Femmes et climat, quels liens ?

Le Jeudi 7 mars 2019

Crédits : D.Valente/Terra
A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2019, il n’est pas inutile de rappeler que les femmes sont parmi les populations les plus vulnérables au monde et sont donc les premières victimes du dérèglement climatique. Mais elles sont aussi porteuses de solutions concrètes.
70%

Des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour sont des femmes

Journée internationale des femmes 2019

Thème 2019 de la Journée internationale des femmes (JIF) du 8 mars : « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement"

La thématique propose de réfléchir aux moyens innovants permettant de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, notamment dans les domaines suivants : les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et la construction d’infrastructures durables.

Dans le monde entier, des personnes se mobilisent pour un avenir plus équitable. Faisant écho au thème prioritaire de la 62e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, la Journée internationale des femmes attire également l’attention sur les droits et l’activisme des femmes rurales qui, bien qu’elles représentent plus d’un quart de la population mondiale, sont laissées pour compte dans chaque aspect de développement.

« En cette Journée internationale des femmes, veillons à ce que les femmes et les filles puissent concevoir des politiques, des services et des infrastructures ayant un effet sur notre vie. Et apportons notre soutien aux femmes et aux filles qui suppriment les obstacles à la création d’un monde meilleur pour toutes et pour tous ».
António Guterres, Secrétaire général de l'ONU.

17,5 heures par semaine à collecter l’eau

Les impacts du changement climatique (sécheresses, inondations…) menacent la sécurité alimentaire et les activités agricoles, majoritairement à la charge des femmes en Asie et en Afrique. Sans pour autant posséder la terre sur laquelle elles travaillent, elles perdent leurs moyens de subsistance. La raréfaction des ressources naturelles impacte aussi le temps de travail des femmes qui assurent les corvées d’eau et de bois, contribuant à leur précarisation : les aînées ont moins de temps pour exercer des activités rémunérées et les plus jeunes sont mises à contribution au détriment de leur scolarisation… Au Sénégal, par exemple, les femmes passent en moyenne 17,5 heures par semaine à collecter l’eau.

En cas de catastrophe naturelle, des risques supplémentaires

Lors d’événements climatiques extrêmes, les femmes sont aussi beaucoup plus vulnérables, notamment parce qu’elles n’ont pas acquis certaines compétences de survie (nager, monter aux arbres…). On estime que le risque de décès par les désastres naturels est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants. En outre, en situation de migration, les femmes sont plus souvent victimes de violences, viols, traite…

Porteuses de solutions

Mais les femmes ne sont pas que des victimes, elle sont surtout les agents du changement en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Dans une grande partie du monde, elles ont un rôle prépondérant dans la gestion des ressources naturelles et sont les premières sensibilisées à la dégradation de l’environnement. Leurs initiatives sont nombreuses, en particulier dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des déchets et du reboisement. De Pondichéry (Inde), où des groupes de femmes auto-gèrent une station de compostage, en passant par Cotonou (Bénin) où les « Gohotos » récupèrent les objets recyclables, jusqu’à Pintada (Brésil) où les habitantes apprennent à adapter leurs systèmes agricoles à la sécheresse, les femmes s’imposent comme des acteurs incontournables de la lutte contre le réchauffement.

Préambule de l’Accord de Paris du 12 décembre 2015 (extrait)

Reconnaissant leur rôle, l’Accord de Paris, issu de la COP21, a mentionné, pour la première fois, la nécessaire prise en compte de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans son préambule.

« Conscientes que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité toute entière et que, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations. »