Femmes et climat, quels liens ?

Le Mardi 7 mars 2017

Crédits : D.Valente/Terra
A l’occasion de la journée des femmes, le 8 mars 2017, il n’est pas inutile de rappeler que les femmes sont parmi les populations les plus vulnérables au monde et sont donc les premières victimes du dérèglement climatique. Mais elles sont aussi porteuses de solutions concrètes.
70%

Des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour sont des femmes

17,5 heures par semaine à collecter l’eau

Les impacts du changement climatique (sécheresses, inondations…) menacent la sécurité alimentaire et les activités agricoles, majoritairement à la charge des femmes en Asie et en Afrique. Sans pour autant posséder la terre sur laquelle elles travaillent, elles perdent leurs moyens de subsistance. La raréfaction des ressources naturelles impacte aussi le temps de travail des femmes qui assurent les corvées d’eau et de bois, contribuant à leur précarisation : les aînées ont moins de temps pour exercer des activités rémunérées et les plus jeunes sont mises à contribution au détriment de leur scolarisation… Au Sénégal, par exemple, les femmes passent en moyenne 17,5 heures par semaine à collecter l’eau.

En cas de catastrophe naturelle, des risques supplémentaires

Lors d’événements climatiques extrêmes, les femmes sont aussi beaucoup plus vulnérables, notamment parce qu’elles n’ont pas acquis certaines compétences de survie (nager, monter aux arbres…). On estime que le risque de décès par les désastres naturels est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants. En outre, en situation de migration, les femmes sont plus souvent victimes de violences, viols, traite…

Porteuses de solutions

Mais les femmes ne sont pas que des victimes, elle sont surtout les agents du changement en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Dans une grande partie du monde, elles ont un rôle prépondérant dans la gestion des ressources naturelles et sont les premières sensibilisées à la dégradation de l’environnement. Leurs initiatives sont nombreuses, en particulier dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des déchets et du reboisement. De Pondichéry (Inde), où des groupes de femmes auto-gèrent une station de compostage, en passant par Cotonou (Bénin) où les « Gohotos » récupèrent les objets recyclables, jusqu’à Pintada (Brésil) où les habitantes apprennent à adapter leurs systèmes agricoles à la sécheresse, les femmes s’imposent comme des acteurs incontournables de la lutte contre le réchauffement.

Préambule de l’Accord de Paris du 12 décembre 2015 (extrait)

Reconnaissant leur rôle, l’Accord de Paris, issu de la COP21, a mentionné, pour la première fois, la nécessaire prise en compte de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans son préambule.

« Conscientes que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité toute entière et que, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations. »

Les femmes et le climat

De nombreuses femmes engagées pour le climat sont à l'honneur, parmi elles : Vandana Shiva, célèbre écologiste, écrivain et féministe indienne, qui a fait de la préservation des graines et de la promotion de l'agriculture biologique le fer de lance de son combat pour la préservation de notre planète , Marie Serre, médecin allergologue , Marielle Court, journaliste, Aurore Pénillard, étudiante à l'ISTN, Annie Faret, directrice de l'école Marie Curie à la couronne, Kalina Raskin, développement scientifique CEEBIOS, Isabelle Jarry, romancière, essayiste et auteure pour la jeunesse, Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche INSERM ...

Journée internationale des femmes 2017

Thème 2017 de la Journée internationale des femmes (JIF) du 8 mars : « les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 ».

Le monde du travail évolue, avec d’énormes conséquences pour les femmes. D’une part, les avancées technologiques et la mondialisation représentent des opportunités inédites pour celles qui y ont accès. D’autre part, l’informalité du travail, l’inégalité des revenus et les crises humanitaires ne cessent d’augmenter.

50%

des femmes en âge de travailler font partie de la main-d’œuvre mondiale contre 76% pour les hommes

En outre, une très grande majorité de femmes travaille dans l’économie informelle, les soins subventionnés et les tâches domestiques et exercent des activités peu rémunérées et peu qualifiées, ne bénéficiant que d’une très faible, voire d’aucune, protection sociale. L’égalité entre les sexes dans le monde du travail est un impératif du développement durable. La célébration organisée par les Nations Unies le 8 mars rappellera à tous les acteurs de franchir le pas pour l’égalité entre les sexes pour un monde 50-50 d’ici 2030, en faisant en sorte que le monde du travail accueille toutes les femmes.La 61e session de la Commission de la condition des femmes (CSW61), qui se tiendra du 13 au 24 mars au siège des Nations Unies débattra de « l’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en évolution ».

Les femmes pour la planète en images