La solidarité climatique : un enjeu national et international

Le Mardi 19 décembre 2017

Crédits : Ministère
Au lendemain du One Planet Summit, le ministère de la Transition écologique et solidaire a organisé une rencontre sur la solidarité climatique : un enjeu national et international à la croisée de l'Accord de Paris et des objectifs du développement durable. La solidarité climatique est désormais inscrite à l'agenda de la communauté internationale et au cœur des préoccupations françaises.

Cette conférence a permis de mettre en lumière les enjeux sous-jacents à la notion de solidarité climatique à l’échelle nationale et internationale et les pistes d’action possibles à travers les interventions d’experts et acteurs de la société civile.

« Le changement climatique soulève des enjeux de justice et de solidarité. Parce qu’il frappe des hommes, des femmes, des enfants qui subissent les conséquences d’un phénomène qu’ils n’ont pas provoqué. Cela pose des questions de responsabilité dont on en peut pas de dédouaner ».
Nicolas Hulot

« Il faut peser chaque décision dans la lutte contre le changement climatique » (Jean Jouzel)

En effet, si l’ensemble de la population subit et subira les conséquences du changement climatique, les travaux sur la justice climatique montrent bien les vulnérabilités cumulées et la surexposition de certaines populations face aux impacts du changement climatique. Cette vulnérabilité se traduit aussi bien à l’échelle internationale, certains États subissant d’ores et déjà plus fortement les conséquences du changement climatique, qu’à l’échelle nationale.

La lutte contre le changement climatique ne doit donc pas se limiter à le contenir mais également se soucier de l’accompagnement des pays et des populations plus vulnérables, qui subissent parfois doublement ses impacts. Elle soulève ainsi la question de la coordination des impératifs immédiats, liés aux inégalités sociales, avec l’impératif à plus long terme d’adaptation au changement climatique. Les problématiques liées au changement climatique sont nombreuses et soulèvent de nombreuses questions en terme d’accueil, d’adaptation, de précarité énergétique de travail…

De nombreuses personnalités prestigieuses ont éclairé chacun dans leur domaine d'expertise sur ce qu'est la justice climatique. Mary Robinson, présidente de la Fondation qui porte son nom, scientifique et experte de haut niveau, Jean Jouzel et Gaël Giraud, des représentants de coalitions, tel le V20 (club des pays les plus vulnérables), ont évoqué les multiples enjeux qui concourent à forger ce nouvel étalon, « la solidarité climatique » des pays qui souhaitent lutter concrètement contre le réchauffement climatique.

Comme l’a souligné, Claire Ferenbach d’Oxfam France, « ce sont les populations les plus vulnérables qui sont le plus touchées par le changement climatique », les solutions envisagées en terme d’adaptation et/ou de déplacement doivent donc être adaptées à chaque population. « Il faut aussi garantir un accès minimal aux ressources pour les plus démunis dans tous les territoires » a souligné Jean Jouzel (Directeur de recherches au CEA, GIEC) afin de ne pas accroître les inégalités entre les pays les plus riches et les plus pauvres.

Quelles pistes d’action pour la solidarité climatique ?

Des pistes d’action en matière de coopération technique, d’autonomisation et de transferts de compétences ont été énoncées. La nécessité de trouver de nouvelles sources de financements croisés publics et privés susceptibles de répondre à ces impératifs s’impose et est venue en écho aux mesures annoncées la veille pendant le One planet Summit.

Plusieurs pistes d’action différentes ont été proposées comme, CREWS, un système d’alerte précoce aux catastrophes du climat, qui a été présentée par John Harding, chef d’unité réduction de risques de catastrophes (UNISDR). Laurence Tommasino, déléguée générale du GERES (Groupe Energies Renouvelables Environnement et Solidarités) est venue présenter le projet « Territoires Collines 2040 », un outil pour inciter les citoyens à s’engager par des écogestes ou des dons afin de s’adapter au changement climatique. Enfin, le navigateur Victorien Erussard est venu expliquer son projet « Energy Observer », un tour du monde des solutions innovantes, à nord du premier navire à hydrogène.

La conférence a été conclue par le Prix Nobel de la paix 2006, Muhamad Yunus.

"Le système financier doit changer pour donner aux populations les plus pauvres le pouvoir d'entreprendre".
Muhamad Yunus, Prix Nobel de la paix 2006

Ce colloque avait pour objectif, au-delà de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique, de partager une vision et les voies d’un engagement commun pour accompagner les pays et populations vulnérables.