La productivité des ressources

Le Lundi 27 février 2017
La croissance économique mondiale est étroitement dépendante de la consommation de ressources naturelles. Or, la plupart des problèmes environnementaux comme l’épuisement des ressources, le changement climatique, la dégradation mondiale des écosystèmes, les émissions polluantes et les déchets sont liés à l’extraction, la production, l’utilisation et la consommation de ressources naturelles.

Les communautés scientifique, politique et la société civile qui se préoccupent des enjeux environnementaux et de la gestion des ressources naturelles reconnaissent de plus en plus que le niveau actuel de la consommation de ressources et de sa croissance ne pourront pas continuer dans le futur tant pour des raisons économiques qu’environnementales.

Une croissance économique moins dépendante des ressources naturelles constitue un élément essentiel d’une croissance plus durable. Il s’agit de produire plus de richesses avec moins de ressources naturelles et donc moins d’impacts environnementaux, c’est-à-dire augmenter la productivité des ressources.

Qu’est-ce que c'est ?

La productivité des ressources permet de décrire l’efficacité avec laquelle une économie transforme les ressources naturelles en produits utiles ou en richesses et les impacts environnementaux associés. Elle comprend ainsi une dimension quantitative et une dimension qualitative. La productivité des ressources est généralement mesurée par le produit intérieur brut rapporté à la quantité de matières consommées par la population présente sur le territoire pour ses besoins propres. Cet indicateur exprime la quantité de richesses produite par unité de matières premières effectivement consommées par la population présente sur le territoire français. Son évolution traduit un découplage entre le produit intérieur brut et la consommation de matières. Le produit intérieur brut augmente plus vite que la consommation de matières. Il peut être relatif (la consommation de matières continue d’augmenter mais à un rythme moins rapide que le produit intérieur brut) ou absolu (la consommation de matières diminue).

Pourquoi l'augmenter ?

Il existe de nombreuses raisons pour augmenter la productivité des ressources :

  • Assurer la disponibilité des ressources dans le futur.
  • Réduire les impacts de la volatilité des prix des matières premières.
  • Augmenter la sécurité d’approvisionnement en particulier pour les pays importateurs de ressources naturelles.
  • Réduire les impacts environnementaux y compris les émissions de gaz à effet de serre.
  • Réaliser des économies : dans de nombreux cas, les bénéfices des mesures mises en œuvre pour utiliser les ressources de façon plus efficace sont supérieurs à leurs coûts.

C’est donc une préoccupation non seulement environnementale mais aussi économique.

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a comme objectif d’augmenter la productivité des ressources. Elle  :

  • Fixe un objectif d’augmentation de la productivité des ressources de 30% entre 2010 et 2030. Cela signifie qu’on se donne comme objectif d’augmenter de 30% la richesse créée par kg de matière consommée en France. En se basant sur l’indicateur la quantité de richesses produite par unité de matières premières effectivement consommées par la population présente sur le territoire français, cumulée avec les progrès déjà réalisés entre 1990 et 2010 la productivité des ressources devrait donc doubler entre 1990 et 2030.
  • Prévoit de nombreuses mesures visant à réduire notre consommation d’énergie et en particulier notre consommation d’énergie fossile.
  • Prévoit un plan de programmation des ressources et une stratégie nationale de transition vers l’économie circulaire.
  • Intègre, d’ores et déjà, un ensemble de mesures visant à accélérer la transition vers une économie circulaire via la lutte contre les gaspillages, la promotion de biens et de services plus économes en ressources, et le développement du recyclage.

L’augmentation de la productivité des ressources est aussi une préoccupation européenne et ce, malgré l’absence d’un objectif : le plan d’action européen sur l’économie circulaire de décembre 2015 va en ce sens.

Le groupe d’experts sur les ressources

La France participe depuis 2010 au groupe international d’experts sur les ressources.

Le travail de ce groupe vise à rassembler toute l’expertise scientifique disponible en matière d’exploitation, d’utilisation et de dégradation des ressources naturelles. Il formule des synthèses à l’attention des décideurs, afin qu’ils puissent anticiper et éviter les impasses de développement. En particulier, un fort accent est mis sur la nécessité de produire plus de richesses avec moins de ressources, en découplant les deux trajectoires.

La France finance le groupe international d’experts sur les ressources a travers une contribution annuelle et siège à son comité de pilotage. Le comité de pilotage oriente les travaux, en décidant des thèmes des futurs rapports, en fonction des besoins de connaissance des décideurs publics. Il donne son avis sur le périmètre et le contenu proposé pour chaque rapport avant sa rédaction proprement dite. Il incite les experts à formuler des messages, en particulier dans les résumés opérationnels, qui soient compréhensibles et utilisables par les décideurs. Il décide également du règlement intérieur qui régit la vie du groupe. Ainsi, la France qui est fortement dépendante de ressources naturelles importées, au premier rang desquels les combustibles fossiles, mais aussi les métaux, peut-elle bénéficier d’une expertise de premier plan pour saisir tous les enjeux autour de ces ressources et orienter au mieux ses travaux nationaux sur l’économie verte et l’utilisation des ressources, comme prévu à l’article 69 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Par ailleurs, deux experts de nationalité française apportent, au groupe d’experts qui rédigent les rapports, leur connaissance scientifique, l’un dans le domaine des minéraux, l’autre dans celui de l’urbanisme. Ils interviennent en fonction de leurs compétences propres et non comme représentants de leur pays.

Le ministère organise régulièrement la diffusion des travaux du groupe international d’experts sur les ressources à l’intention des parties prenantes françaises. Si l’ensemble des rapports du groupe international d’experts sur les ressources est accessible sur son site internet, il est utile d’en assurer une diffusion ciblée vers les acteurs les plus concernés : décideurs publics, entreprises, associations environnementales, syndicats de salariés, parlementaires... C’est pourquoi le ministère a organisé en juillet 2015 une conférence de présentation des principaux enseignements du groupe international d’experts sur les ressources.

Les travaux du G7 et du G20

La France participe depuis 2015 aux travaux du G7 et du G20 sur l’utilisation efficace des ressources ainsi qu’à l’alliance du G7 dédié à cette thématique.

L’objectif de ces travaux est de partager les bonnes pratiques tant privées que publiques afin de favoriser leur diffusion, voire leur généralisation.

L’alliance du G7 sur l’utilisation efficace des ressources

Le G7 a créé, à Elmau en juin 2015, une alliance sur l’utilisation efficace des ressources.

Cette alliance doit devenir un forum permanent d’échange de bonnes pratiques entre les gouvernements et les parties prenantes impliquées dans l’utilisation efficace des ressources, et notamment les entreprises.

Pour assurer la pérennité de cette alliance, les futures présidences du G7 se sont engagées à organiser des ateliers de travail sur différents thèmes en lien avec l’utilisation efficace des ressources.

L’alliance du G7 se concrétise par un ensemble d’ateliers de travail :

  • Coopération multilatériale dans le domaine de l’utilisation efficace des ressources (Allemagne, 30 septembre et 1er octobre 2015).
  • Symbiose industrielle (Royaume-Uni, 29-30 octobre 2015).
  • Produits innovants bio-sourcés (Allemagne, 23 et 24 novembre 2015).
  • Utilisation efficace des ressources dans la coopération internationale (Japon, 15 et 16 février 2016).
  • Approche cycle de vie dans la gestion de la chaine d’approvisionnement pour une utilisation plus efficace des ressources (États-Unis, 22 et 23 mars 2016).
  • Utilisation efficace des ressources et société bas carbone : opportunités et implications (Japon, 12 et 13 décembre 2016).
  • Recyclage international des ressources (Japon, 14 et 15 décembre 2016).
  • Contribution de la refabrication, remise à neuf, réparation et réutilisation directe à l’utilisation plus efficace des ressources (Bruxelles, 7 et 8 février 2017).

Les États membres du G7 se sont engagés à mettre en œuvre des programmes d’actions ambitieux en matière d’utilisation efficace des ressources. La France a d’ores et déjà engagé de nombreuses initiatives en lien avec ce sujet en particulier dans le domaine de l’économie circulaire et plus généralement de l’économie verte, notamment au travers de sa loi de transition énergétique pour la croissance verte.

Les États membres du G7 ont demandé, en outre, au groupe international des experts sur les ressources de rédiger un rapport sur les potentiels et les opportunités d’une utilisation plus efficace des ressources et à l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) de faire des propositions de recommandations politiques sur ce sujet.

Une feuille de route du G7 sur l’utilisation efficace des ressources est en cours de discussion sous présidence italienne. Elle devrait conduire les états du G7 à définir un ensemble de thèmes de coopération prioritaires sur la période allant de 2017 à 2022.

Le G20 aussi se saisit du sujet

En 2017, sous présidence allemande, le sujet de l’utilisation efficace des ressources a été mis sur l’agenda prioritaire du G20. Des discussions sont engagées et pourraient aboutir, dans les mois à venir, à la création d’un partenariat du G20 sur l’utilisation efficace des ressources.

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