Tri des déchets

Le Jeudi 15 décembre 2016
Le tri des déchets à la source est celui réalisé chez le détenteur du déchet. Le tri industriel des déchets est quant à lui une opération de traitement de déchets.

Juste après les démarches de réduction et de prévention des déchets, le tri à la source des déchets est une étape très importante pour les orienter dans une filière appropriée, dans une démarche d’économie circulaire. Il nécessite toutefois d’avoir des espaces d’entreposage adaptés, par exemple pour avoir les contenants nécessaires dans sa cuisine : biodéchets, déchets recyclables et déchets résiduels. Certains déchets peuvent être présentés ensemble à la collecte (par exemple, les différents types d’emballages ménagers). Ils seront triés dans des installations industrielles, après l’étape de collecte et de regroupement.

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée en août 2015, contient des dispositions relatives au tri :

  • généraliser le tri des déchets d’activités économiques pour les entreprises et les administrations (tous les matériaux recyclables doivent être triés depuis le 1er juillet 2016) ;
  • généraliser le tri à la source des biodéchets d’ici 2025 : chaque Français disposera d'une solution de tri de ses déchets de cuisine et de table, afin que ceux-ci puissent être valorisés ;
  • déployer la tarification incitative pour l'enlèvement des déchets ménagers et assimilés, c’est-à-dire introduire une part variable dans la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour récompenser les bons trieurs (objectif : 15 millions d'habitants couverts en 2020, 25 millions en 2025, contre 5 millions en 2015) ;
  • étendre les consignes de tri des emballages ménagers à l’ensemble des emballages en plastique d’ici 2022, dont les films et barquettes en plastique (jusqu’ici, seules les bouteilles et les flacons en plastique devaient être triés) ;
  • harmoniser progressivement les consignes de tri et les couleurs des poubelles d’ici 2025 : il sera alors possible d'identifier plus facilement le bac ou le conteneur approprié, partout en France.
  • mettre en place, à compter du 1er janvier 2017, un réseau de déchèteries professionnelles du BTP sous la responsabilité des distributeurs de matériaux de construction, pour reprendre les déchets prétriés de leurs clients.

Le tri chez les particuliers

En tant que producteur de déchets, le ménage doit se conformer aux indications qui lui sont données par la collectivité en charge de la collecte des déchets ménagers de sa commune de résidence (service public de gestion des déchets ménagers). La plupart de ces collectivités diffusent des guides de tri à l’usage de leurs habitants. Les consignes de tri peuvent varier localement, la volonté de l’ensemble des acteurs impliqués est de les faire converger d’ici 2025 pour que le tri des déchets soit plus facile. Le site de l'Ademe répond à la plupart des questions que peut se poser le citoyen-trieur.

Le tri des déchets quotidiens concerne en particulier les emballages et le papier, mais aussi et de plus en plus les biodéchets (déchets de cuisine, restes de repas et déchets du jardin). Concernant ces derniers, diverses solutions pourront être déployées : en habitat individuel, le compostage domestique, déjà largement répandu. En habitat collectif, le compostage de pied d’immeuble ou de proximité, qui exige un peu d’organisation pour sa mise en place et son suivi. Certaines collectivités choisissent de collecter séparément les biodéchets, et de réduire la fréquence de collecte des déchets résiduels. Le biodéchet est très humide, riche en matière organique et peut se transformer en compost. Ce compost pourra alors être utilisé très localement pour retourner à la terre cultivée ou aux espaces verts en ville. C’est un plus pour la biodiversité et pour le développement de circuits courts, d’activités riches en lien social.

Concernant les emballages en plastique, il s’agira d’ici 2022 d’étendre à tous les foyers la possibilité de trier pour le recyclage l’ensemble des emballages plastiques (incluant les pots, les barquettes, les blisters) alors qu’auparavant seuls les bouteilles et flacons (récipients munis de flacons) devaient être triés.

Concernant le tri des déchets occasionnels, celui-ci s’applique à une grande variété d’objets ou biens de consommation. Une partie de ces déchets sont concernés par le retour sur le lieu d’achat (ex : piles, petits appareils électriques, médicaments périmés), notamment dans le cadre des filières à responsabilité élargie du producteur. D’autres sont à déposer en déchèterie. La France compte 4500 déchèteries, qui reçoivent plus de 12 millions de tonnes de déchets par an De plus en plus de déchèteries ont des accords avec des structures telles que Emmaüs ou des ressourceries, afin de développer le réemploi et la réutilisation d’une partie des déchets apportés.

Le tri dans les administrations

L’exemplarité des administrations publiques passe aussi par la prévention et le tri des déchets. Les administrations de l’État ont des objectifs de réduction de la consommation de papier et plus généralement des fournitures qu’elles utilisent. Les papiers de bureau restent de loin le 1er gisement de déchet produit par les administrations. À compter de juillet 2016, tous les sites administratifs de plus de 20 agents doivent pouvoir produire des justificatifs de mise en place du tri des déchets de papiers de bureau.

Le tri des biodéchets dans les restaurants administratifs est obligatoire pour les établissements produisant plus de 10 tonnes par an. Sur une base moyenne de 100 g de biodéchet par repas, et pour un restaurant fonctionnant 250 jours par an, cela équivaut à une capacité de 400 couverts. D’autre part, à compter du 1er septembre 2016, l'article 102 de la LTECV impose à tous les établissements publics et toutes les collectivités de mettre en place une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire au sein des services de restauration collective. L’ADEME a établi un guide à ce sujet :

S’agissant des déchets concernés par des filières à responsabilité du producteur, tels que le mobilier de bureau, les lampes, les ordinateurs et autres équipements électriques ou électroniques, il est utile de se reporter aux fiches réflexes établies pour chacune de ces filières, afin de connaître les modalités d’accès aux services proposés par les éco-organismes de ces filières.

Le tri dans les entreprises

Le tri à la source devient la règle commune, avec le décret dit « 5 flux », qui visent plus précisément les déchets de papier, de métal, de plastique, de verre et de bois ainsi qu’au tri et à la collecte séparée de leurs déchets par les producteurs ou détenteurs de biodéchets.

De nombreuses entreprises sont déjà très en pointe dans le tri de leurs propres déchets, c’est le cas en particulier dans l’industrie, qui regarde avant tout ses propres consommations de matières premières, afin de réduire autant que possible de payer deux fois : lors de l’achat d’intrants-matières, et lors de l’achat de prestations d’enlèvement de déchet pour la partie de la matière devenue déchet. Des synergies peuvent être développées localement entre des entreprises : les déchets des uns devenant une ressource pour un site voisin. Il s’agit d’un des aspects du concept d’écologie industrielle et territoriale.

Tout producteur de déchet, en dehors des ménages, est responsable de la valorisation ou / et de l’élimination des déchets qu’il produit. Certaines entreprises, notamment des petits commerces, peuvent être desservies par le service public de gestion des déchets, du fait des faibles quantités de déchets générées. Elles se conforment alors au dispositif de tri à la source et de collecte mis en place par la collectivité.

S’agissant des artisans du BTP, leur accès aux déchèteries des collectivités dépend des conditions fixées par chaque collectivité en charge d’une déchèterie. À compter de janvier 2017, le réseau des distributeurs de matériaux de construction est tenu d’organiser un maillage permettant aux artisans de revenir y déposer leurs déchets de chantier. Les détenteurs de déchets de chantier peuvent aussi consulter le site de la FFB pour identifier l’exutoire le plus proche de leur chantier.

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