« Plastic Odyssey : nous voulons stopper la pollution plastique à la source »

Le Vendredi 18 janvier 2019

Crédits : Lucas Santucci / Zeppelin
33 escales dans le monde pour montrer comment recycler le plastique à terre et lutter contre la pollution en mer. C’est l’enjeu du projet Plastic Odyssey qui, grâce à un tour du monde en bateau, diffusera dès 2020 des solutions et des technologies de recyclage au plus grand nombre.

Interview de Simon Bernard, ancien lauréat de la GreenTech verte et responsable de l’expédition de Plastic Odyssey

Comment est née l’histoire Plastic Odyssey ?

Avant de créer ce projet, j’étais officier de marine marchande. Très souvent en mer, j’ai rapidement constaté qu’il y avait une pollution plastique importante dans les océans. Pour lutter contre ce phénomène, je me suis dit qu’il était possible d’agir à la source, en rendant accessible partout dans le monde les techniques de recyclage qui existent déjà. Il y a deux ans, nous avons donc lancé, à quatre, le projet Plastic Odyssey qui consiste à faire parcourir un bateau ambassadeur de ces technologies à travers le monde. À terme, notre objectif est de stopper la pollution plastique en aidant à la mise en place de ces techniques à terre.

Quels sont les objectifs de votre bateau laboratoire ?

Notre bateau n’a pas l’objectif de nettoyer l’océan, car contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, on trouve assez peu de plastique à la surface de l’eau. L’idée est d’installer sur notre bateau des machines de recyclage. En open source et sans brevet, elles montreront toutes les étapes du recyclage du plastique, c’est-à-dire le tri, le nettoyage, le broyage et la fonte. Nous montrerons aussi comment transformer cette matière en carburant. Avec Plastic Odyssey nous ne voulons pas inventer de nouvelles techniques, mais plutôt montrer à d’autres pays les solutions qui existent déjà et qui peuvent être facilement accessibles et reproduites. Notre projet repose sur les low-tech, des techniques simples, pratiques, économiques et populaires. Cette démarche permet de stimuler la connaissance de chacun.

Et ces solutions s’adressent à tous les continents ?

Le début de l’expédition est prévu pour 2020. En trois ans, nous prévoyons une trentaine d’escales. Au départ de Marseille, le bateau va parcourir la Méditerranée, l’ouest de l’Afrique, l’Amérique du Sud, le Pacifique, l’Asie, et la côte est de l’Afrique. Nous allons au contact des trois continents les plus pollués. Plastic Odyssey n’est pas seulement un défi technologique. Avant de mettre au point notre trajet, nous avons regardé plusieurs études scientifiques pour identifier dans quels pays le traitement du plastique était le moins efficace. Il y a dans notre projet un volet important de recherche et de compréhension de chacune des cultures que nous rencontrerons, pour adapter au mieux les pratiques de recyclage aux besoins ou spécificités de chaque pays. C’est pourquoi, à chaque escale, nous prévoyons de faire des études de terrain et de rencontrer le plus d’acteurs locaux possibles. Nous souhaitons avant tout que ces acteurs s’emparent de nos connaissances une fois que nous quittons la ville. Nous faisons un tour du monde pour créer une communauté et du lien.