La productivité des ressources

Le Jeudi 14 mars 2019
La croissance économique mondiale est étroitement dépendante de la consommation de ressources naturelles. Or, la plupart des problèmes environnementaux comme la raréfaction des ressources, le changement climatique, la dégradation mondiale des écosystèmes, les émissions polluantes et les déchets sont liés à l’extraction, la production, l’utilisation et la consommation de ressources naturelles.

Parallèlement, la lutte contre la dégradation des milieux conduit à des modifications dans la structure de la consommation des matières : par exemple, le déploiement des énergies renouvelables, indispensables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre appelle à une diminution des besoins en pétrole, en gaz et en charbon, mais à une augmentation des besoins en biomasse, en acier, en cuivre, en métaux rares...

Les communautés scientifique et politique et la société civile qui se préoccupent des enjeux environnementaux et de la gestion des ressources naturelles reconnaissent de plus en plus que le niveau actuel de la consommation de ressources et de sa croissance ne pourront pas continuer dans le futur tant pour des raisons économiques qu’environnementales.

Une croissance économique moins dépendante des ressources naturelles constitue un élément essentiel d’une croissance plus soutenable. Il s’agit, d’une part, de produire plus de richesses avec moins de ressources naturelles (augmentation de la productivité des ressources) et, d’autre part, de réduire les impacts environnementaux associés aux prélèvements et à l’utilisation de ces ressources.

Qu’est-ce que la productivité des ressources ?

La productivité des ressources permet de décrire l’efficacité avec laquelle une économie transforme les ressources naturelles en produits utiles ou en richesses et les impacts environnementaux associés. La productivité des ressources est généralement mesurée par le produit intérieur brut rapporté à la quantité de matières consommées par la population présente sur le territoire pour ses besoins propres. Cet indicateur exprime la quantité de richesses produite par unité de matières premières effectivement consommées par la population présente sur le territoire français. Son évolution traduit un découplage entre le produit intérieur brut et la consommation de matières. Le produit intérieur brut augmente plus vite que la consommation de matières. Le découplage peut être relatif (la consommation de matières continue d’augmenter mais à un rythme moins rapide que le produit intérieur brut) ou absolu (la consommation de matières diminue).

Pourquoi augmenter la productivité des ressources ?

Il existe de nombreuses raisons pour augmenter la productivité des ressources :

  • Assurer la disponibilité des ressources dans le futur.
  • Réduire les impacts de la volatilité des prix des matières premières.
  • Augmenter la sécurité d’approvisionnement en particulier pour les pays importateurs de ressources naturelles.
  • Réduire les impacts environnementaux y compris les émissions de gaz à effet de serre.
  • Réaliser des économies : dans de nombreux cas, les bénéfices des mesures mises en œuvre pour utiliser les ressources de façon plus efficace sont supérieurs à leurs coûts.

C’est donc une préoccupation non seulement environnementale mais aussi économique.

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a comme objectif d’augmenter la productivité des ressources. Elle  :

  • Fixe un objectif d’augmentation de la productivité des ressources de 30% entre 2010 et 2030. Cela signifie qu’on se donne comme objectif d’augmenter de 30% la richesse créée par kg de matière consommée en France entre 2010 et 2030.
  • Prévoit de nombreuses mesures visant à réduire notre consommation d’énergie et en particulier notre consommation d’énergie fossile.
  • Intègre un ensemble de mesures visant à accélérer la transition vers une économie circulaire via la lutte contre les gaspillages, la promotion de biens et de services plus économes en ressources, et le développement du recyclage.
  • Prévoit l’élaboration d’un plan de programmation des ressources comme composante d’une stratégie nationale de transition vers l’économie circulaire.

Élaborée en étroite concertation avec l’ensemble des parties prenantes, la feuille de route sur l’économie circulaire réaffirme les objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, et renforce et complète les mesures relatives à l’économie circulaire.

La feuille de route prévoit également, dans son action cinq, l'élaboration d'un plan de programmation des ressources jugées les plus stratégiques, accompagné d’une politique industrielle ambitieuse de valorisation du stock de matières, en particulier pour les métaux critiques, contenues dans les déchets.

Le groupe d’experts sur les ressources

La France participe depuis 2010 au groupe international d’experts sur les ressources.

Le travail de ce groupe vise à rassembler toute l’expertise scientifique disponible en matière d’exploitation, d’utilisation et de dégradation des ressources naturelles. Il formule des synthèses à l’attention des décideurs, afin qu’ils puissent anticiper et éviter les impasses de développement. En particulier, un fort accent est mis sur la nécessité de produire plus de richesses avec moins de ressources, en découplant les deux trajectoires.

La France finance le groupe international d’experts sur les ressources à travers une contribution annuelle et siège à son comité de pilotage. Le comité de pilotage oriente les travaux, en décidant des thèmes des futurs rapports, en fonction des besoins de connaissance des décideurs publics. Il donne son avis sur le périmètre et le contenu proposé pour chaque rapport avant sa rédaction proprement dite. Il incite les experts à formuler des messages, en particulier dans les résumés opérationnels, qui soient compréhensibles et utilisables par les décideurs. Il décide également du règlement intérieur qui régit la vie du groupe. Ainsi, la France qui est fortement dépendante de ressources naturelles importées, au premier rang desquels les combustibles fossiles, mais aussi les métaux, peut-elle bénéficier d’une expertise de premier plan pour saisir tous les enjeux autour de ces ressources et orienter au mieux ses travaux nationaux sur l’économie verte et l’utilisation des ressources, comme prévu à l’article 69 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Par ailleurs, des experts français apportent, au groupe d’experts qui rédigent les rapports, leur connaissance scientifique. Ils interviennent en fonction de leurs compétences propres et non comme représentants de leur pays.

Le ministère organise régulièrement la diffusion des travaux du groupe international d’experts sur les ressources à l’intention des parties prenantes françaises. Si l’ensemble des rapports du groupe international d’experts sur les ressources est accessible sur son site internet, il est utile d’en assurer une diffusion ciblée vers les acteurs les plus concernés : décideurs publics, entreprises, associations environnementales, syndicats de salariés, parlementaires... C’est pourquoi le ministère organise régulièrement des conférences de présentation des principaux enseignements du groupe international d’experts sur les ressources.

L’alliance du G7 sur l’utilisation efficace des ressources

Crée par le G7 en juin 2015, l’alliance du G7 sur l’utilisation efficace des ressources est une plateforme d’échanges de bonnes pratiques tant privées que publiques qui a pour objectif de favoriser leur diffusion, voire leur généralisation.

Pour assurer la pérennité de cette alliance, les présidences successives du G7 se sont engagées à organiser des ateliers de travail sur différents thèmes en lien avec l’utilisation efficace des ressources. Une dizaine d’ateliers ont été organisés depuis le début de la création de l’alliance.

Les États membres du G7 se sont aussi engagés à mettre en œuvre des programmes d’actions ambitieux en matière d’utilisation efficace des ressources.

Un rapport remis par le groupe international des experts sur les ressources (Gier) demandé en 2015 par le G7 montre notamment que des politiques d'utilisation efficace des ressources ambitieuses permettent de réduire le coût d'atteinte des objectifs climat de l'agenda de Paris. Un rapport est en cours d'élaboration par le groupe international des experts sur les ressources (Gier) pour approfondir les liens entre l'utilisation efficace des ressources et les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le G20 aussi se saisit du sujet

En 2017, sous présidence allemande, le sujet de l’utilisation efficace des ressources a été mis sur l’agenda prioritaire du G20. Des discussions sont engagées et pourraient aboutir, dans les mois à venir, à la création d’un partenariat du G20 sur l’utilisation efficace des ressources.

Atelier de travail de l’alliance du G7

Dans le cadre de l’alliance du G7 sur l’utilisation efficace des ressources, la France organise, les 20 et 21 mars 2019,  à l’Hôtel de Roquelaure (244, boulevard Saint-Germain) Paris, un atelier de travail dont le thème est « rendre les chaînes de valeur plus circulaires et plus efficaces dans l’utilisation des ressources ».

L’atelier se déroulera en anglais (pas de traduction française assurée).

G7 Alliance workshop

Tools making value chains more circular and resource efficient

Voluntary agreements, standardisation & non-financial reporting

(Language : english, french translation will not be assured)

Within the framework of its future G7 presidency in 2019, France, in cooperation with the EU, will organise a workshop of the G7 Alliance on Resource Efficiency, on “Tools making value chains more circular and resource efficient” in Paris, at the Hôtel de Roquelaure (244, Boulevard Saint Germain), on 20th-21st March 2019. The workshop will focus on voluntary agreements, standardisation, and non-financial reporting, each of them will be the subject of a dedicated session.

The foreseen stakeholders who shall be involved are:

  • G7 members, non-G7 countries, including possibly from selected G20 members
  • Business community: B7, Global Business Coalition, Ellen Mac Arthur Foundation, World Economic Forum / PACE, businesses representatives, etc.
  • Standardisation organisations
  • International organisations and initiatives  (e.g. IRP, OECD, etc.)
  • Financial companies / investors

At the G7 Summit 2015 in Schloss Elmau (Germany), G7 leaders agreed to establish a G7 Alliance on Resource Efficiency, as a platform for members countries on a voluntary basis to share best practices and experiences, in collaboration with businesses and other relevant stakeholders.

Improving resource efficiency and managing materials in a sustainable manner through their life cycles are important elements of delivering environmental and climate protection, employment, social benefits, and sustainable green growth (G7, 2015). A transition to a more circular economy, in which the value of products, materials and resources is considered and maintained in the economy as long as possible, and the generation of waste is minimised, is an essential contribution to develop resource efficient economies.

Businesses have a significant role in achieving resource efficiency. Over the past decades, many companies have outsourced all or part of their supply chain to specialised actors, at lower production costs, often located in other countries. This has substantially increased the development of economies. Nevertheless, the  fragmentation of value chains between multiple jurisdictions engage both companies and policymakers in finding new solutions to identify uncertainties and risks associated with the use of resources, and to identify, implement and proactively invest on solutions which use less, longer and better natural resources, along their value chains, Thus, making value chains more circular and resource efficient can support a global economy using less, longer and better natural resources and eventually, meeting climate change objectives.

This workshop will enhance constructive exchanges between policymakers and companies to better exploit the economic opportunities and environmental benefits generated by more circular and resource efficient value chains. Furthermore, this meeting aims to identify potential barriers for establishing best practices in resource efficiency; and, to discuss how can policymakers and G7 address these barriers.

By engaging with the business community, the workshop will be co-organised by the Ministry in charge of Environment and the Ministry of the Economy and Finance of France, as well as the Directorate-General for Environment and the Directorate-General for Internal Market, Industry, Entrepreneurship and SMEs of the European Commission.

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