Prix des produits pétroliers

Le Vendredi 2 décembre 2016
Les prix à la consommation des produits pétroliers reflètent les évolutions de leurs différentes composantes (cours du pétrole brut, marge de raffinage, marge de transport-distribution, fiscalité).

Le cours du pétrole brut

Le cours du pétrole brut est fixé par le marché en fonction des variations et anticipations de l’offre et de la demande de pétrole à court, moyen et long termes. Il est aussi fonction de la qualité du brut considéré et varie dans une fourchette de 5 à 10% autour de l’un des trois bruts de référence qui sont cotés sur les marchés internationaux :

  • le Brent (brut de la mer du Nord), traité à l’ICE (InterContinental Exchange) de la bourse de Londres,
  • le pétrole brut de type WTI (West Texas Intermediate), traité au Nymex de la bourse de New-York,
  • le Dubaï au Moyen-Orient, traité à la bourse de Dubaï.

Le cours du pétrole brut permet de définir une marge amont pour les compagnies pétrolières qui correspond à la différence entre le prix de vente du brut et l’ensemble des coûts associés à sa production, à savoir le coût technique de production (exploration, développement et exploitation) et l’ensemble des impôts dus à l’Etat hôte. Le coût technique, variable selon les zones géographiques et le type de pétrole produit, est compris entre 10 et 40 $/b pour le pétrole conventionnel (pétrole brut et liquides de gaz naturels produits à terre ou en offshore à faible profondeur). Les coûts techniques de production ont tendance à augmenter sur le long terme du fait de la nécessité pour les compagnies pétrolières d’exploiter des ressources plus complexes et moins accessibles. Les impôts sont généralement proportionnels à la rente minière, différence entre le prix de vente du brut et son coût technique de production. Ces impôts sont compris, suivant les pays, entre 30% et 90% de la rente.

L’approvisionnement français dépend à 99 % des importations pour sa consommation de pétrole.

Cotations du Brent daté en $/baril depuis 2010

  2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Janvier 76,17 96,61 110,68 112,95  108,12 47,71  30,69 54,58
Février 73,64 103,73 119,44 116,13  108,91 58,10 32,20 54,87
Mars 78,83 114,64 125,45 108,50 107,48 55,89 38,32 51,59
Avril 84,84 123,21 119,75 101,95  107,66 59,61 41,58 52,36
Mai 75,31 114,41 110,17 102,53  109,52 64,04 46,79 50,32
Juin 74,76 114,03 95,16 102,92  111,80 61,47 48,25 46,37
Juillet 75,39 116,75 102,54 107,83  106,86 56,56 44,95 48,48
Août 77,09 110,38  113,36 111,29  101,66 46,52 45,58 51,70
Septembre 77,77 112,84  113,05 111,73  97,29 47,62 46,57 56,15
Octobre 82,67 109,55 111,70 109,08  87,46 48,43 49,52 57,50
Novembre 85,29 110,61 109,14 107,96 79,00 44,27 44,73  
Décembre 91,47 107,87 109,46 110,76  62,51 38,05 53,31  
Moyenne annuelle 79,44 111,22 111,66 108,63 99,02 52,35 43,54 52,39

Les moyennes mensuelles sont les moyennes des cotations quotidiennes du Brent daté en clôture à Londres. Les moyennes annuelles sont les moyennes des moyennes mensuelles.
 

Source : Reuters / DGEC
 

La marge "brute" de raffinage

L’activité de raffinage consiste à produire divers produits pétroliers finis (essences, kérosène, gazole, fioul domestique, fiouls lourds…) à partir de pétrole brut.

Les produits pétroliers raffinés font l’objet de cotations au niveau international sur des marchés régionaux (par exemple, marché de Rotterdam pour l’Europe du Nord, de Gênes-Lavéra pour la Méditerranée). Compte tenu des échanges de produits entre les différentes zones géographiques, ces marchés régionaux peuvent être liés. C’est, en particulier, le cas des marchés de Rotterdam et nord-américain (côte est). En effet, les États-Unis représentent un débouché important pour les exportations françaises d’essences qui sont produites à partir des raffineries situées sur le territoire national.

Pour une configuration donnée, une unité de raffinage ne possède que peu de flexibilité pour ajuster son éventail de produits finis en sortie de raffinerie. L’indicateur économique habituellement retenu pour le raffinage est la marge brute de raffinage sur Brent, qui représente la différence entre la valorisation d’un panier représentatif de produits pétroliers raffinés sur le marché de Rotterdam (pour une unité moyenne, caractéristique de l’équipement des raffineries françaises) et la cotation du Brent.

La direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) calcule et diffuse un indicateur de marge brute de raffinage sur Brent.

Cette marge « théorique » est un indicateur illustrant en tendance l’environnement économique du raffinage et diffère de la marge réelle de chaque raffinerie française. Les conditions du raffinage ont connu ces dernières années des évolutions notables tant en termes de produits que d’environnement économique. La DGEC a souhaité prendre en compte ces évolutions en révisant en collaboration avec IFPEN en 2014 le mode de calcul de la marge brute de raffinage sur Brent.

L’évolution de la marge brute de raffinage sur Brent

 

    2014

    2015

    2016

    2017

 $/bl

 €/t

 $/bl

 €/t

 $/bl

 €/t

 $/bl

€/t

Janvier

2,97

16

6,88

45

4,97

35

4,30

30

Février

3,61

20

6,89

46

3,25

22

4,74

33

Mars

3,21

18

8,36

58

2,95

20

3,79

27

Avril

5,29

29

7,01

49

3,25

22

5,35

37

Mai

2,88

16

6,72

46

3,06

20

4,53

31

Juin

2,08

12

8,00

54

3,71

25

4,84

32

Juillet

4,46

25

6,51

45

2,31

16

5,53

36

Août

4,88

28

7,93

54

2,33

16

6,25

40

Septembre

5,70

33

6,17

42

3,32

22

   

Octobre

4,30

26

4,16

28

5,17

35

   

Novembre

5,65

34

6,52

46

5,91

41

   

Décembre

4,45

27

4,41

31

3,95 28    

Moyenne annuelle

4,12

24

6,63

45

3,68

25

4,92

33

* données provisoires

 

La marge "brute" de transport-distribution

La marge brute de transport-distribution correspond à la différence entre les prix de vente hors taxes des produits pétroliers aux consommateurs et les cotations internationales des produits pétroliers raffinés.

S’agissant des carburants, la marge brute de transport-distribution couvre les coûts de logistique et de distribution (stockage en dépôt, acheminement en station-service et exploitation des stations) et la marge commerciale des opérateurs. Ces différents coûts sont largement indépendants des cotations des produits sur les marchés de gros (marché de Rotterdam). Les marges brutes de transport-distribution reflètent également les conditions de concurrence dans des marchés nationaux, voire locaux.

Marges brutes moyennes de transport-distribution en France

En c€/l

Eurosuper

Gazole

2013

11,3

8,7

2014

9,8

7,8

2015

10,2

8,6

2016

11,0

10,3

 

La fiscalité sur les produits pétroliers

A ces différentes composantes, il convient d’ajouter la fiscalité (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques, Taxe sur la Valeur Ajoutée) applicable aux produits pétroliers pour déterminer un prix à la consommation toutes taxes comprises.

Les prix moyens français à la consommation

Les Etats membres communiquent aux services de la Commission européenne les données sur les prix moyens hebdomadaires nationaux au détail des produits pétroliers, dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du Conseil européen 1999/280/CE du 22 avril 1999 et de la Commission européenne 1999/566/CE du 26 juillet 1999.

La DGEC publie tous les lundis les prix sur le site.

Cadre juridique :

Base de données sur les prix moyens des produits pétroliers en France

La base de données sur les prix des produits pétroliers, publiés chaque lundi, permet de suivre l’évolution des prix moyens hebdomadaires à la consommation des carburants routiers (sp95, sp95-e10, sp98, gazole, gpl_carburant), carburants non routiers (gazole non routier) et des combustibles (fioul domestique et fioul lourd) en France depuis 1985. Elle donne également accès aux moyennes mensuelles, semestrielles et annuelles des prix.

 

Les indicateurs de prix couvrent la France métropolitaine (hors Corse).

Tout distributeur (compagnie pétrolière, centrale d’achat des grandes et moyennes surfaces, indépendant) qui commercialise auprès des consommateurs en métropole des carburants, du fioul domestique et du fioul lourd est tenu de déclarer ses prix de vente moyens hebdomadaires nationaux à la DGEC.

Chaque lundi, l’opérateur pétrolier déclarant transmet ses prix moyens hebdomadaires nationaux au détail à la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC). D’éventuelles modifications peuvent intervenir a posteriori, auquel cas elles sont signalées et les semaines concernées sont indiquées précisément.

Les prix déclarés par les opérateurs sont des prix moyens hebdomadaires pondérés par les volumes sur l’ensemble de leur réseau de distribution et pratiqués au niveau du consommateur final le vendredi précédent. Il s’agit des prix réellement acquittés par le consommateur final (et non des prix de barème, par exemple).

L’opérateur déclare pour les carburants et le fioul domestique un prix hors toutes taxes (hors TVA, TICPE et autres taxes) et un prix toutes taxes comprises. Pour le fioul lourd, l’opérateur est tenu de déclarer un prix hors toutes taxes (hors TVA, TICPE et autres taxes) et un prix hors TVA, incluant une cote moyenne, les remises moyennes et le coût moyen du transport. Il s’agit de prix acquittés par le consommateur final industriel, y compris les centrales électriques.

Les prix sont exprimés en euros courants par hectolitre ou en euros courants par tonne pour le fioul lourd.

Chaque opérateur déclare un prix moyen national au détail pour chaque produit qu’il distribue, à savoir : le supercarburant sans plomb 95 (SP95), le supercarburant sans plomb 98 (SP98), le supercarburant sans plomb 95-E10 (SP95-E10), le gazole, le gaz de pétrole liquéfié carburant (GPLc), le fioul domestique (livraison de 2 000 à 4 999 litres), le fioul domestique (livraison supérieure à 27 000 litres), le fioul lourd « TBTS » (Très Basse Teneur en Soufre, inférieure ou égale à 1%).

Pour chaque produit, la DGEC calcule un prix moyen national pondéré (par les parts de marché de chaque opérateur déclarant) qui est publié chaque lundi. La DGEC transmet ensuite ces prix aux services de la Commission européenne. 

La moyenne mensuelle est la moyenne arithmétique des prix moyens hebdomadaires enregistrés sur le mois. La moyenne semestrielle est la moyenne arithmétique des prix moyens hebdomadaires enregistrés sur le semestre. La moyenne annuelle est la moyenne arithmétique des prix hebdomadaires de l’année civile.

Pour consulter une période, il convient de saisir une date à partir de laquelle on souhaite disposer des données. Le tableau de résultats affichera automatiquement les données depuis cette date jusqu’à la dernière date disponible.

Dès que vous avez effectué une requête et qu’un tableau de données apparaît à l’écran, il est possible d’exporter ce tableau de résultat vers un logiciel de type tableur (exemple : excel) en cliquant en bas du tableau sur le lien "Exporter vers un tableur". Il faut ensuite donner un nom de fichier (qui aura l’extension ".csv"). Vous pouvez alors ouvrir votre tableur. Vous pouvez également l’enregistrer.

 

Suivi des prix des carburants en temps réel à la pompe

Afin de pouvoir faire jouer la concurrence entre les réseaux de distribution (compagnies pétrolières, grandes et moyennes surfaces, indépendants) et s’approvisionner au prix le plus bas, les consommateurs peuvent consulter le site internet du Gouvernement « prix-carburants.gouv.fr ».

Ce site a été créé le 1er janvier 2007. La base juridique est l’arrêté du 12 décembre 2006 relatif à l’information du consommateur sur les prix de vente des carburants et celui du 7 avril 2009 modifiant l’arrêté du 8 juillet 1988 relatif à la publicité des prix de vente des carburants.

Ce site a pour objet de recenser les prix des carburants pratiqués en temps réel dans les stations-service. La déclaration des prix pratiqués, pour tout gérant de point de vente de carburants ayant vendu au moins 500 mètres cube des carburants SP95, gazole, E85, GPLC, SP95-E10, SP98, est obligatoire. Ces prix doivent être mis à jour dès qu'ils font l'objet d'un changement.
 

Cadre juridique :

Les prix à la pompe des carburants par stations en temps réel

Les prix et marges des produits pétroliers en France et dans l’Union européenne

Ce document hebdomadaire présente des données sur l’évolution des cours du pétrole brut, des cotations internationales des produits raffinés, des marges brutes, des prix à la consommation et de la fiscalité en Europe. Il a pour objet de donner des éléments d’éclairage sur les facteurs internationaux qui sous-tendent l’évolution des prix moyens hebdomadaires à la consommation des produits pétroliers en France que vous pouvez retrouver sur la base de donnée "prix".

Note sur les prix et marges des produits pétroliers en France et dans l’Union Européenne

L’historique des prix à la consommation des produits pétroliers dans l’Union européenne peut être consulté sur le site internet de la Commission européenne.

Les prix des produits pétroliers en France en 2015

En 2015, les prix moyens au détail des carburants en France ont baissé pour la troisième année consécutive avec une accélération en fin d’année dans le sillage de la forte chute du cours du pétrole brut. Ils ont atteint fin 2015 leur niveau le plus bas depuis 2009.