Les véhicules autonomes

Le Vendredi 3 mai 2019
Du véhicule automatisé au véhicule autonome, les évolutions technologiques permettent aujourd’hui d’offrir des fonctionnalités de délégation de conduite de plus en plus performantes pour différents types de véhicules et différents usages : véhicules particuliers, véhicules de transports collectifs, transport de fret et logistique.

La stratégie nationale de développement des véhicules autonomes

Présentée le 14 mai 2018, la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes est sous la direction de la haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, nommée par le gouvernement.
Elle a fait l'objet d'une large concertation en lien avec les Assises de la mobilité.

La mise en oeuvre de cette stratégie a fait l'objet d'un point d'étape le 24 avril 2019.

Expérimentations

Le cadre législatif et réglementaire des expérimentations, issu de la Loi de transition énergétique de 2015, a été mis à jour en mars 2018. Il est complété en avril 2019 par l’article 43 de la loi Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) qui en élargit les possibilités.

En avril 2019, la ministre chargée des Transports, a annoncé les lauréats de l’appel à projet Expérimentation du Véhicule routier Autonome (EVRA), lancé en juin 2018 et mené dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir. Deux consortiums ont été retenus par l’État, représentant 16 expérimentations pour un montant d’aide total d’environ 42 millions d’euros. Il s’agit du projet Sécurité et Acceptabilité de la conduite et de la Mobilité autonome (SAM), conduit par la Plate-forme automobile (PFA) ; et du projet Expérimentations de Navettes Autonomes (ENA), conduit par l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR).
 
Les 16 projets, soutenus financièrement par l’Etat et qui se dérouleront dans différents points du territoire, permettront à la France de franchir une nouvelle étape avec des expérimentations de plus grande échelle : c’est le cap d’un million de kilomètres parcourus en expérimentation qui sera atteint d’ici 2022, dans une grande diversité de cas d’usages. 

Développement des véhicules autonomes : 1 an d'actions publiques

Évaluation et démonstration de la sécurité

L'un des objectifs majeurs de la stratégie nationale est d'assurer un haut niveau de sécurité lors du déploiement des ces systèmes.

De premiers travaux techniques sont engagés pour faire évoluer le cadre de validation de ces systèmes.

Le lien avec la connectivité des véhicules

L’automatisation et la connectivité des véhicules se développent en parallèle, mais aussi, de plus en plus, en synergie. La France dispose d’un savoir-faire dans le développement des applications du véhicule connecté, en lien avec l’infrastructure, dans le cadre de projets nationaux et européens, tels que SCOOP@F, InterCor et C-Roads. Ce savoir-faire, à la fois technique et d’organisation, permet de maîtriser les enjeux de sécurité routière et de gestion des réseaux, attachés à chaque cas d’usage précis.

Pour éclairer le débat sur les technologies de connectivité à utiliser aujourd'hui et demain (ITS-G5, 4G, LTE-V2X, 5G...), un groupe de travail réunissant constructeurs automobile, opérateurs télécom, gestionnaires routiers, représentants des autorités et experts indépendants a été constitué en mai 2018. Il a rendu ses conclusions en décembre 2018, en proposant des scenarii de déploiement combinant les différentes technologies selon les réseaux concernés et les échéances prévisibles de déploiement de la 5G.

Perception et acceptabilité

L'acceptabilité des véhicules autonomes conditionne son développement et ne doit pas être considérée comme acquise. Le suivi des perceptions et l'acceptabilité individuelles et sociales doit accompagner la stratégie nationale. Une enquête nationale a été lancée en avril 2018, et sera mise à jour régulièrement.

Un premier séminaire dédié aux questions d’éthique et d’acceptabilité liées au véhicule autonome a eu lieu le 9 Novembre 2018.

Aspects internationaux

Des éléments majeurs du cadre réglementaire des véhicules autonomes relèvent du niveau international (Commission économique pour l'Europe des Nations unies) et européen.

La France a engagé des coopérations techniques plus spécifiques avec différents pays (États-Unis, Corée, Allemagne et Luxembourg, Suède).

Coopération franco-allemande-luxembourgeoise

La France a engagée une coopération avec l'Allemagne en 2016, élargie au Luxembourg en 2017 qui a donné lieu à l'identification d'un site transfrontière. Le contenu des attentes des autorités publiques a été défini (voir Document de présentation du site test expérimental). Sur cette base un appel à manifestation d'intérêt est lancé le 11 mai 2018 suite à la réunion des ministres français et allemand.

Prospective

En termes prospectifs, schématiquement il existe trois principaux horizons :

  • < 2030 : élargissement des fonctions de conduite déléguées et des environnements d’usage ;

  • 2030-2050 : atteinte du degré d’autonomie quasi-totale en tout environnement d’usage (véhicule autonome à proprement parler) ;

  • > 2050 : baisses de prix et incorporation dans les flottes de véhicules en circulation.

Un atelier prospectif a été mis en place en 2017 pour faire échanger différents acteurs sur la vision prospective à long terme de la conduite automatisée.