Ménages, modes de vie et environnement : 30 ans d'évolution

Le Jeudi 19 octobre 2017

Crédits : Arnaud.Bouissou/Terra
Où l’on apprend que les 25-34 ans sont les plus enclins à revendre leurs ordinateurs plutôt qu’à les jeter, qu’une tomate produite hors saison émet sept fois plus de gaz à effet de serre ou qu’un cycliste régulier est plutôt un homme vivant seul et dans une agglomération de 20 000 à 100 000 habitants. Quel est l’impact de nos pratiques et modes de vie sur l’environnement et quelle évolution ces dernières années ? c’est à quoi répond l’étude du ministère de la Transition écologique et solidaire « Ménages et Environnement - Les chiffres clés – Edition 2017 ».

L’habitat résidentiel : une augmentation 5 fois plus importante que la population

Premier scruté, l’habitat résidentiel, dont la surface augmente presque 5 fois plus vite que la population depuis deux décennies : en cause, la multiplication du nombre de ménages, la diminution du nombre de personnes par logement ainsi que leur agrandissement. Dans le même temps, la consommation journalière d’eau potable diminue avec l’augmentation des prix et le développement d’équipements ménagers économiseurs d’eau. Même tendance pour les émissions de gaz à effet de serre avec cependant de fortes fluctuations en fonction de la rigueur climatique. La consommation finale d’énergie du secteur résidentiel continue sa progression malgré une baisse observée depuis une dizaine d’années.

La voiture particulière encore reine

Le bilan du chapitre « mobilités » fait apparaître sans surprise une prédominance des véhicules particuliers (79,5 % de l’ensemble des transports de personnes). Entre 1990 et 2014, la part des ménages possédant au moins deux véhicules a augmenté, de même que le nombre total de kilomètres parcourus. D’où un essor des émissions de CO2 et de certains polluants atmosphériques. La part des transports en commun augmente faiblement avec une prédominance du ferroviaire par rapport au routier. Quant au vélo, enfin, écologique et bénéfique pour la santé, il demeure un mode de déplacement marginal malgré une offre augmentée (vélos en libre-service, locations longue durée, offres de stationnement…).

Habitudes alimentaires : plus de produits laitiers et d’oeufs et moins de viande

Passées au crible également, nos pratiques alimentaires. Des habitudes qui se sont profondément modifiées depuis 50 ans – œufs et laitages, fruits et légumes (la moitié des dépenses alimentaires observées) ont ainsi supplanté la viande (20 % des dépenses en 2015 contre un tiers des dépenses en 1965). L’évolution la plus notable concerne les achats de plats préparés, multipliés par 6 sur la période 1965-2015. Ces produits génèrent de fortes pressions environnementales (volumes d’emballages élevés, consommation d’énergie notamment).

Fin de vie des produits : peu de recours à la réparation mais recyclage en hausse

Dernier chapitre, la fin de vie des produits où il apparaît bien sûr que nos choix – déchets ou réemploi – ont une incidence notable en termes de pression environnementale. En 2016, les dépenses de réparation et d’entretien des biens d’équipements sont en baisse de 6 % par rapport à 1990, signe que le renouvellement des équipements est préféré à l’allongement de la durée de vie des produits. La production de déchets ménagers et assimilés est, elle, en légère baisse depuis 2005 (-1 %) et le recyclage progresse pour atteindre 40 % de déchets traités en 2013.