Le programme sur les perturbateurs endocriniens

Le Jeudi 7 février 2019
Le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) a pour objectif de soutenir des recherches fondamentales et appliquées en appui à l’action publique sur les questions ayant trait à la perturbation endocrinienne. Il s’inscrit depuis avril 2014 dans la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens.

Qu'est-ce que ce programme ?

Le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens est piloté par le ministère. Il s’appuie sur un conseil scientifique présidé, depuis 2008, par M. Rémy Slama (institut national de la santé et de la recherche médicale et université Grenoble-Alpes).

Par le caractère transversal et pluridisciplinaire des problématiques qu’il aborde, ce programme de recherche a vocation à rassembler des acteurs de différentes disciplines (biologie fondamentale, endocrinologie, neurologie, épidémiologie, toxicologie, écotoxicologie, écologie, sciences humaines et sociales...) et contribue à développer et à animer une communauté de chercheurs sur la thématique de la perturbation endocrinienne.

Dans une logique pluridisciplinaire le programme est piloté par :

  • Un comité d’orientation qui définit les priorités du programme de recherche et oriente le programme afin que les recherches conduites soient en appui aux politiques publiques. Il est composé des principales parties prenantes sur ces questions.
  • Un comité scientifique qui traduit les orientations stratégiques en thèmes de recherche pertinents, prépare les textes d’appel à propositions de recherche, en expertise les réponses, évalue les résultats des projets financés et propose des actions de valorisation.

Quels en sont les résultats ?

Le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens en 2017, c'est :

5 axes prioritaires de recherche

  • Les mécanismes d’action, le devenir des perturbateurs endocriniens dans l’organisme et les organes cibles.
  • Les effets de substances seules ou en mélange, à faible dose, sur plusieurs générations.
  • La mesure de la contamination des milieux de vie, la caractérisation des expositions humaines.
  • Les outils pour la réglementation : le criblage d’activité, les tests de surveillance, la modélisation.
  • L’approche sociologique : l’émergence de la problématique,le débat dans la société et l’action publique.

5 appels à projets en 12 ans, 6 millions d’euros de soutien à la recherche.

De nombreux résultats dont quelques exemples d’avancées significatives :

  • Les mélanges de substances. Des travaux sur les mélanges de perturbateurs endocriniens à faible dose ont montré que les effets de molécules prises individuellement ne permettaient pas de prédire l’effet du mélange. Une substance peut potentialiser l’effet d’une autre ou au contraire l’atténuer selon l’organe considéré
  • L’effet « obésogène ». On a montré, chez la souris, l’existence d’un effet « obésogène » de l’exposition périnatale à de faibles doses de bisphenol A ou à l’un de ses substituts, le bisphénol S. Ces molécules perturbent le métabolisme des lipides
  • L’exposition dans l’habitat. Des méthodes analytiques ont été développées pour analyser les substances semi-volatiles, ayant des propriétés de perturbateurs endocriniens, contenues dans l’air et les poussières des logements. Il a été démontré que ces substances étaient très répandues, notamment dans les poussières, avec des concentrations très variables

L’animation scientifique et la mobilisation d’une centaine d’équipes de recherche pour les 45 projets soutenus.

Des rendez-vous réguliers pour suivre les projets et des restitutions de résultats ouvertes à tous lors des colloques à Rennes en 2010 et à un niveau international à Paris en 2012 et en 2016.

85 publications dans des revues scientifiques internationales répertoriées et plusieurs en attente.
 

Quels sont les projets en cours ?

Le programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens demain, c'est :

  • Un rôle d’animation et de soutien à la recherche inscrit dans la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens et dans le troisième plan national santé environnement 2015-2019.
  • 16 projets de recherche encore en cours ou à lancer.