositions mais faisant peu référence à ce concept.

Bien que le cadre législatif français soit riche en dispositions relevant du management de la mobilité, les dispositifs qui y font explicitement référence sont à ce jour peu nombreux : PDE et conseil en mobilité.

Au niveau des cadres stratégiques, la stratégie nationale pour le développement de la mobilité propre (2016) identifie un axe d’actions spécifique à la maîtrise de la demande de mobilité, l’objectif visé étant « d’encourager de nouveaux comportements favorisant la baisse de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre des transports ».

Au niveau européen, le terme de management de la demande de mobilité n’est pas défini de manière officielle, ce qui n’empêche par qu’il apparaisse dans diverses stratégies, la plus récente étant la stratégie européenne pour une mobilité à faible taux d’émissions (2016).