Skis usagés : une sortie de piste plus écologique

Le Vendredi 23 février 2018

Crédits : Lulu Berlu / AdobeStock
Vacances d’hiver et Jeux olympiques, la saison de ski bat son plein. Mais que deviennent ces planches dernier cri après la saison ? La plupart du temps elles prennent la direction des bennes de la déchetterie avant enfouissement. Sauf si elles sont prises en charge par Tri-vallées, qui les destine à une seconde vie.

Le point de départ

Gauthier Mestrallet, pdg de la scop (sociéte coopérative participative) Tri-vallées basée à Albertville (Savoie), explique comment a démarré leur activité de collecte et valorisation de skis usagés il y a onze ans : « La collectivité des Versants d’Aime, qui comprend sur son territoire la station de La Plagne, nous a sollicités pour trouver une solution à son problème : des bennes submergées chaque année par des tonnes de skis. Et nous avons convenu ensemble qu’il devait exister une solution plus pertinente que leur mise en décharge ».

Conçus pour résister à tout

Un partenariat avec le conseil général de la Savoie et l’École des arts et métiers de Chambéry a permis de trouver la solution. Un ski étant conçu pour résister à tout, le choix du broyage s’est imposé comme la seule technique à même de séparer les matières. Ferraille et aluminium, soit 20 à 25 % du poids du ski, sont ainsi récupérés, le reste – des matières synthétiques pour l’essentiel - étant transformé en combustible solide de récupération utilisé chez des cimentiers en banlieue grenobloise. « On arrive à une valorisation à 100 % avec un bénéfice très clair pour l’environnement dans la mesure où il s’agit d’une activité de proximité, la totalité de la collecte s’opérant dans quatre départements voisins, Savoie, Haute-Savoie, Isère et Hautes Alpes, qui représentent quand même 80 % du gisement », souligne M. Mestrallet. Quant à une écoconception des skis pour en faciliter le recyclage, elle serait à l’étude chez les fabricants.

Un partenariat gagnant-gagnant

« Notre collecte ne représente encore que 450 tonnes sur un potentiel de 1500 tonnes. Mais l’entreprise gagne en notoriété et nous progressons chaque année, explique Gauthier Mestrallet. Le gisement augmente avec la progression de la location des skis au détriment de l’achat, étant donné que 90 % de la collecte de Tri-vallées se fait dans le parc des skis de location, où le turn over du matériel est très important. »

Les magasins partenaires y trouvent aussi leur intérêt : la destruction des skis évite que ne se développe un marché parallèle via la récupération de skis usagés dans les déchetteries. Le partenariat est donc gagnant-gagnant, pour les partenaires, l’entreprise mais aussi ses salariés, insiste Gauthier Mestrallet : « nous sommes une scop et aussi d’une entreprise d’insertion : la moitié de nos effectifs est constituée de personnes en difficulté sociale, accompagnées au sein de la scop ».

De quoi regarder ses skis autrement en fin de saison.