Pollution à l’ozone : les mesures mises en œuvre

Le Mardi 20 juin 2017
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Crédits : Arnaud Bouissou/Terra
Des niveaux élevés de concentration d’ozone ont été constatés depuis la semaine du 19 juin dans plusieurs régions de France : Île-de-France, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Normandie, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes. En raison de la persistance du phénomène, des mesures ont été prises localement par les préfets pour faire baisser les niveaux d’émissions polluantes et protéger la santé des personnes les plus exposées.

[Vidéo] Pollution à l’ozone : les mesures mises en œuvre

Des niveaux élevés de concentration d’ozone sont constatés depuis le début de la semaine dans plusieurs régions de France : Île-de-France, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Normandie, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes. En raison de la persistance du phénomène, des mesures sont prises localement par les préfets pour faire baisser les niveaux d’émissions polluantes et protéger la santé des personnes les plus exposées.

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution à l’ozone ?

Lorsque la France connaît une période de forte chaleur caractérisée par un fort ensoleillement et une grande stabilité atmosphérique, la production d’ozone est favorisée. L’ozone est formé à partir de réactions chimiques entre les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), sous l’effet du soleil. Comme il n’est pas émis directement dans l’air, on dit qu’il s’agit d’un polluant secondaire.

Quel est l’impact de la pollution à l’ozone sur la santé et l’environnement ?

L’ozone a un impact important sur la santé : il peut pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire et provoquer une réaction inflammatoire bronchique au niveau cellulaire, d’où une toux sèche et une gêne respiratoire. Des effets cardiovasculaires sont également constatés. L’augmentation des niveaux d’ozone est corrélée à une augmentation des hospitalisations et à des décès prématurés.

Qui décide des mesures à mettre en œuvre pour diminuer la pollution ?

En cas d’épisode de pollution, il faut prioritairement réduire les émissions d’oxydes d’azote, émis principalement par les véhicules automobiles et les émissions de composés organiques volatils, qui proviennent de l'industrie, des usages domestiques et des transports. Le préfet a la compétence pour informer la population et pour prendre les mesures d’urgence appropriées. On distingue deux seuils :

  • le seuil d’information et de recommandation (180 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau à partir duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé des populations sensibles (femmes enceintes, personnes âgées, personnes ayant des malades respiratoires…). Si ce seuil est dépassé, le préfet émet des recommandations pour réduire les émissions ;

  • le seuil d’alerte (240 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement. Si ce seuil est dépassé, ou si le seuil d’information et de recommandation est dépassé de manière persistante, le préfet peut, après avis d’un comité d’experts puis d'un comité d’élus, prendre des mesures d’urgence contraignantes pour réduire les émissions.

Les mesures prises face au pic de pollution

À Grenoble

Dès le vendredi 23 juin, les mesures suivantes ont été prises pour la Métropole Grenobloise : 

  • Interdire à la circulation les véhicules immatriculés avant 1997 ;

  • Réduire la vitesse de 20 km/h sur les voies où la vitesse maximale est supérieure ou égale à 90 km/h (sur le territoire des 49 communes de la Métropole grenobloise, de la Communauté de communes du Grésivaudan et de la Communauté d’agglomération du Pays Voironnais).

  • Réduire la vitesse à 70 km/h sur les autoroutes A51, A480, A48 entre les péages de Vif et Voreppe, et A41 entre Carronnerie et le péage de Crolles.

  • Mettre en place une tarification réduite. Afin d’inciter le plus grand nombre à choisir les modes de transports peu polluants, plusieurs autorités organisatrices de transport décident la mise en place d’une tarification réduite. À partir de ce jour, 1 titre est valable toute la journée sur les réseaux TAG, Trans’Isère Zone Aet B, Grésivaudan TouGo et Pays-Voironnais. Les prestations proposées par le service Métrovélo sont à demi-tarif.

À Paris

Le 20 juin 2017, le seuil d’information et de recommandation a été dépassé deux jours consécutifs. La préfecture, après avoir réuni un comité d’experts, puis un comité d’élus, a pris mardi 20 juin et mercredi 21 juin les mesures suivantes :

  • réduire la vitesse de 20 km/h sur l’ensemble du réseau routier d’Île-de-France (hors agglomération) ;

  • contourner l’agglomération parisienne par la Francilienne pour les véhicules de plus de 3,5 T en transit ;

  • réduire et/ou adapter les procédés de fonctionnement pour toutes les industries fortement émettrices de COV : imprimeries, industrie automobile, raffinage, chimie, etc.

À partir du jeudi 22 juin de 5 h 30 à minuit

  • mise en place de la circulation différenciée à l’intérieur du périmètre délimité par l’A86 (hors autoroute). Les véhicules non classés et de classes 4 et 5 Crit’Air sont interdits de circuler. Cette interdiction, qui concerne 28 % des véhicules immatriculés en petite couronne et 12 % des véhicules circulant dans la zone intra A 86, permet de réduire de 32 % la part d’oxydes d’azote émise provenant du trafic dans la zone intra A 86. Seuls les véhicules des classes 0 à 3 Crit’Air pourront se déplacer dans ce périmètre.

En accompagnement, la Mairie de Paris reconduira les mesures de gratuité des services Velib’ et du stationnement résidentiel et, sous certaines conditions, Autolib’. 

Le STIF, quant à lui, mettra en place un « forfait journalier anti-pollution » de 3,80 € sur cette journée, permettant d’emprunter les moyens de transports en commun dans toute l’Île-de-France.

Le vendredi 23 juin, en raison de l'amélioration de la qualité de l'air en Île-de-France, les mesures d'urgence ont été levées. 

Dans les autres régions

Le seuil d’information-recommandation est également dépassé les régions Hauts-de-France, Grand-Est, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Des mesures sont progressivement mises en œuvre par les préfectures.

Le certificat Crit'Air

Les automobilistes doivent sans délai faire l’acquisition du certificat qualité de l’air Crit’Air. Cette classification permet de distinguer les véhicules en fonction de leurs émissions de polluants atmosphériques. Le défaut d’apposition de cette vignette en zone de circulation restreinte ou lors d’un épisode de pollution constitue une infraction de classe 3.

Que faire en cas de pollution à l’ozone ?

En cas d’épisode de pollution à l’ozone, il est recommandé aux personnes les plus vulnérables de limiter les sorties pendant l’après-midi et les activités physiques et sportives en plein air et de consulter un médecin en cas de gêne respiratoire ou cardiaque dès le dépassement du seuil d’information recommandation.

Pour plus d’information, se renseigner auprès des agences régionales de santé.

Où se renseigner sur la qualité de l’air ?

Au niveau local

Dans chaque région, une association agréée de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) informe en temps réel de la qualité de l’air de la région et des éventuels épisodes de pollution. Les coordonnées des AASQA sont disponibles sur le site internet de la fédération Atmo.

Au niveau national

Les mesures préfectorales sont consultables sur le site des préfectures et sur l’outil Vigilance atmosphérique qui fournit une carte et une liste des mesures préfectorales engagées.

Le site internet www.prevair.org fournit des cartes de prévisions de la qualité de l’air à 3 jours aux échelles nationale et européenne réalisées par l’Ineris.